Face aux enjeux contemporains de transition agroécologique, de relocalisation de l’alimentation et de renouvellement des générations agricoles, les microfermes maraîchères biologiques connaissent un essor important en France. C’est dans ce contexte qu’a été lancé le projet MMBio (Microfermes Maraîchères Biologiques), associant de nombreux partenaires de la recherche et du développement agricole, dont INRAE et l’ITAB.
Un projet structurant pour un modèle agricole en émergence
Les microfermes maraîchères biologiques se caractérisent par leur petite surface, leur faible mécanisation, une forte diversité de cultures et une commercialisation majoritairement en circuits courts. Elles reposent souvent sur des pratiques agroécologiques intensives et sont fréquemment portées par des personnes non issues du milieu agricole.
Malgré leur développement rapide sur l’ensemble du territoire, ces systèmes restent encore peu documentés et souffrent d’un manque de références techniques, économiques et organisationnelles. Le projet MMBio répond précisément à ce besoin en produisant des connaissances fiables pour accompagner ces nouvelles formes d’agriculture.
Des objectifs multiples : produire des références et accompagner les transitions
Le projet MMBio vise à :
- acquérir des données technico-économiques solides sur les microfermes maraîchères biologiques,
- évaluer leurs performances (productivité, viabilité économique, durabilité environnementale et sociale),
- identifier les facteurs de réussite et d’échec des installations,
- et produire des outils d’accompagnement pour les conseillers, formateurs et porteurs de projet.
Pour cela, le projet s’appuie sur un réseau national d’environ 40 microfermes, suivies sur plusieurs années, ainsi que sur des expérimentations en stations dans différents contextes pédoclimatiques.
Une approche scientifique et systémique
L’originalité du projet MMBio réside dans son approche globale, intégrant à la fois :
- les pratiques culturales (associations de cultures, rotations intensives, fertilisation organique),
- les conditions d’installation (accès au foncier, investissements),
- l’organisation du travail,
- la commercialisation en circuits courts,
- et la qualité de vie des agriculteurs.
Cette approche systémique permet de mieux comprendre ces exploitations hybrides, à la fois agricoles, entrepreneuriales et territoriales, souvent décrites comme des projets de vie autant que des projets économiques.
Des résultats concrets pour les acteurs de terrain
Le projet MMBio a produit un ensemble de livrables opérationnels destinés à faciliter l’installation et la pérennisation des microfermes :
- des guides pratiques pour accompagner les porteurs de projet à chaque étape (installation, développement, amélioration),
- des synthèses technico-économiques permettant de mieux évaluer la rentabilité,
- des analyses des facteurs de réussite et de risque,
- des supports pédagogiques pour l’enseignement agricole et la formation.
Ces ressources permettent notamment de répondre à un enjeu majeur : sécuriser les trajectoires d’installation, souvent fragiles en raison du manque de repères et de l’originalité de ces systèmes.
Un levier pour la transition agroécologique
Au-delà de la production de connaissances, MMBio contribue à structurer un modèle agricole en phase avec les attentes sociétales :
- production locale et circuits courts,
- agriculture biologique et respect des écosystèmes,
- diversification des cultures,
- amélioration des conditions de travail.
En facilitant l’installation de microfermes viables et durables, le projet participe à la transformation des systèmes agricoles et à la diffusion de pratiques agroécologiques à petite échelle.
