Tout savoir sur l’ambroisie : une plante invasive et hautement allergène

Si vous croisez l’ambroisie, ses feuilles finement découpées, ses fleurs jaune vert et son port altier… faites attention. Ne vous fiez pas à sa beauté, cette plante est un des fléaux méconnus de nos campagnes. 

Arrivée il y a 150 ans, elle a conquis le territoire et pose un véritable problème de santé publique. Son pollen très allergène sévit jusqu’à l’automne et touche 20 % de la population. Plus encore, elle vient concurrencer les cultures et représente un véritable enjeu économique pour les agriculteurs. 

Pour lutter contre cette plante très invasive, l’observatoire de l’Ambroisie a mené de nombreuses recherches et déterminé des pratiques vertueuses applicables par tous.

Problème sanitaire de l’ambroisie :

Nez qui coule, conjonctivite, fatigue, asthme et même parfois réaction cutanée, l’allergie à l’Ambroisie est sévère et a de nombreuses répercussions sur les personnes sensibles. Pour certains, la fin de l’été est même synonyme de confinement forcé. Selon l’ARS, le coût de santé est estimé à 40 millions d’euros pour la seule région Rhône Alpes. 

Problème agricole de l’ambroisie :

Véritable danger pour les riverains, l’Ambroisie est également un adventice très concurrentiel pour les agriculteurs. Avec une dissémination efficace dans l’air, elle contamine vite les terrains découverts, les prairies et autres friches et représente une perte de productivité importante. 

Pour lutter contre la propagation de l’Ambroisie, les agriculteurs utilisent des techniques préventives et curatives. L’objectif, remporter la course contre la montre face à la plante en empêchant la germination de ses semences. La surveillance est primordiale, ainsi que la couverture des sols, soit grâce à des végétaux, soit par des membranes textiles.

Une fois installée, difficile de déloger la plante, il faut alors arracher manuellement, faucher, broyer, désherber mécaniquement. Mais les semences restent dans le sol et sans réponse durable, elle repart de plus belle après quelques années. Le pâturage est également une technique à développer.

Enjeu sociétal de l’ambroisie :

En couvrant les sols, on diminue l’accès de la plante à la lumière. Mise en concurrence, l’Ambroisie recule progressivement. Mais lutter sur le terrain de l’agriculture ne suffit pas. Il faut une riposte coordonnée de tous les acteurs locaux. En effet, l’Ambroisie est présente sur les bords des routes, des cours d’eau et jusqu’aux milieux urbains où on la trouve sur les chantiers.

La lutte contre l’ambroisie est donc un véritable défi social. Élus et agriculteurs doivent communiquer, entre eux mais également avec les riverains qui patissent de la présence de la plante. Des référents Ambroisie font le lien et permettent des mesures adaptées.

Présente dans le monde entier, l’Ambroisie a développé des résistances aux herbicides, il est donc impératif de trouver des méthodes alternatives et respectueuses de l’environnement. Il s’agit de combiner les techniques et de bien gérer l’inter culture. Mais surtout, il faut réunir agriculteurs et société civile pour agir ensemble de manière coordonnée. D’autant qu’avec le dérèglement climatique, le cycle de l’ambroisie pourrait évoluer dans les prochaines années.

Stockage du carbone : quel rôle pour l’agriculture ?

Un article de Marie-Christine Bidault

Préservons la santé de nos sols agricoles pour préserver la planète 

Ressource essentielle pour la production agricole, le sol est aussi l’un des plus grands réservoirs terrestres de carbone, pouvant contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. Mais aujourd’hui, celui-ci est de plus en plus menacé par certaines pratiques agricoles qui contribuent à une dégradation de ses capacités à capter du carbone et à le stocker sous forme de matière organique. Des pratiques différentes peuvent lui permettre de retrouver tout son potentiel. 

Un réservoir de carbone important mais disparate et fragile.

L’importance du sol dans le captage de CO2 est potentiellement très élevée. Le sol est un endroit où coexistent matières minérales et organiques, où vivent de nombreuses espèces et qui permet aux végétaux présents à sa surface de se nourrir via leur système racinaire. Ces végétaux vont absorber le CO2 atmosphérique lors de leur photosynthèse, afin de produire l’énergie nécessaire à leur développement. Ensuite, une partie du carbone de ces plantes va se retrouver dans le sol, par la croissance et la mort de la matière végétale ou encore par les composés carbonés émis par les racines. Il y a donc un apport actif de carbone depuis l’atmosphère vers les sols, via les végétaux. Et l’inverse est aussi vrai : via la décomposition des matières organiques (ou minéralisation) et la respiration microbienne, le sol rejette du CO2 dans l’atmosphère. 

Le climat influe sur la teneur en carbone organique des sols en jouant sur les entrées, à travers la productivité végétale par exemple, et sur les sorties par l’intermédiaire de l’activité biologique et de l’érosion (pluie, vent). Les flux de carbone dans les sols dépendent eux de nombreux facteurs : nature des écosystèmes ; nature et quantité des apports de matières organiques (compost, fumiers…) ; activité biologique dont dépendent à la fois l’humification (transformation de matières végétales en humus) et la minéralisation, l’équilibre entre les deux étant principalement fonction des conditions physicochimiques, de la température et des possibilités de liaisons entre les matières organiques et des particules minérales (en particuliers les argiles). L’association de ces deux types de matière va augmenter le temps de présence du carbone dans le sol, car elle assure une protection physique et physicochimique vis-à-vis des micro-organismes décomposeurs. Or, cette protection est susceptible d’être affectée par les changements climatiques comme par les pratiques culturales. 

Enfin, selon la nature du sol et son usage, le stockage de carbone dans les sols est très inégal : entre tourbières, sols forestiers, sols agricoles, sols dégradés ou artificialisés, les écarts sont grands. Les sols de forêts et de prairies sont ceux qui vont en stocker le plus (80 tC/ha sur les 30 premiers cm de sol – ADEME). Par contre, pour les sols cultivés, cultures annuelles et vergers (35 tC/ha), vignes (50 tC/ha), cette aptitude est plus faible. 

L'agriculture aide-t-elle au stockage du carbone ou au contraire favorise-t-elle la dégradation des sols : tout dépend des pratiques !

Des pratiques agricoles à l’origine d’une perte de capacité de stockage du carbone. 

La clé d’une bonne santé du sol repose sur sa structure qui est l’agencement dans l’espace de ses constituants (déterminée par la forme des agrégats, les plus petits éléments indivisibles du sol), elle-même dépendante de sa porosité (espaces remplis d’eau et d’air). Celle-ci régit l’aération, la rétention d’eau et le drainage du sol ; elle est donc indispensable à la vie du sol. Or certaines pratiques entrainent une diminution de cette porosité. Le passage d’engins mécaniques, le surpâturage des animaux, l’irrigation intensive provoquent un tassement à l’origine d’une descente dans le sol des particules fines de surface lorsqu’elles ne sont pas assemblées par de la matière organique. C’est alors qu’apparaissent des zones compactées et donc une baisse de la porosité.  

La santé du sol repose aussi sur les organismes présents qui vont assurer des fonctions vitales pour son fonctionnement : maintien de la structure du sol, régulation des processus hydrologiques, détoxification, cycle des éléments nutritifs, décomposition de la matière organique et échanges de gaz et séquestration du carbone. Ils jouent aussi un rôle dans la lutte contre les ravageurs et maladies des plantes, ils contribuent à augmenter l’efficacité de l’absorption de nutriments par celles-ci et jouent donc un rôle important dans leur développement. Or certaines pratiques agricoles exercent une influence négative. La simplification des assolements limite fortement le nombre de plantes cultivées possédant différents systèmes racinaires et métabolismes qui contribuent à enrichir la vie du sol. Cette simplification culturale, se traduit aussi par une perte en quantité et en qualité des résidus végétaux et de la matière organique du sol, et aboutie à une diminution des types d’habitat et de nourriture pour les organismes du sol. Une utilisation inappropriée des engrais chimiques et produits phytosanitaires contribuent aussi à cette perte de biodiversité.  

Face à ce constat, il existe des solutions déjà mises en place en partie par ceux qui pratiquent une agriculture biologique, une agriculture de conservation des sols, ou encore une agriculture régénérative. Parmi les pratiques qui vont contribuer à améliorer la santé des sols, citons la réduction ou l’élimination du travail du sol, l’utilisation de cultures intermédiaires et d’engrais verts, ou la conservation des résidus de récolte pour maintenir une couverture permanente du sol. La santé du sol passe aussi par la restauration du microbiome plante/sol (communautés microbiennes du sol entretenant d’étroites relations avec les plantes et jouant un rôle dans leur croissance). Pour cela, il s’agira d’épandre du compost ou du fumier pour améliorer la teneur en matière organique du sol.  En élevage, la pratique du pâturage dynamique tournant, permettra d’éviter le surpâturage, et améliorera la fertilité du sol, la biodiversité des insectes et des plantes, et donc la séquestration du carbone.

Un article de Marie-Christine Bidault

Des couverts végétaux dans le cognaçais

Bonjour je m’appelle Thomas, je suis viticulteur dans la région de Cognac à Saint-Fort-sur-le-Né sur 35 hectares de vignes et une cinquantaine de terres.
Mon grand-père il y a une quarantaine d’années déjà semait des couverts dans les vignes, de vesse et de seigle.


On s’est dit il y a quelques années avec mon père, c’est bête de ne pas reprendre à faire des couverts.
L’intérêt de faire des couverts pour la biodiversité les couverts ça apporte de la vie, ça apporte des insectes ça apporte des vers de terre parce que c’est de la matière organique.
En fait c’est hyper important et c’est essentiel.


On a envie de ramener de la vie. Il y a de la vie, mais encore plus de vie. Dans le vignoble on observe, grâce aux couverts permanents, c’est surtout l’été que l’on va voir ça, on a beaucoup d’abeilles,
d’insectes. L’hiver et l’été on a des campagnols aussi. On augmente la qualité du sol, on augmente la qualité des vignes, le sol est plus vivant. On augmente les vers de terre, on augmente les bactéries, les champignons. Depuis qu’on est enherbés, depuis une vingtaine d’années, on a doublé notre taux de matière organique, ce qui est vraiment énorme. L’avantage des couverts et de l’enherbement, ils nous permettent de nous adapter au changement climatique parce qu’ils nous permettent de gérer le manque d’eau ou les excès de chaleur, ça c’est super. Quand il y a un couvert, ou de l’enherbement, on réduit la chaleur au sol et donc on évite de détruire les champignons, les bactéries…

L’enherbement, c’est une recherche continuelle, parce qu’il y a de nouvelles espèces, les chercheurs cherchent et ils trouvent. Ça évolue tout le temps et ça évoluera tout le temps, ça ne peut pas être figé. Avec la dynamique de la Certification Environnementale Cognac & HVE , on voit beaucoup de couverts, on voit beaucoup de choses, et c’est super. Pour la biodiversité c’est top.

Les alternatives aux phytosanitaires pour la culture du noyer

Depuis 2017, 12 nuciculteurs du Périgord, accompagnés par la Chambre d’agriculture de la Dordogne, ont la volonté d’échanger, de partager , de dialoguer et d’innover pour mettre en œuvre des méthodes alternatives de protection de leurs noyeraies. C’est dans le cadre de ce Réseau DEPHY noix , financé par le plan ECOPHYTO, qu’a été organisée le 31 août 2021, une journée technique de mise en œuvre de solutions innovantes, en partenariat avec la Station Expérimentale de la Noix de Creysse (46), les sociétés AgriBuiders, CompoExpert, Corteva Agriscience , M2I et SumiAgro et le Groupe Technique Noix Sud Ouest. Tous nos remerciements à Pierre DELAIRE ( EARL des Garennes) et à son épouse pour l’accueil sur leur exploitation de plus de 60 participants à cette journée de démonstration et d’échanges au cours de laquelle ont été présentées des méthodes non chimiques de maîtrise des 2 principaux ravageurs de la noix : le carpocapse et la mouche du brou.

Réduire l’utilisation des pesticides de 50 % à l’horizon 2025, c’est l’objectif du plan Ecophyto. Parmi les actions majeures, les réseaux  DEPHY ont pour but de tester, de valoriser et de déployer les techniques et systèmes agricoles réduisant l’usage des produits phytosanitaires.

Avec plus de 3 000 exploitations agricoles engagées au niveau national, les réseaux Dephy sont un véritable succès. En Dordogne, le réseau Dephy noix a réalisé de nombreux essais pour lutter contre le Carpocapse et la mouche du Brou. 12 exploitations participent, l’animation est assurée en lien avec la Chambre d’agriculture de Dordogne et des chercheurs en agronomie.  

Principal ravageur du noyer, le carpocapse est un véritable fléau. Il peut occasionner jusqu’à 30% de pertes sur l’exploitation. Pire, le dérèglement du climat accélère leur cycle de reproduction et prolonge l’activité du carpocapse. Avec l’échec des méthodes chimiques traditionnelles et les nouvelles règlementations en la matière, il était urgent de trouver des alternatives efficaces et respectueuses de l’environnement. Parmi les mesures testées, la confusion sexuelle, qui vise à saturer le verger en phéromones semble la plus prometteuse. 

La TIS, Technique de l’Insecte Stérile : Elle consiste à élever des mâles de carpocapse stériles et les libérer sur le verger. Résultat, la concurrence avec les autres mâles permet de diminuer durablement la pression de ce ravageur.

Apparue au début des années 2000, la mouche du brou est aujourd’hui sous surveillance rapprochée. Avec un effet dévastateur sur les cultures, elle est surtout devenue résistante aux molécules chimiques habituellement utilisées. Dans cette lutte inégale, le réseau Dephy a mis en place des méthodes de lutte radicales. Cette plaque jaune pendue aux branches des noyers semble être la réponse la plus adaptée. L’objectif ? Effectuer un piégeage massif sur la culture. Cet attractif alimentaire couplé à un insecticide est posé le plus haut possible sur les arbres. Mais problème, le piège n’est pas sélectif et impacte l’ensemble de la faune auxiliaire. En bio, elle devrait bientôt être réautorisée. C’est pourquoi le groupe Dephy Dordogne a fait  des démonstration à Saint Cyprien ( Vallée de Dordogne) en 2019 mis en place une autre technique, la pulvérisation d’argile. Véritable barrière minérale, elle perturbe le comportement des ravageurs et protège les cultures du soleil. Enfin, les tests sur les plaques à phéromones semblent également être une piste intéressante et font aujourd’hui l’objet des premiers essais grandeur nature en vergers 

La culture du noyer dans le sud ouest a encore de beaux jours devant elle. Pour faire face aux défis environnementaux et économiques, une station d’expérimentation réalise depuis plus de 30 ans des travaux au service de la filière nucicole a été mise en place dans le village de Creysse dans le lot. 

La Station est une source de références mais surtout un lieu d’échange qui donne à la production de noix l’élan et la pérennité dont elle a besoin.

Les indicateurs de biodiversité agricole


Entendu, je comprends. Dans ce cas, je vous propose quelques corrections, mais vous laisse jugez de ce que vous souhaitez conserver 🙂



L’utilisation d’indicateurs de biodiversité adéquats pour les exploitations agricoles est essentielle pour effectuer un meilleur suivi de la biodiversité locale. Les acteurs accompagnant le monde agricole devraient favoriser la sélection d’un nombre approprié d’indicateurs portant sur la biodiversité et sur les objectifs de gestion, et qui sont également adéquats à une échelle locale, faciles à comprendre, validés sur des bases scientifiques et pouvant être calculés par des données accessibles.
Une démarche pertinente devrait aussi contenir des indicateurs d’état, de pression et de réponse qui mesurent la diversité génétique, spécifique et écosystémique, ainsi que les différents services écologiques. De plus, les indicateurs devraient idéalement permettre de prendre en compte la capacité de support des écosystèmes. Toutefois, le suivi de la biodiversité locale nécessite que les acteurs des territoires et des filièress’impliquent auprès du monde agricole au niveau de la conservation et de la protection de la biodiversité

La biodiversité est une thématique montante dans le secteur agricole.
Script de la vidéo :

De nombreuses filières de production montrent leur volonté de progresser, mais elles se heurtent à une difficulté majeure : 
Le manque d’indicateurs, aussi bien pour mesurer l’efficacité de leurs efforts, 
Pour valoriser ces efforts auprès des consommateurs, ou auprès des acteurs, publics ou privés, qui seraient prêts à participer au financement de telles démarches de progrès, il faut tout d’abord bien déterminer leur champ d’action.
Depuis 2018, Noé s’est attelé à cet enjeu avec ses partenaires, scientifiques, naturalistes, mais aussi issus des filières agroalimentaires.
Une liste de 14 indicateurs a été sélectionnée dans la littérature technique et dans les chartes ou cahiers des charges déjà existants. Nous les avons agrégés pour proposer une boite à outils dédiée aux acteurs de l’aval des filières agroalimentaires. L’objectif est de les aider à piloter leurs approvisionnements dans le sens d’une production plus respectueuse de la biodiversité.
 Il nous semble naturel de s’intéresser aux impacts d’une exploitation agricole sur son environnement. 
Qu’elles soient positives ou négatives pour la biodiversité, les pratiques agricoles sont suivies grâce à des indicateurs dits « de pression ». 
On s’intéresse ici aux intrants, aux chantiers agricoles et aux aménagements des parcelles.
Et nous allons plus loin, en intégrant des indicateurs dits « d’état », qui consistent à réaliser des inventaires de biodiversité sur les parcelles. 
On compte les papillons, les vers de terre ou les oiseaux, mais aussi la biodiversité du sol et d’autres espèces moins souvent évoquées, mais tout aussi importantes.
Ces indicateurs permettent de ne pas dissocier l’activité agricole, de la réalité sur le terrain, car les indicateurs de pression, seuls, ne racontent pas toujours tout ce qui se passe dans et autour des champs.
Ces indicateurs ont été testés sur le terrain par Noé, et commencent à être pris en main par différents partenaires qui souhaitent étayer leurs cahiers des charges, leurs chartes de production ou les bonnes pratiques qu’ils préconisent. 
Demain, nous espérons que le plus grand nombre de filières de production possible se les approprie, car pour Noé, assurer un suivi de la biodiversité agricole est une étape indispensable à toute démarche de progrès.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l’association Noé : https://noe.org

Des haies dans les vignes

L’agroforesterie gagne du terrain

Dans une perspective d’agroforesterie, les viticulteurs et maisons de Cognac expérimentent la reconstitution de haies autour des vignobles. Ils projettent également de planter des arbres sur certaines parcelles, d’en conserver d’autres en jachères et même d’étudier des cultures secondaires. La culture de variétés de plantes utiles entre les rangs de vigne, peut également être considérée comme un type d’agroforesterie élémentaire qui tend à se généraliser. 

L’agroforesterie consiste à associer l’agriculture et la plantation d’arbres, de cultures et (ou) d’animaux sur la même parcelle. L’INRAE (l’Institut National de Recherche en Agriculture, alimentation et Environnement) a démontré qu’une parcelle agroforestière de 100 hectares pouvait produire autant de biomasse (bois et produits agricoles) qu’une parcelle de 136 hectares où arbres et cultures auraient été séparés, soit un gain de 36 %. Dans le Cognac, les producteurs sont sensibles à cette approche qui permet d’entretenir les sols tout en améliorant la biodiversité et la qualité des paysages et certains y ont déjà recours.  

Même si on ne peut la qualifier d’agroforesterie au sens strict, du fait de l’absence de plantation d’arbres, une première piste d’action concerne le couvert végétal entre les rangs de vignes. Les viticulteurs du Cognac utilisent progressivement cette seconde culture associée à celle de la vigne. L’herbe est semée, tondue et utilisée comme engrais vert tandis que les graines récoltées servent de semence pour l’année suivante. Plusieurs mélanges de plantes ont été élaborés par des semenciers pour enrichir la terre et contribuer ainsi à renforcer la vigne : un premier comprenant radis fourrager, avoine rude, vesce de Narbonne, vesce velue, assure une protection hivernale du sol efficace grâce à sa forte biomasse , un second composé de radis fourrager, avoine rude, seigle forestier, vesce velue, permet de réduire la pression de court-noué. Mais les viticulteurs de Cognac testent et développent aussi leurs propres mélanges variétaux à base d’avoine, de féveroles, de trèfle… pour protéger les sols contre l’érosion et le lessivage, aider à la maîtrise des adventices, contribuer à la « décompaction » du sol et la stimulation de son activité biologique. 

Deuxième voie : replanter des haies. L’arrachage pratiqué dans le passé pour faciliter le travail dans les vignes, est aujourd’hui stoppé dans le Cognac. Et certains exploitants replantent des centaines de mètres de haies avec plusieurs objectifs : isoler les parcelles pour éviter la dérive aérienne lors des pulvérisations et reconstituer la biodiversité en attirant les oiseaux et autres animaux. 

Troisième piste, le maintien en jachère des parcelles après l’arrachage des vignes, qui est une obligation réglementaire mais, avec des couverts fleuris par exemple. 

Il favorise l’installation de ruches à proximité de la vigne. Ces zones se prêtent également à l’implantation d’arbres pouvant fournir une seconde culture, comme les chênes truffiers. Les plantations d’arbres servent aussi à créer des puits de carbone pour piéger le CO2. 

Ces évolutions sont parfois encore au stade des expérimentations dans le Cognac mais les viticulteurs expriment leur volonté de développer l’agroforesterie. Leur travail sur les haies en est une belle illustration.

UN MODÈLE HOLISTIQUE 

Chez Martell, Bernard Pineau, responsable de la viticulture durable pour Martell Mumm Perrier-Jouëtmène une réflexion sur l’agroécologie, parmi lesquelles l’agroforesterie. « Ce sont des sujets que nous regardons de près. Depuis 2012, nous travaillons à la restauration et la favorisation de la biodiversité ainsi qu’à la protection des sols. Cela passe par la plantation de haies, la reconstitution de trames verte des expérimentations autour des engrais verts et la vie des sols », souligne-t-il. « Mais il ne faut pas confondre plantation d’arbres ou de haies et agroforesterie. L’agroforesterie est une approche holistique et complète de l’agriculture. Aujourd’hui, à nous de voir en mettant en place des parcelles expérimentales si cela est possible à l’échelle de notre appellation.» 

HAIES POUR LA BIODIVERSITE 

« Nous avons planté 770 mètres de haies autour de parcelles proches de voisins », indique Elodie Miremont, directrice des Domaines Viticoles de Camus. « Nous travaillons avec l’association Prom’Haies qui nous conseille sur le choix des variétés et nous bénéficions d’une aide de la région Nouvelle-Aquitaine ». Pour elle, malgré le travail supplémentaire de taille des haies, cet embryon  d’agroforesterie se justifie par la volonté de protéger la biodiversité. Elodie Miremont ajoute que cinq ruches ont été installées dans une parcelle proche des vignes. 

CHÊNES TRUFFIERS 

De son côté, Stéphane Leclerc, responsable technique des Vignobles Thomas, mentionne « le projet de planter des chênes truffiers pour diversifier la production et enrichir le paysage ». Ces arbres pourraient être situés sur des parcelles proches de celles des vignes. « Nous envisageons environ 1,4 hectare de chênes truffiers », précise-t-il. Autre solution pour améliorer la biodiversité, le maintien en jachère de parcelles proches de riverains. 

GÉNÉRER DE L’ENGRAIS VERT 

« Nous gérons la rotation interculture après l’arrachage de vignes. Nous réalisons des cultures de céréales pour assainir les sols », explique Pierre Boyer maître de chai et responsable d’exploitation de la maison Hine. « Nous maintenons aussi toutes les haies existantes ainsi que les arbres alors que, il y a peu, la tendance était à l’arrachage pour faciliter les interventions sur les vignes ». Pour Pierre Boyer, l’essentiel de l’agroforesterie qui fait sens en viticulture est « l’implantation de couverts dans le centre des rangs qui génère de l’engrais vert mais qui permet également de récupérer de la semence pour renouveler les couverts d’une année sur l’autre. On couple ainsi deux cultures ». 

Préserver la ressource en eau

https://vimeo.com/611372800

L’engagement de l’enseignement agricole pour préserver la ressource en eau.

Ce matin au lycée agrotech de vienne, dans l’Isère, les étudiants testent la qualité des eaux d’un captage  voisin. Ils effectuent toutes les opérations nécessaires à son analyse précise et enregistrent les résultats. En effet, l’aire d’alimentation est vulnérable au risque nitrates et pesticides, augmenté par les exploitation agricole. C’est donc en partenariat avec le lycée agricole de Saint Genis Laval que les étudiants ont mené à bien ce travail.

Quand aux étudiants des lycées agricoles environnants, ils seront sensibilisés à  la thématique de la qualité de l’eau.

Castelnaudary

En effet, préserver l’eau et sa qualité, c’est l’affaire de tous. Face au dérèglement climatique et aux questions posées aux modèles agricoles actuels, il faut faire preuve d’innovation. Face à ce défi, les lycées agricoles s’engagent en nombre sur le terrain et dans leur approche pédagogique. L’objectif ? Améliorer l’efficacité et la diffusion des pratiques vertueuses pour la préservation de cette ressource commune et inestimable qu’est l’eau.

Ici le Treboul longe le canal du Midi. Problème, son état de dégradation est alarmant : nitrates, pesticides, les taux sont trop élevés et les parcelles en bordure de ruisseau doivent adapter leurs pratiques pour réduire les transferts de polluants vers les masses d’eau. Pour ce faire, le lycée agricole a fait évoluer les pratiques de son exploitation : un nouveau système de production en bio a vu le jour et les vignes ont été remplacées par une rotation en grande culture. Plus encore, le désherbage est maintenant mécanique et les intrants ont diminuer de plus de 50%.

Mais le changement de pratiques agricoles n’est pas la seule action menée ici, le lycée a aussi fait le choix d’installer une zone tampon humide artificielle. 

Yvetot 

C’est au lycée agricole d’Yvetot, en normandie que se trouve la zone tampon humide la plus ancienne. Mais au fait : qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’une zone dans laquelle les eaux de ruissellement circulent et sont purifiées par la dégradation des particules toxiques : l’eau acheminée vers la zone tampon humide va rester environ deux semaines et circuler sur un parcours durant lequel les UV vont dégrader les molécules nocives.  La plantation de roseaux permet également de fixer des microorganismes qui vont se nourrir des intrants et les dégrader. La zone va donc agir sur l’eau… et améliorer grandement sa qualité en aval en dégradant les molécules nocives. 1000 mètres cubes, 2500 mètres carrés, la zone tampon d’Yvetot est un support pédagogique grandeur nature pour améliorer la qualité de l’eau.

La Canourgue

A La Canourgue, en Lozère, on a abordé la problématique des intrants et de la gestion des effluents grâce à une autre technique innovante : l’aquaponie. Grâce à une production rationalisée de poissons couplée à des cultures végétales en hydroponie, l’eau est recyclée en permanence : l’eau sale des poissons sert à alimenter en nutriments des serres en maraîchage et en horticulture : résultat, une efficience agronomique étonnante.  De plus, les boues et les effluents ultimes de la pisciculture et des bassins d’aquaponie sont traitées par des lombrics et valorisés sous forme de compost !

Mamirolle

Préserver la qualité de l’eau n’est pas une mince affaire, mais ce n’est pas le seul enjeu. Dans les filières où le nettoyage est important, il faudra aussi mieux l’économiser. C’est la raison pour laquelle l’ENIL Mamirolle a mis en place un système d’économie d’eau pour son atelier de transformation laitière.

En vue de substituer les produits de nettoyage, les étudiants ont testé plusieurs systèmes et différentes solutions et mesuré leur efficacité désinfectante. Un cahier de bonnes pratiques et un  livrables pour les professionnels ont été réalisés. 

Bourg en Bresse

Sensibiliser les agriculteurs de demain aux questions liées à la préservation de la ressource eau est un véritable enjeu. Au Lycée agricole de Bourg en Bresse, ils apprennent également à voir l’exploitation comme un système complexe et ouvert sur la société. De la pratique agricole jusqu’à la valorisation, l’agriculture est un métier résolument social où l’on gagne à développer des partenariats. Le lycée a donc développé un partenariat avec le bassin versant voisin et permis aux étudiants de découvrir concrètement les acteurs de la région.

Syndicat du Bassin versant la Reyssouze

Perpignan

A Perpignan, les étudiants ont travaillé à la modélisation d’un serious game sur la gestion concertée de l’eau sur le territoire local. Aujourd’hui, c’est jour de test. Les étudiants d’autres filières viennent apprendre en s’amusant sur les problématiques liées à l’eau. 

Ces quelques exemples témoignent de la transition technique , agroécologique et pédagogique menée dans l’enseignement agricole, pour que les futurs agriculteurs soient acteurs d’une gestion durable et concertée de l’eau. La mise en réseau à un niveau national assure une facilitation des échanges, de la professionnalisation des personnels, de la mutualisation des compétences et des outils créés, pour une meilleure synergie des effets…

A la mode des lentilles

Développer une nouvelle filière à partir de zéro c’est possible. Le pari réussi de ces agriculteurs vaudois l’atteste. Depuis 2015, ils produisent une lentille de qualité commercialisée sous la marque Perline. 

Inspiré par le fonctionnement de l’APPNAL, l’Association des Producteurs de Pommes de terre Nouvelles de l’Arc Lémanique, Christian Blaser s’intéresse à monter une nouvelle filière afin de mieux la maitriser. Il choisit la lentille, une légumineuse fixatrice d’azote et un aliment sain, riche en protéine. 

Afin de répondre à un besoin en production élevé de la distribution, Christian crée une association regroupant une dizaine d’agriculteurs de la région. Ils fondent la marque Perline et négocient directement avec la distribution ce qui leur permet d’obtenir un bien meilleur prix et de meilleures conditions. Pour la production, ils se distribuent le travail afin de gagner en temps et en efficacité mais chaque agriculteur reste maitre de ses parcelles et en assume les risques à 100% lors de mauvaises récoltes.

La production de lentille reste cependant très variable d’une année à l’autre, c’est pourquoi la production se fait une année en amont et la bonne capacité de garde permet un approvisionnement constant. 

Les lentilles récoltées sont séchées et nettoyées au moulin de corcelles-le-jorat avant d’être stockée. Au fil de la demande, elles sont envoyées en Thurgovie pour être triées à la caméra optique afin de garantir une qualité irréprochable, puis conditionnées et livrées.

La création d’une nouvelle filière a donc permis d’augmenter la rentabilité économique de plusieurs exploitations et de consolider le lien entre ces agriculteurs vaudois. Favoriser le rassemblement de producteurs permet ainsi d’avoir une plus grande force face au marché. En diversifiant leurs revenus, ils deviennent plus résilients face aux aléas climatiques, mais aussi aux fluctuations du marché.

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Diversifier ses ventes par l’auto-cueillette

Afin de prolonger leur période de vente, les Cheseaux du domaine « les vergers d’Aigle et d’Yvorne » ont ouvert, depuis 6 ans, une partie de leurs cultures aux consommateurs pour l’autocueillette. Ils ont planté une dizaine de variété de cerisiers, des framboisiers, ainsi que des petits fruits.

Malgré les cultures misent en place, la charge de travail n’a que peu augmenté. Cependant, il y a parfois des imprévus, auxquels il faut savoir faire face. 

Les Cheseaux ont choisi une taille de formation d’arbre nain pour que les gens puissent cueillir de plein pied, accessible pour tous et sans risque. 

Cette démarche permet de créer un lien entre le producteur, les consommateurs, et la production. Grace à ce système la famille Cheseaux a élargi sa période de vente, diversifié sa clientèle et ses canaux de ventes. L’auto-cueillette offre une belle vitrine pour le domaine.

L’EPL de Valence : EPLEFPA Le Valentin

Un Lycée agricole au coeur de la ville, voilà qui n’est pas banal. C’est pourtant un atout pour le lycée agricole Le valentin de Valence. Grâce à son exploitation agricole et sa ferme pédagogique, l’EPL montre par l’exemple l’influence positive de l’agriculture en milieu périurbain. En diversifiant ses activités et grâce à la mise en place de systèmes de culture innovants, le lycée agricole Le Valentin a su tisser un réseau bénéfique pour son territoire. Parmi les innovations mises en place, l’EPL de Valence a choisi de participer au plan Ecophyto, qui vise à diminuer l’utilisation des produits phytosanitaires de 50%
d’ici 2018.

Pourquoi avoir fait le choix de participer au plan Ecophyto ? Quels bénéfices pour le lycée et la Région ?
Pour aller plus loin, l’EPL a décidé de convertir en agriculture biologique les ateliers lait et cultures fourragères. L’objectif, atteindre l’autonomie en fourrages et en fertilisants, et atteindre le zéro pesticides en polyculture-élevage. Pour ce faire, l’EPL a introduit des légumineuses et mis en place un phytobac collectif. La diversité des cultures a été renforcée et la mise en place de l’agropastoralisme a permis d’augmenter les zones de pâturage.

L’EPL est une zone de recherche.

Les innovations réalisées à Valence sont nombreuses. Pour les valoriser, l’EPL a choisi de développer une ferme pédagogique qui propose des animations pour les jeunes de la maternelle au collège. Avec 2400 visiteurs par an, l’exploitation a permis de tracer un lien avec sa région, et de sensibiliser les enfants de demain à l’agriculture écologiquement intensive. Il accueille également le salon «Biotech» consacré aux innovations agricoles. Un magasin permet également la vente directe des produits laitiers et des fruits.

L’EPL le Valentin est donc un exemple d’exploitation agricole diversifiée parfaitement adaptée au milieu périurbain.

Considéré comme le véritable poumon vert de la ville de Valence, l’EPL agit comme un véritable acteur du développement agricole sur son territoire. L’exploitation fait partie du réseau de référence CORABIO ce qui fait d’elle un lieu privilégié d’échanges avec les autres agriculteurs. Les tests réalisés sur l’exploitation peuvent être diffusés auprès des professionnels, et favoriser l’émergence d’une agriculture durable dans la drôme.