Les variétés anciennes : c’est moderne !

 

La résilience de l’agriculture est l’un des cinq objectifs majeurs de l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Il est possible de créer des conditions favorables à l’émergence d’innovations. Ainsi, la création d’un ecosystème pluridisciplinaire rendant les interactions entre acteurs de différents horizons (agriculteurs, ingénieurs, distributeurs, économistes, consommateurs, chercheurs et même artistes) permet d’éclairer un besoin sous une multitude d’angles, de partager les idées et de révéler des opportunités. La quantité et la qualité des innovations dépendent grandement du nombre d’erreurs accumulées. Il est donc nécessaire de créer les conditions et de mettre à disposition les outils permettant de tester les idées rapidement et à moindre frais. L’innovation est également un état d’esprit particulier qu’il s’agit de développer et de cultiver.

 

C’est dans ce cadre qu’est né le projet « Résilience paysanne » porté par la DGAV, la Direction Générale Agricole du canton de Vaud, en Suisse.

Première vidéo de ce projet : la culture de variétés anciennes.

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Planter des variétés anciennes pour améliorer la résilience de son exploitation : 

Rendre son exploitation agricole plus autonome voici le pari gagnant que Cédric Chezeaux, agriculteur, et sa famille à Juriens ont décidé de relever.  Après la reprise de la ferme familiale en 2005 et la reconversion de l’exploitation en bio en 2007. Cédric prend  un nouveau tournant majeur et décide d’arrêter l’élevage de vache laitière en 2013

Cédric décide de se tourner vers les variétés rustiques de céréales qui offrent une meilleure adaptation au terroir ainsi qu’aux conditions climatiques. Ces variétés ont également une bien meilleure tolérance face aux maladies et demandent moins de traitements ce qui diminue les coûts de machinisme. De plus, en favorisant les circuits-courts, Cédric arrive à obtenir un prix rémunérateur pour ses différentes productions.

Afin de valoriser ses céréales, Cédric a opté pour la production de farine et s’est équipé d’un moulin Astrié, nom tiré des frères qui l’ont inventé. Ce moulin s’adapte particulièrement bien aux petites structures et produit une farine de qualité. Avec l’arrivée du moulin sur l’exploitation, Cédric à du acquérir de nouvelles compétences.

Pour Cédric Chezeaux, développer de nombreux partenariats avec des artisans boulangers, mais également une étroite collaboration avec d’autres producteurs portés par les mêmes valeurs sont la clé de son succès. 

En développant son projet, Cédric a gagné en autonomie et en liberté, a diversifié sa clientèle créé de nouveaux partenariats. Il s’est ainsi ouvert sur une agriculture correspondant à ses valeurs et pleine de perspective.

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Plus de diversité génétique dans les champs pour une agriculture plus durable

2La diversité génétique devrait jouer un rôle essentiel dans ce modèle, en contribuant à l’adaptabilité et à la résilience face aux stress dans des systèmes à bas intrants [5,6] :

  • les variétés sélectionnées pour leur haute productivité dans des conditions de culture intensive ont peu de chance d’être adaptées à des conditions plus variables, spécialement dans un contexte de réduction des intrants. Il est attendu de la diversité génétique une régularité de la production et une adaptabilité à des conditions changeantes – même si ces prédictions théoriques ont été insuffisamment évaluées en pratique [7] ;
  • la durée de vie des variétés commerciales est de l’ordre de cinq ans, et les gènes de résistance aux maladies sont contournés dès qu’ils sont déployés sur une certaine surface de culture. L’association en mélange de variétés porteuses de gènes de résistance différents, et de façon générale, l’accroissement de la diversité génétique des peuplements, doit permettre d’augmenter la durabilité des résistances [8,9] et de prolonger l’utilisation de ces variétés ;
  • la variabilité génétique des plantes cultivées est susceptible de favoriser la diversité spécifique et infra-spécifique des autres communautés d’un agro-écosystème, et ainsi d’améliorer les services écologiques (contrôle des maladies, régulation des phytophages, symbioses mycorhiziennes, fertilité du sol…).

La réduction des intrants induit plus de différences entre les milieux et entre les conditions de culture, et les environnements pour lesquels on cible la sélection (environnements cibles) deviennent alors trop différents entre eux pour qu’il soit possible de sélectionner une seule variété qui soit performante partout [10,11]. De nombreuses expériences montrent que des génotypes différents répondent différemment lorsqu’on les confronte à des environnements très contrastés (interaction Génotype x Environnement, GxE).

Il convient alors de développer des variétés ou populations adaptées spécifiquement aux conditions locales (environnement, sol, climat, pratiques agricoles, débouchés…) et/ou génétiquement hétérogènes et donc plus adaptables aux milieux différents. Dans ces conditions, on est incapable de prédire la performance des populations et des variétés dans leurs milieux cibles à partir d’une évaluation en conditions optimales (ex : station expérimentale de sélection). C’est pourquoi seules une évaluation et une sélection décentralisées, c’est-à-dire réalisées dans les environnements cibles avec une analyse des interactions GxE, permettront d’identifier les meilleures variétés ou populations pour chaque environnement cible .

Pastoralisme : le retour !

 

Le pastoralisme : un enjeu fondamental pour les territoires

Le pâturage pour dynamiser un paysage, c’est possible ! Dans le sud-ouest de la France, des éleveurs réinvestissent la pratique du pastoralisme sur des surfaces en déprise.

Les avantages du pastoralisme sont nombreux. Tout d’abord, les terres non entretenues favorisent le risque d’incendie. La forêt reprend si vite ses droits qu’elle ferme les paysages. Or, d’après les recherches du Cairn, un changement dans la structuration de la nature a de nombreuses implications économiques et sociales. Tourisme, risque incendie mais aussi tissu social lorsque des zones rural sont enclavées, tous ces secteurs sont impacts par la fermeture des paysages.
En Dordogne, le taux de boisement approche 50% et ce chiffre augmente chaque année. Un équilibre est donc à rechercher et la forêt a besoin d’être entretenue en créant ou en maintenant des espaces ouverts. Et pour ce travail technique, les brebis sont toutes indiquées.

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Pour ce faire, le pastoralisme est la solution idéale. Cette méthode naturelle et non contraignante permet d’entretenir les sols tout en bénéficiant aux éleveurs par l’apport de ressources gratuites. Afin d’organiser et de pérenniser cette pratique ancienne, 5 associations foncières pastorales libres ont vu le jour depuis 2016 en Dordogne .
En effet, le pastoralisme bénéficie aussi aux propriétaires qui ont la possibilité d’entretenir gratuitement leurs parcelles. Le propriétaire conserve son plein usage de son bien hors des périodes de pâturage. Mieux les exploitants agricole bénéficient d’un enrichissement naturel des sols.

Le pastoralisme permet également de dynamiser le territoire. Lors de l’installation d’un troupeau pour la pâture, des emplois sont créés et la richesse du territoire est directement valorisée. Si Christophe et Anne ont quitté la Normandie pour la Dordogne, c’est pour les opportunités d’y développer le pastoralisme.

Parce qu’il réunit propriétaires de terres et agriculteurs, le pastoralisme créé du lien social. L’AFPL intervient pour créer le contact et organiser les pâtures.
Depuis 2018, le projet Brebis-link s’est fixé pour objectif de tester la valeur agronomique du pâturage sur toutes les surfaces dites additionnelles. Outre les surfaces pastorales, les vergers, les vignes, les céréales et les noyers de la région hébergent des ressources fourragères qui présentent un intérêt pour les troupeaux. On observe notamment une baisse de l’utilisation de phytopharmaceutiques et de compléments alimentaires.

Brebis, éleveurs, propriétaires et bien sûr consommateurs, tout le monde est gagnant. Que vous souhaitez accueillir des éleveurs ou faire saturer vos animaux, la Chambre d’agriculture de Dordogne peut vous renseigner et vous accompagner dans vos démarches.

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En France, 60 000 exploitations agricoles valorisent des surfaces pastorales, c’est-à-dire des espaces semi-naturels pâturés. Celles-ci représentent une partie importante des ressources fourragères d’un troupeau. Pour maintenir la valorisation de ces surfaces, les Chambres d’agricultures accompagnent sur le terrain les agriculteurs dans l’évolution des systèmes agricoles et pastoraux en oeuvrant pour la prise en compte des spécificités de chacun.

Dans certains massifs, les surfaces pastorales sont indispensables à l’équilibre alimentaire des troupeaux et donc à la viabilité des exploitations. Au delà de sa place dans l’agriculture, le pastoralisme bénéficie aussi à la collectivité par l’entretien d’espaces agricoles.

Pour revaloriser des zones en déprise agricole et relancer la production ovine, éleveurs et collectivités locales travaillent à une expérimentation de pastoralisme. L’enjeu pour le territoire est à la fois économique, environnemental et social.

Les collectivités se mobilisent pour limiter la déprise agricole et la fermeture du paysage.

La mise en place de la charte forestière Sud Périgord a mis en évidence la fermeture du paysage avec des taux de boisement atteignant jusqu’à 70 % sur certaines communes.

Sollicités par les élus locaux pour répondre à cette préoccupation, l’antenne de la Chambre d’agriculture de Sarlat et le CrDA du Périgord Noir ont engagé des actions capables de recréer du lien et de participer à la redynamisation des territoires.

Des actions similaires sont en cours sur d’autres parties du territoire pour relancer l’activité pastorale.

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La relance du pastoralisme en Dordogne depuis 2011

Une opération test a eu lieu en août 2011, sur les communes de Campagnac et Saint-Pompon.

Ces communes, situées dans le sud du Périgord Noir, ont reçu des troupeaux afin d’observer l’impact du pâturage sur des zones en friches, des landes embroussaillées ou des zones boisées.

Cette opération fut l’occasion de sensibiliser les éleveurs locaux et de démontrer l’intérêt de ces nouvelles pratiques en termes d’engraissement et d’alternative au système céréales traditionnel.

Sur le terrain, les Chambres d’agriculture accompagnent les éleveurs qui utilisent des surfaces pastorales :

  • suivi technico-économique des exploitations, notamment par le biais de diagnostics
  • élaboration de références et d’outils d’aide à la décision
  • organisation de journées techniques et de sensibilisation
  • réalisation d’études sur le pastoralisme

Certaines Chambres d’agriculture accompagnent également les autres gestionnaires d’espaces pastoraux : groupements pastoraux, associations foncières pastorales…

Elles participent par ailleurs à la valorisation des produits issus de la montagne et des zones pastorales par le développement des signes de qualité, des circuits courts…

Qu’est-ce que le pastoralisme ?

Le pastoralisme regroupe l’ensemble des activités d’élevage valorisant par le seul pâturage les ressources fourragères spontanées des espaces naturels. Ces surfaces pastorales assurent tout ou une partie de l’alimentation des troupeaux.
Cette activité de production peut s’exercer sur des surfaces pastorales proches des sièges d’exploitation (parcours et estives locales) ou s’organiser à l’échelle régionale ou interrégionale en ayant recours aux transhumances estivales ou hivernales.
La relation homme-animal-nature est la clef de voûte du système d’élevage pastoral. Les éleveurs et bergers doivent en effet s’appuyer sur des races animales adaptées et sur la complémentarité des milieux et des ressources pastorales pour satisfaire les besoins d’un troupeau.

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40 ans de la loi pastorale française

L’Association française de pastoralisme (AFP) et les Chambres d’agriculture ont organisé le 1er mars 2012 une journée pour les 40 ans de la loi pastorale. Cette journée a permis de dresser des perspectives pour l’avenir du pastoralisme en Europe, notamment sur la prise en compte du pastoralisme dans la future Pac. La loi pastorale a favorisé le maintien et la modernisation des activités pastoraleset permis la création de trois structures innovantes : les Associations Foncières Pastorales, les Groupements Pastoraux et les Conventions pluriannuelles de Pâturage.

En savoir plus : consultez le communiqué et dossier de presse de la journée européenne sur le pastoralisme

Le pastoralisme en chiffres :
  • 60 000 exploitations agricoles
  • près de 2 millions d’hectares valorisés

Vidéos et photos réalisées par miamedia. Un projet de recherche en agriculture à valoriser ? Contactez-nous vite !

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Découvrez le dico de l’agroécologie !

Pourquoi un dictionnaire dédié à l’Agroécologie ?

Sujet d’actualité aux contours flous, parfois sujet à controverse, fortement médiatisé, l’agroécologie revêt plusieurs dimensions. C’est à la fois un mouvement social, un modèle agricole souvent associé à une agriculture écologiquement et socialement plus responsable et un domaine scientifique. Ce dictionnaire d’agroécologie a été conçu pour définir les contours sémantiques de ce domaine et permettre au plus grand nombre d’en comprendre les enjeux et les pratiques.

Véritable outil d’appui à la Transition agroécologique, son contenu validé par un panel interdisciplinaire de chercheurs fournit de la connaissance mobilisable par les acteurs agricoles désireux de faire évoluer leurs pratiques pour s’engager dans une agriculture performante, plus respectueuse de l’environnement et socialement plus juste.

Un dictionnaire accessible à tous

Son édition en ligne permet une consultation libre et gratuite. Sa structuration et son organisation offrent différents niveaux de lecture et en font un outil dynamique grâce aux images, aux vidéos, aux interviews d’auteur et aux infographies.
Il s’agit également d’un outil évolutif qui doit permettre à d’autres acteurs et territoires de s’en emparer et de participer à son enrichissement en commentant les définitions ou en proposant d’autres termes à définir.

Né d’un dispositif de veille territoriale …

En 2013, Véronique Batifol-Garandel et Marie-Colette Fauré (Inra, Toulouse) mettent en œuvre, à l’échelle de la région Midi-Pyrénées, un dispositif de veille territoriale sur l’Agroécologie. Les informations traquées à partir de sources scientifiques, règlementaires, associatives, administratives … issues de pages Web, de sites internet, de flux RSS, de blogs, de la presse générale et spécialisée, …, sont collectées, analysées puis validées.
Ce travail a permis de capitaliser plus de 300 termes qui définissent à partir de l’observation et de l’analyse des pratiques de terrain, les différents champs liés au domaine de l’agroécologie. Ils constituent une ressource terminologique qui méritait d’être organisée et diffusée. De ce constat est né le projet de dictionnaire d’Agroécologie.

Outil et produit d’animation scientifique

Pour clarifier les entrées terminologiques et bénéficier du support scientifiques nécessaire à son développement, le projet de dictionnaire a été très vite adossé à un projet scientifique, le projet PSDR « Accompagnement des transformations Agroécologiques – Recherche ingénierique » (Atari) coordonné par Laurent Hazard (Inra, Toulouse).

Chaque définition est rédigée par un expert scientifique. Un ensemble de premiers termes ont été rédigés par des chercheurs des Unités mixtes de Recherche du centre Inra de Toulouse (UMRs AGIR; DYNAFOR et GenPhyse). Certaines définitions ont aussi associé des étudiants en 4ème année de l’EcolePlaquette Dico d’ingénieurs de Purpan de Toulouse, parcours « Agricultures et développement durable » et en 3ème année de l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse, spécialisation AGREST « AGRoEcologie du Système de production au Territoire ».

Lors de séminaires mensuels d’animation scientifique, les définitions sont mises en débat favorisant ainsi les échanges interdisciplinaires sur les termes ou concepts de l’agroécologie… .Tout chercheur intéressé peut ainsi contribuer à améliorer les premiers écrits. Une fois validée collectivement, la définition est mise en ligne.
Des éléments visuels complémentaires (vidéos, interviews d’auteurs, infographies) lui sont associés pour faciliter sa compréhension. Cette approche originale, pensée dès la conception du dictionnaire est conduite avec des étudiants en « Réalisation » de l’École Supérieure Nationale d’Audiovisuel (ENSAV).

Merci au dico de l’agroécologie :

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Loup Vs pastoralisme: le point sur la recherche

Le pastoralisme est-il compatible avec le loup ?

Vidéos choc d’animaux à moitié dévorés, d’éleveurs-chasseurs armés prêts à en découdre, le loup est à Namur et retrouve petit à petit son territoire français… et fait parler de lui. Avec l’évolution du rapport à l’alimentation, à l’agriculture et avec l’avènement d’un dérèglement climatique qui pose de moins en mois question, la population est de plus en plus sensibilisée aux questions sur la nature et son organisation par l’homme. À ce titre, le débat sur le loup est révélateur de certains dilemmes qui peuvent toucher les populations les plus engagées : pour faire simple, les gens veulent le pastoralisme, et ils veulent le loup, mais est-ce bien possible ?

Pour de nombreux éleveurs situés hors des zones où l’on trouve le loup, la question ne fait pas débat : les deux ne sont pas compatibles. Michel, éleveur de brebis en Dordogne le clame haut et fort : si le loup arrive, il arrêtera ! Pourtant, face à la dégradation des paysages de plus en plus fermés et la volonté des consommateurs de valoriser les élevages extensifs, le pastoralisme semble être une solution d’avenir. Le défi du futur est donc simple : il va falloir développer le pastoralisme alors que le territoire du loup est en augmentation en France. Voici quelques points d’information pour rationaliser un débat qui fait souvent polémique. En effet, le pastoralisme a toujours été en contact avec le loup et c’est donc possible. Il semble que la question soit plus nuancée et que le facteur économique soit déterminant.

Le loup, une question de sous ?

Les mesures de protection, nouvelles ou anciennes ont un coût élevé. Or, le seuil de rentabilité à partir duquel la présence d’un berger formé est rentable est de 800 ovins (source : France nature environnement). Dans un secteur où les difficultés sont constantes et risquent d’empirer avec la signature du Ceta, un salaire ou deux de plus fait une énorme différence… différence qui peut s’avérer fatale à l’exploitation, mais surtout décourager les éventuels repreneurs du flambeau pastoraliste.

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Loup VS pastoralisme : quelques chiffres :

Selon les sources (Cerpam – MAP) entre 700 000 et 900 000 ovins pâturent en zones à loups au plus fort de la saison pastorale. Le mouton est donc une composante non négligeable de la disponibilité alimentaire du loup. En période estivale et localement, la part des ongulés domestiques peut monter jusqu’à 40-50% de son régime alimentaire. (moyenne par meute à 16 % environ du régime alimentaire – source ONCFS). Oui,  le loup se nourrit des troupeaux et non pas seulement d’ongulés sauvages. Mais oui aussi, cela n’a pas entamé sérieusement les secteurs ovins et caprins là où le loup est le plus présent. Les Basses Alpes notamment, est un secteur où l’élevage se porte bien.

Plus que l’effectif total de loups, il semble que ce soit l’extension de l’aire de répartition qui soit responsable de la croissance nationale des dommages. La probabilité de rencontre entre le prédateur et de nouveaux troupeaux augmente. Mais bien que continue, cette augmentation des dommages n’est pas régulière dans le temps et dans l’espace.

 

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Les dégâts connexes du loup

Toutes les unités pastorales (UP) exposées au risque de prédation (car situées au sein de l’aire de présence détectée du loup) ne sont pas attaquées d’une part, et parmi celles attaquées, certaines le sont bien plus souvent que d’autres, certaines années ou bien de façon continue.

Si la fréquence des attaques est très variable (en moyenne, 85% des UP touchées ne subissent « qu’une » attaque par an) ces attaques sont souvent très destructrices. Certains élevages en concentrent un nombre bien plus important, soit plus de 10 attaques parfois par an : on parle alors de « foyers d’attaques » pour les exploitations les plus touchées. Ponctuellement, la gravité des attaques peut être accentuée par un effet de « surplus killing » (le prédateur tue plus d’animaux que nécessaire) ou lors d’un dérochement lié à l’affolement du troupeau (jusqu’à 300 ovins précipités d’une barre rocheuse en Mercantour).

À ces pertes constatées et facilement chiffrables, s’ajoutent la part des animaux disparus (probable à chaque attaque), le stress occasionné au restant du troupeau, la baisse de la prise de poids, la baisse de la lactation, de la fertilité ou prolificité qui peut en découler.

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Ainsi, il est évident que le loup fait des dégâts beaucoup plus importants que l’unique chiffre de la mortalité ne révèle pas toujours. Ainsi, un agriculteur de haute Provence a vu une de ses bêtes dévorée (et indemnisée) alors que deux autres, bléssées, ont dues être euthanasiées. Plus, l’agriculteur a dénombré vingt avortements et une trentaine de naissances avancées de trois semaines.

Enfin, la pression de prédation est imprévisible et donc constante ajoutant un stress pour l’éleveur qui se chiffre difficilement. Les indemnisations, si elles ont le mérite d’exister peuvent difficilement remplacer une sélection naturelle faite sur le troupeau par l’éleveur sur plusieurs génération. Un phénotype adapté au terroir ou à la vente mettra du temps à être recréé par l’éleveur. Le plus difficile pour les éleveurs et bergers est donc finalement de travailler avec le risque permanent d’attaque sur leur troupeau, et la tension psychologique qui en découle. La nécessaire mise en place de stratégies et techniques de protection du cheptel, voire la réorganisation du système d’exploitation sont lourdes de contraintes et conséquences. L’impact du loup sur l’élevage se mesure donc aussi au niveau économique, social et psychologique.

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Une évolution face au besoin de développer le pastoralisme ?

Si le loup est une espèce protégée, le dernier plan Loup semble amorcer un léger virage : Ainsi le quatrième plan , « sur le loup et les activités d’élevage », mis en place de 2018 à 2023, se base sur cette évaluation : « Le plan loup a pour objectif d’élaborer une nouvelle méthode de gestion de l’espèce, fondée sur une meilleure connaissance de l’espèce et de ses modes de vies, pour mieux la protéger et permettre également la protection des troupeaux et des éleveurs » (DREAL AuRA 2018) Cette version, comme les précédentes, tente de concilier les objectifs de protection de l’espèce et les attentes des différents acteurs du territoire.

En effet, si le loup est plébiscité par l’opinion publique, le pastoralisme a lui aussi le vent en poupe et devient même de plus en plus une nécessité. L’exode rurale et les difficultés économiques ont détruit le tissu agricole français et les petites exploitations particulières ont diminuées, tout comme la présence de l’homme dans certaines zones. Conséquences : la nature a repris ses droits dans de nombreuses campagnes. Là où les paysages sont fermés, on ne passe plus, que ce soit pour y randonner, pour y travailler ou même pour y chasser. Le feu, en revanche, se régale de ces zones fermées où les herbes et les ronces propagent l’incendie. Et avec le réchauffement climatique, la fermeture des paysages va vite devenir un enjeu fort. Hors, face à ces questions, le pastoralisme est une réponse toute trouvée. Un troupeau a une force d’attaque formidable et permet de garder un paysage entretenu praticable et un coupe-feu efficace.

Il va donc falloir développer le pastoralisme et le faire en présence du loup qui étend son territoire.

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Loup : des indemnisations importantes, mais toujours insuffisantes

Différents soutiens techniques et économiques sont proposés aux élevages confrontés aux risques de prédation. Sont-ils efficaces ? Suffiront-ils à empêcher certains éleveurs touchés de « tout arrêter « ?

L’État français indemnise systématiquement les dégâts des grands prédateurs depuis 1994. Chaque « suspicion d’attaque » signalée par un éleveur ou berger fait l’objet d’un constat établi par un agent formé à cet effet. Les caractéristiques de l’attaque et l’état de la victime sont relevés. Une grille d’analyse permet ensuite de renseigner la cause de mortalité et la responsabilité du loup. De fait, sont indemnisées toutes les victimes de prédations pour lesquelles la responsabilité du loup n’est pas exclue.

Les indemnisations « loup » couvrent les pertes directes selon un barème établi (victimes tuées ou blessées) : elles prennent en charge la valeur de remplacement des animaux. Sont également compensés les pertes indirectes : animaux disparus et pertes de production liées au stress du troupeau. Pourtant, pour de nombreux éleveurs, ce n’est pas suffisant. Déjà parce qu’il n’est pas toujours facile de prouver que le loup est en cause (pas vu, pas pris) mais aussi parce que la construction d’un cheptel est un exercice très long sur la durée et qu’un remplacement pur et simple des individus sélectionnés est tout bonnement impossible. Enfin, le loup peut causer des stress par sa présence sans s’attaquer au troupeau.

L’indemnisation stress existe mais elle est très faible : 0,70 euros par brebis, plafonnée à 300 têtes.De plus , dans le cas où l’éleveur perd l’une de ses meilleures brebis – imaginons qu’elle lui donne deux beaux agneaux par an, il lui sera très difficile, voire impossible, de retrouver une aussi bonne brebis avec l’indemnité. La nouvelle brebis pourrait ne lui donner qu’un seul agneau très faible chaque année. De plus, il arrive que de nouvelles têtes ne s’intègrent pas du tout au troupeau, de sorte que l’éleveur se retrouve avec des brebis isolées.

 

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Mesures d’accompagnements du pastoralisme face au risque de prédation

 

Face aux attaques répétées, la défense s’est rapidement organisée. L’aide au gardiennage, l’achat et l’entretien des chiens de protection, les filets et clôtures sont financés à hauteur de 80 % de l’investissement, 100% pour les analyses de vulnérabilité. Mais là encore, il faut relativiser les aides. Le dressage d’un chien Patou par exemple est un véritable métier dans le métier, qui demande un investissement et un choix de vie que certains ne veulent ou ne peuvent pas forcément faire.

Les éleveurs, d’ailleurs initialement très réticents à l’adoption de mesures de protection, se sont pourtant engagés dans ces démarches à un rythme croissant chaque année.  En 2018, 2 624 dossiers de financement ont été constitués sur 23 départements pour 24.66 M€ engagés (Source DREAL AuRA), soit 5 fois plus que le coût d’indemnisation des brebis .

Le tir, qu’il soit d’effarouchement ou létal fait désormais partie de la panoplie d’outils dont dispose l’éleveur ou le berger pour protéger au quotidien son troupeau. Une décision politique qui s’explique surtout par la volonté de diminuer les coûts des autres moyens de protection.

Enfin, les tirs de loup sont autorisés par arrêté préfectoral. Avec Emmanuel Macron, un nouveau tournant a été pris en ce sens avec une autorisation de prélèvement exceptionnel de 100 loups, près du double de l’année dernière.

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Plus de loups ou un plus grand territoire ?

La population sera de plus en plus régulée, c’est en tout cas le chemin pris par l’actuelle présidence. L’objectif : moins de loup. Pourtant, cela ne va pas forcément diminuer son territoire. Alors que certains indices semblent indiquer sa présence dans le limousin, la Dordogne ou encore la haute vienne, il serait également bientôt aux portes de paris. Sa zone de présence augmente et il semble qu’il ait de moins en moins peur de l’homme, surtout dans les zones ou aucune protection n’est réalisée. Au final, une augmentation de territoire sans augmentation du loup signifierait une augmentation importante des coûts de protection sans pour autant que cela profite aux loups et aux éleveurs. Face à ce défi, certains prônent de nouveau l’éradication du loup à l’état sauvage. Cette solution facile est gratuite ne sera pourtant jamais une solution : l’opinion publique veut le loup ! D’après les derniers sondages Ifop, 76% des Français considèrent le loup comme ayant toute sa place dans la nature en France, et que 80% d’entre eux sont farouchement opposés à son éradication. 6% seulement des personnes interrogées se montrent fermement opposées à sa présence, notamment chez les plus de 65 ans.

Une solution pourrait-elle être de créer une taxe loup ? L’idée serait de générer les revenus nécessaires à la cohabitation du loup et du pastoralisme qui est de fait très complexe et coûteuse tout en impactant concrètement les particuliers financièrement, comme le sont aujourd’hui les agriculteurs concernés.  Peut-on également imaginer de laisser les loups se développer dans les territoires où l’élevage, notamment ovin est moins important et de le contrôler plus durement dans les territoires très dynamiques dans ces secteurs ?

Quoiqu’il en soit, un choix politique devra être fait entre le choix d’un faible nombre de loups sur un grand territoire ou le choix d’une population plus ciblée et plus nombreuse dans des zones très encadrées. Le second choix portera sur le développement du pastoralisme dans les régions où la présence du loup est avérée. Nul doute que le loup fera parler de lui dans les années à venir…

 

 

Agribashing : mythe ou réalité ?

« Ici, on cultive votre futur cancer. «  écrit sur un panneau à l’entrée d’un champ : vous trouvez ça normal ? Si oui, c’est que vous avez êtes probablement atteint d’une maladie devenue courante aujourd’hui : l’agribashing. Si le mot est sur toutes les bouches, c’est bien parce que le phénomène a pris ces dernières années une ampleur controversée, mais très relayée par les médias.  En effet, si les agriculteurs sont bel et bien touchés par le phénomène, ce dernier ne serait-il pas également amplifié par les réseaux sociaux et les questions politiques ? Et si au final, l’agribashing ne serait pas le signe d’un besoin exacerbé de nos sociétés d’avoir accès à l’information, notamment en agriculture ?

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Un panneau d’une rare violence, heureusement plus rare qu’on pourrait le penser…

Agribashing : utilisateurs de phyto autant ciblés que les producteurs ?

 

Oui, les phytosanitaires polluent et sont cancérigènes, en premier lieu pour les agriculteurs eux-mêmes. Des plans pour réduire les phytosanitaires (plan Ecophyto) sont d’ailleurs mis en oeuvre pour diminuer leur utilisation avec un succès très relatif : les ventes de produits phytosanitaires augmentent chaque année. S’il ne s’agit pas ici de remettre en question la potentielle dangerosité de certaines exploitations intensives, il convient de se poser un certain nombre de questions :

Pourquoi dans le secteur agricole, les utilisateurs de produits potentiellement dangereux sont autant, voir plus montrés du doigt que ceux qui les fabriquent ? Pourquoi la révolte contre les produits cancérigènes est-elle plus forte dans le secteur agricole que dans les autres secteurs ? En effet, les sociétés de nettoyage par exemple utilisent des produits chimiques et cancérigènes, mais on trouverait peu approprié d’aller accuser d’empoisonnement une simple femme de chambre. Dans le secteur de l’aéronautique, est-il vraisemblable de s’en prendre au personnel des aéroports ? Autre exemple, est-il juste de s’attaquer aux imprimeurs pour faire cesser la déforestation ? En agriculture , l’agriculteur est tenu comme responsable de l’utilisation mais aussi de l’existence même des produits phytosanitaires qu’il utilise. Un peu comme si le fait d’utiliser des phytos faisait de l’agriculteur un lobbyiste confirmé des produits qu’il utilise. Scoop : la grande majorité des agriculteurs est conscient des dangers de ces produits, à fortiori puisqu’il est le premier à être en contact avec eux, et souvent accompagné de sa famille qui vit en général près des exploitations. S’il les utilise, c’est donc parfois par choix assumé, mais aussi souvent par obligation pour protéger sa subsistance et son emploi. Un militant me dit un jour avec un air avisé : « savez-vous qu’il y a même écrit sur les boites de phytos que c’est bon pour les plantes ? » Signe de l’ignorance du grand public sur ces produits qui, oui, sont bien des médicaments pour les plantes (avec des effets secondaires préjudiciables s’ils sont mal utilisés). Si la révolte contre l’utilisation massive de phytos est juste, c’est donc la cible qu’elle choisit en général qui pose question.

 

Un agriculteur : des agriculteurs

Tous les oeufs dans le même panier ! Si l’agribashing semble battre son plein, c’est peut-être aussi  par méconnaissance du métier d’agriculteur qui a une spécificité : sa variabilité. En fonction du climat, du terroir et avec la nécessité des rotations, chaque année est différence, et chaque exploitation également. En passant à côté d’une parcelle, le néophyte ne pourra pas forcément connaître l’itinéraire technique de l’exploitant. En réalité, il y a des chances qu’il n’y ait pas une goutte de phyto ! En effet, fin 2019, 9,5% de la surface agricole utile des exploitations sont conduits selon le mode de production biologique, soit une parcelle sur dix. Il ne s’agit pas de nier l’utilisation massive sur certaines exploitations, mais de rappeler une évidence : la quantité utilisée est variable et de nombreux agriculteurs conventionnels utilisent très peu de phytos. Enfin, il est à noter que tout produit phytosanitaire acheté doit être utilisé. Cette mesure dont le but est de limiter les réserves et les stocks sauvages qui peuvent être désastreux a comme effet pervers de pousser l’agriculteur à finir son stock alors qu’il n’en a finalement pas eu besoin. Malheureusement, le don de divination n’est pas toujours suffisamment développé chez l’agriculteur qui fait sa commande.

Bien sûr, les actions choc comme ces panneaux posés en bout de champ ont pour objectif de sensibiliser, et il faut le faire. Néanmoins, le faire de cette façon brutale fait-il avancer le débat ? Peut-être, mais cette communication a un effet pervers : faire croire au public que l’agriculteur en général est un pollueur, voire un empoisonneur, un comble pour un métier qui consiste à accompagner dans leur développement des organismes naturels et à nourrir les populations.

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L’agribashing existe-t-il ?

Certains s’interrogent sur la réalité de l’agribashing qui serait juste un phénomène médiatique. En effet, les médias qui aiment attiser les conflits et font leur choux gras des polémiques se sont largement emparés du sujet et ont donné à des actes d’agression envers des agriculteurs une importance supplémentaire, donnant parfois l’impression que le phénomène est global. Quelques chiffres nuancent en effet le phénomène à commencer par celui-ci :

82% des Français aiment leurs agriculteurs

Mais en revanche, lorsque l’on regarde ces mêmes sondages, 52% les jugent «pollueurs», 64% estiment que la profession n’est pas suffisamment attentive à l’environnement et 51% pensent qu’ils n’accordent pas assez d’attention à la sécurité sanitaire. Il semble alors que pour la population, il y a un décalage entre une image très positive « idéalisée » de l’agriculture, mais qui date d’un autre siècle (l’agriculteur dans la nature avec les petits oiseaux) et la réalité moderne. Un agriculteur-entrepreneur en costume avec un smartphone est alors hautement suspect. Un peu comme si l’agriculture n’avait pas le droit d’évoluer et devait rester dans un passé idéalisé. Oui l’agribashing existe donc, mais il concerne les agriculteurs d’aujourd’hui, et non pas l’agriculture en soi, qui reste très largement méconnue et positivement idéalisée. Chez Miamedia, il nous a semblé au cours de nos rencontres avec des gens très éloignés du secteur que l’agribashing est une réalité et on ne compte plus le nombre de petites phrases assassines dirigés sans distinction contre l’ensemble de la profession. Ceux qui connaissent un tant soit peu l’agriculture sont rarement concernés !

L’agribashing : le terme est-il mal choisi ?

Voici d’abord la définition commune du « bashing ». Le terme définit un « dénigrement systématique et répété » qui concerne un individu, une entreprise, un groupe social, un secteur d’activité ou une collectivité, et, par extension, une « forme violente de défoulement », selon Wikipédia. Il évoque également une sorte de jeu, ou une forme de lynchage médiatique, relayé dans les réseaux sociaux. Peut-être que l’agribashing est alors, comme tout phénomène lié aux réseaux sociaux largement exagéré. Les agribasheurs, pour résumer seraient peu nombreux, mais très virulents. Vaut-il mieux alors être critiqué par beaucoup ou haï par peu ? Vaste question. Ce qui est certain, c’est que la violence de certaines agressions, même rares, touche émotionnellement une bonne partie de la profession, qui souffre malgré tout d’un déficit d’image.

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Sortir de l’agribashing :

Depuis l’apparition récente du terme « Agribashing » (2 ans !), des voies se font entendre pour remettre en question l’utilisation du terme. En parlant d’agribashing, on ferait la publicité de l’agribashing, bref, on devient un peu un basheur. Le média-bashing peut alors prendre le relais. Dans cette hypothèse connue, toute communication sur un sujet le valorise et le transmet, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’y a aucune campagne contre le suicide : elles se soldent toutes par une augmentation des suicides ! Ainsi la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, qui lors de la conférence de presse d’ouverture du Salon demandera de bannir le mot agribashing.  Il s’agit pour elle de ne pas s’enfermer dans une posture négative, voire de victime, qui n’incite guère à l’action, pour adopter des formes de communication proactive ou positive.
Pour Jacques Jaouen, encore président de la Chambre régionale de Bretagne « Nous observons en effet un paradoxe : la production agricole est reconnue comme la plus qualitative et sûre du monde, mais les Français en doutent ou l’ignorent.

L’agribashing serait donc un mélange entre un phénomène réel souvent très violent mais relativement rare et qui concerne des cercles finalement très éloignés de l’agriculture et un phénomène purement médiatique amplifié par la présence récente des agriculteurs et du microcosme « online » sur les réseaux sociaux. Quoi qu’il en soit, ces attaques injustifiées doivent être considérées, par la loi quand c’est nécessaire (intrusion, diffamation) mais ne doivent pas être généralisées à l’ensemble de la population. Par ailleurs, les méthodes de sorties relèveraient plus d’un besoin d’information dans une société où l’on veut tout connaître de ce que l’on mange (provenance, itinéraires techniques, etc..). Traitons donc l’agribashing comme il se doit, en informant sur les bonnes pratiques, c’est à dire les alternatives aux produits phytosanitaires et en répondant au besoin de transparence des consommateurs.

L’agribashing serait alors un terme à proscrire et pourquoi pas à remplacer par un autre qui témoignerait mieux de la situation : l’Agri-gnorance ?

 

Merci à Rémi Mer pour son éclairage sur le sujet.

 

La réorganisation productive en agriculture, qu’est-ce que c’est ?

 

 

Innover en agriculture ? Pas juste une question de technique !

Depuis le milieu du siècle dernier, l’agriculture française a connu de profondes évolutions qui en quelques décennies, ont fortement modifié les modèles économiques et les paysages ruraux. Aujourd’hui, l’agriculture française doit faire face à une nouvelle mutation : les besoins des consommateurs et consommatrices évoluent ainsi que les attentes des citoyens et des citoyennes face au défi majeur du changement climatique  à la santé des écosystèmes, la disponibilité de l’eau, la qualité des sols, etc… Plus encore, la mondialisation continue de rendre les marchés volages et il faut faire face à des fluctuations permanentes des prix.

Confrontée à cette situation sans précédent, l’innovation technique seule suffira-t-elle ? L’agriculture dispose heureusement de nombreux autres atouts dans ses territoires  pour innover.

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Selon Marc Giget, docteur en économie du développement, un récent sondage (Etude OpinionWay, 2016) montre qu’en général, les citoyens réclament des innovations « qui améliorent vraiment la vie » avec comme principales attentes :

  • –  me simplifier la vie (49%),
  • –  préserver l’environnement (42%),
  • –  être accessible au plus grand nombre (41%).

L’innovation en agriculture revêt diverses formes

Les récentes innovations agricoles prouvent qu’une amélioration de la qualité du travail et des produits se fait parfois par d’autres leviers que l’augmentation de la production. L’innovation n’est pas seulement technologique, elle revet diverses formes : elle peut être sociale (management, regroupements, solidarités…), organisationnelle (autonomie fourragère, diversification, valorisation du travail…) ou encore numérique (réseaux d’agriculteurs, application des recherches, techniques…).

Face aux défis, l’innovation est souvent la seule solution. En agriculture, les agriculteurs qui souhaitent augmenter leur capacité de résilience face aux difficultés du siècle à venir se réunissent et innovent souvent de concert pour améliorer leur efficience organisationnelle.

S’agissant tout d’abord du volet économique, dans un contexte marqué par la dérégulation de certains marchés devenus mondiaux, l’objectif principal est d’assurer la viabilité et la pérennité des exploitations et de garantir un niveau de rémunération satisfaisant aux agriculteurs et agricultrices et aux salariés et salariées.

Pour innover, le monde agricole s’ouvre également davantage aux autres secteurs d’activité. Marketing, communication, export, labelisations, règlementations, tous les domaines sont bons pour permettre aux agriculteurs de mieux vivre de leur activité. La très bonne santé du site « miimosa », plateforme de financement collaboratif en agriculture peut en attester, l’innovation agricole se porte bien et elle est souvent le fruit de projets collectifs.

Face à l’urgence environnementale mondiale, l’innovation en agriculture peut devenir un véritable atout en matière de compétitivité. Mais la concurrence internationale entre des produits agricoles européens soumis à des normes sanitaires et environnementales nécessaires décidées collectivement, et d’autres qui n’ont pas ces normes, conduit à une course permanente à la recherche de prix toujours plus bas et peut ainsi impacter la capacité des agriculteurs et des agricultrices européens à innover. Il faut donc parfois se tourner vers de nouvelles formes d’innovations, dont les circuits économiques, sociaux et intellectuels sont en permanence à réinventer.

« Le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous ».  Aristote

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Le projet REPRO-INNOV vise à étudier et à caractériser ces nouvelles formes d’organisation productive au sein des filières agro-alimentaires, à partir d’approches pluridisciplinaires en sciences sociales visant l’analyse des processus d’innovation. L’objectif est de mieux comprendre comment des innovations peuvent ou non favoriser la transition vers des systèmes agro-alimentaires plus durables. Ce projet s’organise en 3 volets de recherche qui visent à croiser des regards complémentaires sur l’innovation régionale dans l’agro-alimentaire : un premier volet porte sur les dynamiques nationales et régionales d’innovations, un second propose des travaux sur les coopératives agricoles et enfin un troisième volet, sur l’articulation entre réseaux d’entreprises et territoires pour des projets innovants.

Plus d’informations : http://psdr.fr/archives/INS413PDFN1.pdf)  

Un des objectifs est donc de mieux comprendre l’influence des dimensions spatiale et de mises en réseau d’acteurs sur les processus d’innovation et sur leurs performances à l’aide d’une méthodologie d’analyse qualitative par entretiens pour comprendre comment les innovations sont mises en place par des acteurs de la filière dans les territoires

« L’innovation n’est pas seulement technologique, elle revet diverses formes »

Les objectifs du projet : étudier et caractériser les nouvelles formes d’organisation productive au sein des filières agroalimentaires

L’innovation est abordée au sens large à la fois dans ses dimensions techniques, organisationnelles et institutionnelles.

Les entreprises mobilisent leurs ressources internes pour innover, mais l’innovation dépend aussi de leur capacité à mobiliser leur environnement externe, qui renvoie à des dimensions sectorielles et de marché, mais aussi à l’environnement géographique et institutionnel. L’innovation s’inscrit donc dans un cadre ouvert, où l’accent est mis sur l’analyse des interactions entre acteurs (co-évolution), tant dans la dimension de coordination entre les acteurs d’une filière que dans celle de la co-existence de différentes formes d’organisation à l’échelle des territoires.

REPRO-INNOV : Réorganisations productives et innovations dans les filières agroalimentaires

Acteurs - filières agroalimentaires - territoire
Cette vidéo a été réalisée par :
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Et si on montait une caisse de solidarité agricole ?

Les caisses de solidarité agricole, un outil du passé pour un avenir plus sûr

Créer ou adhérer à une caisse de solidarité, comment ça marche ?

Les agriculteurs d’aujourd’hui doivent faire face à de nombreux défis : enjeux environnementaux et sociétaux, aléas climatiques, crises sanitaires… mais aussi les imprévus « habituels » : vie privée, santé…

Comment affronter une situation inattendue quand on a déjà à gérer autant de paramètres ?

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Adhérer à une caisse de solidarité peut permettre de faire face à des imprévus qu’ils soient personnels ou professionnels : problème de santé, remplacement sur l’exploitation, faibles récoltes, réparation de matériels, structuration de l’entraide, etc.

Qu’est-ce qu’une caisse de solidarité ?

Une caisse de solidarité est une association de loi 1901. Elle est basée sur une cotisation libre et mensuelle de ses adhérents sur une durée déterminée.

Le concept de caisse de solidarité est ancien et a existé en France, surtout au 19ème siècle. Certaines caisses ont d’ailleurs traversé les temps, les guerres et les différentes époques « politiques », avec des lois plus ou moins permissives.

Les anciennes caisses des Mines (Caisse de l’Union des Industries minières et métallurgiques) en sont un exemple, de même que la caisse du Crédit Agricole ici en France.

Elle prend forme dès lors qu’un groupe de personnes décident de se rassembler pour anticiper ensemble d’éventuels imprévus qu’ils soient heureux ou malheureux (investissement ou projet coûteux, mariage d’un enfant, difficultés sociales ou économiques). Elle dispose d’un cadre réglementaire et permet à ses adhérents de s’appuyer sur la force d’un groupe, que ce soit pour échanger, partager ou dégager des fonds en cas de coups durs.

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Un pour tous, tous pour un !

L’union fait la force… Dans « caisse de solidarité »….il y a…solidarité. Comme son nom l’indique, créer ou adhérer à une caisse de solidarité implique de placer l’humain au premier plan. Il s’agit de ne pas rester isolé en cas de situation inattendue et de s’appuyer sur le collectif pour la surmonter.

Pourquoi adhérer ou créer une caisse de solidarité ?

> Un outil financier complémentaire

En cas de besoin, les fonds constitués permettent aux adhérents :

  • D’emprunter à taux 0
  • D’obtenir des fonds rapidement et sans formalités administratives
  • De bénéficier d’un montant maximum défini par les adhérents et le règlement intérieur

> Un accompagnement social

Une caisse de solidarité est un lieu qui permet de libérer la parole, cette étape est essentielle pour accepter d’être accompagné lorsque l’on est dans une situation difficile.

Au-delà de l’échange et du soutien que l’on peut y trouver, une caisse de solidarité peut aussi impulser une dynamique de territoire en travaillant sur des projets avec d’autres partenaires locaux.

Vidéo réalisée par Miamedia pour la chambre d’agriculture de Dordogne et la caisse de solidarité de Duras.

Pour en savoir plus sur les caisses de solidarité de Dordogne, cliquez ici : le site de la chambre d’agriculture de Dordogne

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Marché cherche semenciers Bio !

 

Vous souhaitez vous lancer dans la production de semences bio ?

Découvre dans cette vidéo réalisée par la FNAB (Fédération nationale des agriculteurs biologiques) les conseils pour y parvenir. Aides, subventions, il existe de nombreux leviers pour se lancer.

Le développement du maraîchage bio est de plus en plus marqué et la demande en semences potagères bio n’a jamais été aussi forte, mais les producteurs et multiplicateurs de semences bio sont encore trop peu nombreux pour y répondre.

Quels sont les défis ? les aides ? les investissements nécessaires ? les relations entre les acteurs ? les risques ?… Semenciers et producteurs multiplicateurs témoignent.

Qu’est-ce qu’une semence biologique ?

Il s’agit d’une semence dont le porte-graine ou la plante parentale (matériel de reproduction végétative) ont été produits conformément aux règles de l’agriculture biologique pendant au moins une génération ou, s’il s’agit de cultures pérennes, deux saisons de végétation (règlementeuropéen 834/2007).

Peu de références économiques sont disponibles en multiplication de semences potagères biologiques. Néanmoins, de grandes tendances peuvent être dessinées. Si les expériences réussies existent, il est important de souligner que la rentabilité économique est néanmoins incertaine pour les multiplicateurs de semences potagères biologiques.

En effet, les rendements bruts sont souvent inférieurs au conventionnel et le marché de la semence bio étant encore réduit et fragmenté, les agriculteurs et les entreprises semencières sont amenés à organiser la gestion de petits lots, ce qui limite les économies d’échelle.

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Les coûts de production sont souvent supérieurs, notamment en raison d’un surcoût de main d’œuvre. De plus, par rapport à une culture de légumes, la culture de semences dure plus longtemps, ce qui accroît les risques au niveau de l’enherbement, des maladies et des ravageurs. Cela est particulièrement vrai pour les bisannuelles. Les étapes de séchage, battage et stockage doivent également être bien maîtrisées. Cependant, de nombreuses exploitations ont réussi à tirer leur épingle du jeu et y ont trouvé une vrai satisfaction économique et humaine. Pierre Durand, semences bio, témoigne :

« Cette production répond à un réel besoin : on manque de semences bio, en quantité et en diversité ! J’aime produire des semences qui sont bien adaptées au mode de production biologique. »

Il est important de bien connaître chaque variété multipliée. Chaque variété est différente, en termes d’itinéraire technique et en termes de productivité. Par exemple, enlaitues, on peut avoir des productivités en graines de 1 à 4 selon la variété.
Parmi les points techniques importants, il y a :

-Bien respecter les calendriers de production en lien avec la variété, en particulier bien respecter les dates de semis.Etre généreux dans la fertilisation.

-Bien maîtriser l’enherbement tout au long de la culture, pour que le tri soit possible après la récolte.

-Favoriser la présence des insectes pollinisateurs pour assurer une bonne fécondation.

-Arroser suffisamment la culture de la floraison jusqu’à la fin du remplissage de la graine.

-Assurer une bonne récolte, afin de perdre le moins de graines possible.

-Bien ventiler et sécher les graines. L’idéal est d’avoir un moyen de sécher les graines.

-Sur la ferme, j’ai des caissons à double fond : j’y dispose les graines et un courant d’air circule en dessous pour que les graines sèchent bien.

C’est incroyable qu’une si petite graine véhicule tant d’informations !

Pierre Dorant : « La production de semences bio est aussi un domaine où il n’y a pas de recettes toutes faites, où il faut innover, créer… C’est très intéressant !Les graines sont étonnantes ! C’est incroyable qu’une si petite graine véhicule tant d’informations ! Le mystère du vivant est bien présent et c’est une dimension qui me plaît beaucoup dans cette activité.
C’est aussi une production qui demande d’être très proche du vivant, de beaucoup observer :observer les plantes, observer les insectes… »

L’offre de semences biologiques s’améliore : il y a de plus en plus de fournisseurs et de variétés référencées et l’on observe une augmentation du nombre de dérogations. Pour plus d’informations sur : http://www.produire-bio.fr ___

Conception : Juliette Fouchère et Mathilde Boitias Coordination : Mathilde Boitias Une production de la FNAB (Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique) avec la contribution financière du compte d’affectation spéciale développement agricole et rural (Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation) Réalisation et montage : Frank Puaux (Tast Production © 2017)

Qu’est-ce qu’un EPLEFPA plus communément appelé Lycée agricole ?

Qu’est-ce qu’un EPLEFPA ou plus communément un Lycée agricole ? from Miamedia TV on Vimeo.

En France, il existe plus de deux cent établissements d’enseignement agricole public. Communément appelés « Lycées agricoles », ces lieux de formation sont également des lieux d’expérimentation scientifique à part entière. Ils offrent la possibilité de co-construire des projets de recherche et de développement et de les diffuser auprès des futurs professionnels de l’agriculture.

La betterave sans pesticides, c’est possible !

Lutter contre les néonicotinoïdes, tueur d’abeilles ou les pucerons verts, tueurs de betterave ?

Depuis la loi sur la biodiversité de 2016, les néonicotinoïdes, un insecticide qui a eu raison du puceron vert de la betterave, est interdit. Si des dérogations sont possibles jusqu’au 1er juillet 2020, leur utilisation sera interdite. De quoi mettre un coup dans l’aile de la production de sucre de betterave en France ?

Les néonicotinoïdes s’attaquent au système nerveux des pollinisateurs, décimant des colonies d’abeilles et autres insectes. Depuis 2000, des scientifiques affirment que même à faible dose, ces substances stérilisent les pollinisateurs ou altère leur mécanisme de reproduction (abeilles et bourdons désorientés, sperme des mâles altéré…).

Si les apiculteurs français constatent une hausse de la mortalité dans leurs ruches depuis l’arrivée des néonicotinoïdes, les betteraviers, eux, estiment que c’est la solution la plus propre. Surtout, pas sûr que la filière, qui a réussi à survivre depuis 1992 au virus de la jaunisse, puisse survivre sans l’utiliser.

 

Pourtant, certains agriculteurs préparent l’avenir et développent les alternatives au néonicotinoïdes. Certains d’entre eux forment le réseau DEPHY, un réseau d’agriculteurs qui expérimentent la vie sans pesticide sur leur exploitation et développent des solutions alternatives.

Les interactions entre la plante cultivée et le reste de son milieu étant multiples, les processus naturels créent des interactions bénéfiques qui favorisent nettement la productivité des cultures et la durabilité des systèmes de production agricole. Or, les pesticides néonicotinoïdes détruisent certains maillons importants de ces interactions,

Des agriculteurs volontaires ont donc cherché à s’appuyer sur ces processus pour influer sur le développement du puceron vert. Un nécessaire retour à une approche systémique

En effet, la gestion des ravageurs nécessite observation, connaissance du milieu et des interactions qui s’y développent, des auxiliaires et de réaliser des tests. Voici quelques pratiques qui en s’appuyant sur le vivant, réduisent la pression parasitaire.

Des solutions de luttes antiparasitaires variées

Les options de lutte antiparasitaire pour éviter l’utilisation des néonicotinoïdes sont variées et peuvent inclure la diversification et modification de la rotation des cultures, les dates de semis, le travail du sol et l’irrigation, l’utilisation de variétés moins sensibles, l’application des agents de lutte biologique dans les zones infestées et en dernier recours, l’utilisation d’insecticides à risque réduit. Ces options sont souvent plus efficaces lorsqu’elles sont appliquées en combinaison dans une stratégie globale de lutte intégrée.

Seuls 6 cas sur 130 sans alternative

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L’utilisation de semences de betterave traitées aux néonicotinoïdes permet aux agriculteurs de ne pas vérifier les attaques d’insectes pendant plusieurs mois. C’est pourquoi certains agriculteurs considèrent ce type de pesticides comme une « solution de confort ». La mise en œuvre de recommandations simples permet pourtant de ne pas utiliser de néonicotinoïdes tout en contrôlant les principales attaques de ravageurs. Comme toujours en agriculture, cette réalité est à nuancer en fonction du terroir et de la pression des ravageurs spécifique à l’exploitation.

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Contre les pucerons :

-Ne pas semer trop tôt

-Ne pas semer dans une terre froide

-Favoriser une croissance rapide des betteraves

-Du fait du développement en foyer, les dégâts des pucerons sur le rendement des betteraves sont localisés et souvent limités.
– Observer la culture et utiliser, si nécessaire, une pyréthrine simple
-La régulation des pucerons se fait généralement naturellement s’il y a un minimum de biodiversité (syrphes, coccinelles, chrysope),condition incompatible avec l’usage des néonicotinoïdes. Les pertes éventuelles seront compensées par l’économie réalisée par l’achat de semences sans néonicotinoïdes.

Contre le taupin :

– Effectuer un travail du sol superficiel pour perturber son cycle de développement en remontant les larves en surface et ainsi les dessècher.
– Des fertilisants naturels peuvent être utilisés pour lutter indirectement contre les insectes du sol, comme le tourteau de ricin (propriétés insecticides et nématicides).

D’après un document publié par l’Anses, dans 89% des cas étudiés, les solutions de remplacement aux néonicotinoïdes se fondent sur l’emploi d’autres substances actives, notamment des pyréthrinoïdes. Mais en revanche, l’étude détermine que dans 78% des cas analysés, au moins une solution alternative non chimique existe.

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