Mieux analyser les eaux souterraines : quels métabolites ?

PROJET ACCES : Accroître les capacités analytiques pour la surveillance des eaux souterraines

Diminuer la présence des produits phytosanitaires dans les eaux souterraines est un des enjeux majeurs de notre agriculture. Si certains produits sont interdits, il existe environ 300 molécules actives autorisées.

Chaque produit peut contenir plusieurs molécules actives, et ces molécules actives, une fois dans les sol, vont progressivement se dégrader en éléments précurseurs : les « métabolites ».

En moyenne, il y a donc jusqu’à 3 métabolites par molécules et 3 molécules par produit. Un produit phytosanitaire peut donc se dégrader en 10 métabolites potentiellement toxiques.

Pour mieux surveiller et contrôler la présence de ces produits actifs, il s’agit d’abord de savoir les détecter ! C’est l’objectif du projet « ACCESS », un projet Ecophyto qui permettra de déterminer « l’empreinte digitale » de chaque métabolite. Une fois mieux connus, il sera possible d’évaluer précisément leur présence dans les bassins de captage.

Durant 3 ans, la Chambre d’agriculture de Dordogne et ses partenaires (indiquer les partenaires en encart texte avec logo dans l’image) vont compiler les données sur les métabolites présents sur le territoire et développer des outils de détection perfectionnés. Leur technique ? La spectromètrie de masse haute résolution. Grâce à cette technique, il est possible de connaître précisément la masse et la charge d’une molécule et de déterminer ainsi sa structure chimique. Le rapport masse/charge mesuré est en effet unique pour chaque molécule et constitue une véritable carte d’identité moléculaire. En Dordogne, un tiers des molécules autorisées sont utilisées. Les captages « Grenelle » d’analyse de l’eau montre une grande diversité de molécules actives malgré une quantité modérée. La Dordogne constitue donc un territoire expérimental idéal pour le développement d’une large base de donnée.

Une fois sélectionnées, les métabolites actifs passent au spectromètre. Les mesures déterminées constituent des étalons fiables pour leur détection. Elles permettent ensuite de constituer un véritable catalogue d’étalons. L’étape suivante sera de réaliser des campagnes de mesures à large échelle, et de déterminer ensuite quelles sont les substances qui ont le plus de chance de se retrouver dans l’eau. 

Si peu de résultats ont été obtenus, le projet ACCES a permis d’initier tout un champs de recherche en agriculture, et d’affiner la compréhension des mouvements des métabolites de produits phytosanitaires des cultures agricoles vers les nappes souterraines. D’autres projets viendront qui permettront à terme d’élaborer des techniques de détection plus précises. Les partenaires auront ensuite pour mission de les diffuser afin que partout en France, les gestionnaires, les décideurs et les laboratoires d’analyses fassent évoluer leurs méthodes de surveillance. Avec une capacité d’analyse accrue, Les acteurs agricoles auront un atout de plus pour répondre aux défis de cet enjeu environnemental majeur.

Trouver de nouvelles méthodes d’analyses pour évaluer la qualité des eaux souterraines

La Chambre d’agriculture est engagée sur 3 ans 1/2 (2019-2022) avec trois autres partenaires dans un projet qui a pour objectif final d’évaluer le risque de transfert entre le sol et les eaux souterraines des molécules dégradées issues de l’utilisation des produits phytosanitaires. 

Quel est l’enjeu du projet ACCESS ?

Le projet ACCESS qui signifie ACcroître les Capacités analytiques pour la surveillance des Eaux Souterraines renferme un enjeu environnemental.

Il est financé par l’Agence Française de la Biodiversité (AFB) dans le cadre du programme ECOPHYTO, mesure phare du Grenelle de l’Environnement.

La Chambre d’agriculture est engagée dans ce projet avec le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), l’Institut de Chimie Organique et Analytique d’Orléans ( ICOA) et le Syndicat Mixte des Eaux de la Dordogne.

L’utilisation des produits phytosanitaires en agriculture est pointée du doigt et leur risque de transfert vers les eaux souterraines est un paramètre à prendre en compte pour limiter la pollution de ces milieux.

En France, il existe environ 350 molécules (substances actives) autorisées pour leur utilisation en agriculture. Dans un produit, il est possible de trouver une ou deux molécules (une ou deux matières actives), comme par exemple dans certains désherbants. A titre de comparaison, dans les médicaments prescrits par les médecins, on peut aussi retrouver plusieurs molécules actives.

Chaque molécule se dégrade et génère l’apparition de métabolites. Pour une molécule il peut y avoir en moyenne deux à trois métabolites issus de la molécule dégradée. Ces métabolites peuvent aussi être transférés vers les eaux souterraines et peuvent être des facteurs de contamination.

En accord avec la Directive européenne 1107/2009, l’Europe demande aux fabricants d’évaluer aussi le risque de transfert des métabolites dans les eaux.

Aujourd’hui l’enjeu du projet ACCESS est de trouver des méthodes d’analyses de l’eau permettant d’identifier des traces de métabolites dans les eaux souterraines qui seraient issues de la dégradation des différentes molécules contenues dans les produits phytosanitaires déjà sur le marché.

Evaluer la qualité des eaux souterraines 

L’objectif pour l’ensemble des partenaires engagés dans le projet ACCESS est de pouvoir aider à prioriser les besoins en développement des méthodes d’analyses.  A terme, ces méthodes permettront d’identifier et de quantifier un certain nombre de métabolites qui seraient inclus dans les programmes de surveillance.

Avant de rechercher, il faut savoir quoi chercher

Avant de pouvoir évaluer la présence ou non de molécules de dégradation dites métabolites dans les eaux souterraines, il faut pouvoir les détecter !

Et pour les détecter, il y a différentes méthodes utilisées dans les laboratoires d’analyse dont la spectrométrie de masse haute résolution qui permet de détecter un panel très large de substances.

Chaque molécule a une signature unique un peu comme l’homme a sa propre empreinte digitale, ce qui permet de l’identifier à coup sûr !

Spectrométrie

Seulement, pour déterminer de façon certaine cette signature, il faut déjà avoir rencontré ou identifié au moins une fois ces molécules, autrement dit disposer d’étalons analytiques. 

C’est là où le projet ACCESS intervient car il permettra de travailler avec un nombre important d’étalons analytiques qui ne sont pas nécessairement facilement accessibles.

L’objectif du projet ACCESS est donc de faire le tri de celles qui ont le plus de risque de se retrouver dans l’eau ou pas, sur la base de campagnes de mesures.

A quel niveau la Chambre d’agriculture intervient dans ce projet ?

La Chambre d’agriculture de Dordogne va contribuer à l’identification et au tri des métabolites. 

Sur le département, il existe un grand panel de cultures et de productions et donc, potentiellement, un nombre important de molécules dégradées issues de l’utilisation des produits phytosanitaires. 

Les caractéristiques géologiques de la Dordogne et sa grande diversité de types de sols font donc de ce département un véritable territoire expérimental dans le cadre de ce projet ACCESS.

De plus, la Chambre d’agriculture peut s’appuyer sur la base des suivis de captages d’eaux prioritaires pour mener à bien ce projet puisqu’elle est aussi engagée dans la préservation des ressources en eau sur le département via les captages « Grenelles ». Elle dispose donc d’un certain nombre de données sur les différentes molécules utilisées dans les traitements en agriculture.

Par sa grande diversité de cultures, l’agriculture en Dordogne utilise environ 1/3 des molécules existantes autorisées en terme de diversité et non pas de quantité.

Créer une base de données de métabolites 

La Chambre d’agriculture va identifier les molécules qui ont un usage prépondérant selon les types de cultures. Sur les périmètres de captages, elle va s’appuyer sur les analyses qui ont permis de détecter certaines molécules et donc potentiellement des métabolites.

Par ces travaux et avec ses partenaires engagés dans le projet ACCESS, la Chambre d’agriculture va participer à l’enrichissement de la connaissance sur la présence de métabolites dans les eaux souterraines.

Les partenaires auront ensuite pour mission de la diffuser afin que partout en France, les gestionnaires, les décideurs et les laboratoires d’analyses fassent évoluer la surveillance de la qualité des eaux souterraine

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :