Serre mobile :un exemple d’auto-construction en agriculture

Les standards des machines agricoles ne sont pas toujours adaptés à toutes les méthodes

Les standards des machines agricoles ne sont pas toujours adaptés à toutes les méthodes culturales et certains outils innovants sont difficiles à trouver. Une bonne solution permettant d’avoir un outil parfaitement sur mesure réside dans l’auto-construction. C’est ce que Victor Bovy, agriculteur à Longirod, a entrepris afin de convertir une de ses serres tunnel en serre mobile. Pour l’aider dans ce processus il a fait appel à l’atelier paysan:

Auto-construire avec l’atelier paysan c’est avant tout apprendre et participer à un perfectionnement constant des prototypes réalisés. C’est également la garantie de savoir ajuster et réparer ses outils en cas de besoin et donc de gagner en indépendance. Les plans développés par l’atelier paysan sont accessibles gratuitement sur leur site dans le but de partager le savoir et de rendre les agriculteurs maîtres de leurs outils. Ils organisent également des formations régulières pour apprendre les bases du travail du métal et de la lecture de plan.

fg

Rester maître de ses outils

Dans ce cas de figure l’auto-construction a permis de recycler une vielle serre tunnel et d’en faire un outil beaucoup plus polyvalent, qui correspond parfaitement aux envies et à la façon de travailler de Victor.

L’auto-construction est donc intéressante à bien des égards; elle permet de développer des solutions adaptées à la variabilité des contextes et des méthodes de travail, de rester maître de ses outils et également de favoriser les échanges et le perfectionnement de machine pour un travail de qualité correspondant au personnalité et aux convictions de chacun.   

dfs

Améliorer la gestion de l’eau dans un atelier laitier

 

La gestion de l’eau dans un atelier laitier

Nettoyage, désinfection, transport, l’eau est une ressource fondamentale pour les filières de transformation agroalimentaire des produits. En fromagerie, il faut en général de 1 à 5 litres d’eau pour transformer un litre de lait  selon le type de produit laitier fabriqué et le type de structure ! Avec le coût qui augmente chaque année et les risques sanitaires existants, l’eau est un véritable enjeu que les établissement d’enseignement agricole et alimentaire ont bien compris. Dans l’atelier de Mamirolle près de Besançon, on a mis en place de nouvelles pratiques pour économiser cette précieuse ressource. 

Pour optimiser leur consommation, l’atelier technologique de l’Enil modernise la partie « nettoyage en place » et développe un système de recyclage partiel de l’eau. Mieux, ils mettent en place un système permettant de réaliser différents tests utilisant de nouveaux produits alternatifs comme les produits enzymatiques. L’idée ? Remplacer les détergents alcalins principalement. Une analyse est ensuite réalisée sur les produits de nettoyage consommés et sur les rejets. Pour cela, toutes les eaux sont mesurées à l’entrée et la sortie du système. 

Sensibiliser les agriculteurs à la ressource en eau

Deuxième étape, sensibiliser les futurs opérateurs, c’est à dire les élèves à la gestion de la ressource en eau. L’idée : que les jeunes étudiants mettent en oeuvre et partagent ces nouvelles pratiques dans leur futur lieu de travail. L’objectif : utiliser moins d’eau tout en  respecteant les normes sanitaires et hygiénique. Ce travail implique activement les étudiants en BTS gestion et maîtrise de l’eau mais aussi ceux de la filière sciences et technologies des aliments

En 10 années, le ratio litre d’eau utilisé par litre de lait transformé a diminué d’environ 40% à l’ENIL de Mamirolle. Un cahier des bonnes pratiques sera disponible dans l’établissement. 

De nouveaux tests sont réalisés régulièrement et permettront de déterminer de nouvelles pratiques qui seront on l’espère les références de demain.

https://vimeo.com/402520371

DEPHY DORDOGNE from Miamedia TV on Vimeo.

Les réseaux Dephy en Dordogne : « ensemble on va plus loin »

https://vimeo.com/402520371Partager, échanger, développer les bonnes pratiques au sein de leurs exploitations, c’est le choix qu’ont fait ces agriculteurs de Dordogne en intégrant le réseau Dephy. Ensemble, ils se sont lancé un objectif précis : moins 50% d’utilisation de produits phytosanitaires sur leurs exploitations d’ici 2020.

Action phare du plan Ecophyto, le réseau Dephy est une opération nationale visant à stimuler l’innovation et découvrir des alternatives aux pesticides. En France, ils sont plus de 3000 agriculteurs à participer à cette expérience grandeur nature. En Dordogne, c’est quatre réseaux Dephy qui ont vu le jour, en viticulture, mais aussi en polyculture élevage ou encore pour la culture des noyers et des fraises. 

Parce que chaque terroir est différent, il n’y a pas de recette toute faite : pour savoir si une pratique est efficace il faut la tester. Les agriculteurs du réseau Dephy se réunissent donc souvent pour observer les parcelles expérimentales de leurs partenaires. Couverts végétaux, rotations, biodiversité, observation des cultures, autant de techniques développées pour moins utiliser les pesticides, et du même coup réaliser des économies. Les 48 fermes de Dordogne abritent des « agriculteurs chercheurs » qui ont le goût de leur métier.

444

Les agriculteurs du réseau Dephy Dordogne ont d’ors et déjà réussi à diminuer de 30% leur consommation d’intrants et ont testé de nombreuses techniques culturales innovantes.  Les économies réalisées et l’émulation des projets leur a également permis de lancer des projets originaux avec le concours de leur région. Plus encore, en échangeant ensemble, ils ont développé du lien social et ont développé une attache nouvelle à leur territoire. Pour rejoindre le réseau Dephy, rendez-vous vite sur le site de la chambre !

Le réseau DEPHY, réseau de Démonstration, Expérimentation et Production de références sur les systèmes économes en phytosanitaires constitue une action majeure du plan Écophyto.

333

Ce réseau a vocation à développer, mutualiser et diffuser les expériences réussies de systèmes de culture réduisant fortement l’usage des produits phytosanitaires. Il permet entre autres d’acquérir des références sur des systèmes de culture déjà économes en produits phytosanitaires et sur des systèmes évoluant vers une diminution de l’usage de pesticides.

Le dispositif FERME est composé de groupes d’exploitations (1 900 fermes) qui couvrent les cinq types de productions que sont la polyculture-élevage, les grandes cultures, l’arboriculture fruitière, les productions légumières, la viticulture, l’horticulture et les cultures tropicales.

111.png

Le dispositif EXPE encourage les expérimentations de pratiques et systèmes de cultures économes en pesticides, en stations expérimentales ou sites ateliers. Toutes les filières de production végétale sont éligibles, qu’il s’agisse de cultures annuelles ou pérennes.

La région Nouvelle-Aquitaine est celle qui compte le plus grand nombre de réseaux de fermes.
Elle compte en effet 45 réseaux animés chacun par un ingénieur et coordonnés par 9 ingénieurs territoriaux. Ces 45 réseaux de fermes réunissent 506 agriculteurs et se répartissent sur le territoire de la façon suivante :

Filière Aquitaine Limousin Poitou-Charentes Total
Polyculture-élevage 2 4 8 14
Viticulture 8 5 13
Grandes cultures 1 4 5
Arboriculture 2 1 2 5
Maraichage/légumes 1 2 3
Maraichage/fruits rouges 1 1 1 3
Horticulture/pépinières 2 2
Total 17 8 20 45

Pour en savoir plus :

Le réseau DEPHY Objectifs et organisation – Extrait de la Synthèse 2014

Accompagner l’évolution des compétences de l’Ingenieur Réseau – Extrait de la Synthèse 2014

Méthodes & Concepts – Extrait de la Synthèse 2014

Un réseau qui partage son expérience – Extrait de la Synthèse 2014

 

Agriculture : les labels qui comptent

« AB », « Nature et Progrès », « Demeter », « UTZ », « Max Havelaar », demain la terre, les labels fleurissent comme les cerisiers au printemps. Pourtant si certains relèvent d’une vraie démarche de qualité, certains s’apparentent à des opérations commerciales dont la mis en oeuvre peut-être limitée.

Si le nombre de ces labels s’est fortement accru dans les années 2000, c’est que le marché de ces produits « durables » ou « éthiques » croît rapidement dans un contexte économique plutôt déprimé. En 2019, le bio a encore fait un bon avec 10% des surfaces agricoles françaises qui sont cultivées en Bio, contre 1 à 2 % dix ans plus tôt.

Miamedia vous aide à faire le tri sur les différents labels et vous propose de découvrir en vidéo ce  label innovant qui valorise les bonnes pratiques sur les exploitations de ces adhérents. C’est également un des seuls labels portés par des agriculteurs.

Le label BIO européen

Tous les produits vendus en Europe qui souhaitent se dire issus de l’agriculture biologique doivent faire figurer le logo européen, sauf tolérance pour écouler les stocks antérieurs.

Dans tous les cas où il est utilisé, doit figurer l’indication du lieu de production des matières premières agricoles composant le produit : «Agriculture UE», «Agriculture Non UE» ou «Agriculture UE/non UE».

L' »Eurofeuille » garantit au minimum que le produit :

  • est en pleine conformité avec les conditions et réglementations de l’Union européenne sur l’agriculture biologique (voir règlement 834/2007).
  • porte le nom du producteur, du préparateur ou du distributeur, ainsi que le numéro d’agrément de l’organisme de certification.

Lorsqu’il est transformé, que le produit :

  • contient 95% ou plus de composants issus de l’agriculture biologique.

Quels sont les engagements du label ?

Culture

  • Garantie sans pesticides chimiques.
  • Sans traitements chimiques après récolte.

Elevage

  • Alimentation sans pesticides chimiques et composée de céréales.
  • Une interdiction de traces d’OGM en dessous des 0,9 % est admise.
  • Un recours limité aux traitements vétérinaires et aux médicaments.
  • Le bien-être des animaux garanti par un espace minimal et un accès au plein air.

Le nouveau règlement autorise la mixité, autrement dit une même exploitation peut produire du bio et du non bio.

Qui certifie ?

Le label européen est accordé après certification par des organismes indépendants comme Aclave, Agrocert, Ecocert… Un contrôle doit être effectué au moins une fois par an.

Le label BIO français : AB

Créé en 1985, le logo AB est la propriété du ministère de l’Agriculture, qui l’attribue aux producteurs qui en font la demande après certification par les organismes compétents (Ecocert, Agrocert…).Depuis le 1er janvier 2009, aucune en théorie. Propriété exclusive du ministère de l’Agriculture et de l’alimentation, le label AB s’est aligné sur les normes du label bio européen, tout comme ses équivalents nationaux européens. En effet, l’Union européenne a décidé en 2009 de mettre fin à la multiplicité des cahiers des charges nationaux sur le bio. Autrement dit, la présence des labels bios nationaux sur les produits est désormais optionnelle.

Du coup, comme certains considèrent cette homogénéisation comme une atteinte à la crédibilité du bio, de nouveaux labels « plus exigeants » ont vu le jour en France.

C’est la raison pour laquelle de nouveaux  labels plus exigeants ont vu le jour et côtoient le label bio européen sur les emballages des produits français.

infographie-labels-bio-678x381

Le label Bio Cohérence

Créé par de nombreux partenaires, dont la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab), les Eleveurs bio de France, ainsi que les magasins Biocoop, Biomonde et ProNatura.

Réunis au sein de l’association Alternative Bio en 2009, ils proposent un cahier des charges plus exigeant que celui décidé par l’Europe.

Quels sont les engagements du label ?

En plus des critères européens, Bio Cohérence impose des engagements spécifiques :

  • Pas de coexistence bio/non bio.
  • Au moins 50 % des aliments pour les animaux doivent être produits sur la ferme, 80 % pour les herbivores.
  • Une interdiction totale de traces d’OGM.
  •  100 % d’ingrédients bio dans les produits transformés.
  • Les traitements vétérinaires plus restreints

Qui certifie ?

Bio Cohérence demande aux agriculteurs qui souhaitent disposer du label de passer par un organisme certificateur extérieur (Ecocert, Qualité France, etc.).

Le label Nature & Progrès

Nature & Progrès est la marque de l’association du même nom, qui a aussi développé le Salon Bio Marjolaine.

Les produits Nature & Progrès ne sont pas tous porteurs du logo bio européen : certains sont passés par la certification propre à Nature & Progrès, mais pas par la certification bio leur permettant d’afficher le logo européen. A noter que 70% des produits cumulent les deux labels.

Quels sont les engagements ?

Ils vont au-delà des critères européens sur plusieurs points :

  • Exploitation complètement en bio.
  • Une alimentation 100 % bio en priorité sous mention Natures & Progrès.
  • L’interdiction totale des OGM.
  • Environnement extérieur protégé : pas de ferme Nature & Progrès à moins de 500 m de grandes voies routières ou en aval d’exploitations agricoles polluantes ; un aménagement du domaine afin de préserver les ressources collectives (nappes phréatiques, etc.).

Qui certifie ?

L’association Nature & Progrès critique les systèmes de certification par des organismes extérieurs parce qu’ils sont coûteux. Avec l’objectif de renforcer les liens des agriculteurs entre eux et avec les consommateurs, Nature & Progrès a donc mis en place un «système participatif de garantie».

Les contrôles annuels sont effectués par un groupe de membres de l’association, composé d’individus différents tous les ans, et qui sont soit des agriculteurs soit des consommateurs.

supermarche-bio-label-ab-etiquette_5912348

Le label Equitable Ecocert

Le logo Equitable Ecocert garantit la conformité des produits au cahier des charges Equitable, solidaire et responsable (ESR), élaboré et contrôlé par le groupe Ecocert.

Le principe : un acheteur du Nord s’engage à acquérir auprès d’un groupe de producteurs du Sud certaines quantités d’un produit à un prix maximal garanti.

Quels sont les engagements ?

  • Les produits ESR doivent tous porter le label bio européen.
  • Tous les produits doivent être réalisés de façon sensément équitable : respect des travailleurs, rémunération juste, interdiction de faire travailler les enfants, etc. Le cahier des charges prévoit également la mise en place d’un fonds social et l’accompagnement des producteurs, l’établissement de relations de longue durée, la possibilité d’un préfinancement des récoltes, etc.
  • Le cahier des charges fixe également des règles pour limiter l’emballage et le transport jusqu’au consommateur final, sans précision précise.

A noter que deux mentions peuvent figurer sur l’étiquette :

«Produits alimentaires équitables ESR» : 95 % au moins des ingrédients ou matières premières sont issus des filières ESR.
 «Produits alimentaires contenant des ingrédients équitables ESR» : 25 % d’ingrédients ou matières premières sont issus de filières ESR.

Qui certifie ?

Le certificateur Ecocert.

Le label Bio Equitable et Bio Solidaire

Fondée en 2002 par plusieurs entreprises travaillant dans l’importation et la transformation de matières premières venues des pays du Sud (argan, gingembre, coton, quinoa…), l’association s’est depuis diversifiée dans le commerce Nord-Nord.

Les deux labels renvoient respectivement aux deux activités : Bio Equitable pour les produits du Sud, et Bio Solidaire pour le Nord.

Le principe : un soutien aux petits producteurs pour qu’ils renforcent leur capacité d’action collective et qu’ils puissent vivre décemment de leur production.

Quels sont les engagements ?

  • Conformité au règlement bio européen.
  • Contractualisation de la relation entre opérateur et producteurs
  • Un prix minimum garanti d’achat aux producteurs locaux.
  • Respect des droits élémentaires et fondamentaux de la personne.
  • Développement d’une agriculture durable et maintien du tissu local

Qui certifie ?

La marque Bio Equitable s’est rapprochée d’Ecocert. Ecocert certifie toute la production tant pour l’aspect bio que pour l’aspect équitable avec son référentiel ESR (Equitable, Solidaire, Responsable).

labels-bio.jpg

Les labels AOP, IGP, STG

IGP : Par exemple : les mentions fraises de Carpentras ou melons de Cavaillon. Ce sont des Indications géographiques protégées, certaines variétés de fraises ou de melons doivent avoir un taux de sucre garanti par exemple.

AOP : L’Appellation d’Origine Protégée doivent nécessairement être liées à la zone géographique d’origine et à la méthode de production afin de renforcer les garanties pour producteurs et consommateurs. A noter que l’AOC signifient appellation d’origine  contrôlée est pour laFrance et l’AOP est la mention européenne. La validation de l’AOP ne peut se faire que si celle de l’AOC est finalisée.
La présence de ces labels permet aux produits du terroir de conserver leur originalité et leur authenticité. Les règles qui les régissent se trouvent dans un cahier des charges, et font l’objet de procédures de contrôle par l’INAO (Institut National des Appellations d’Origine).

STG : Le terme traditionnel, par exemple, renvoie à une recette transmise entre générations, d’une ancienneté d’au moins 30 ans; le terme garantie, qui correspond à la reconnaissance du produit par le biais d’une inscription sur un Registre ad hoc.

Ces produits traditionnels peuvent représenter un atout non négligeable pour certaines régions, certaines zones rurales voire même d’autres zones désavantagées d’un point de vue économique. Grâce à l’ainsi-dite clause ex officio, tous les États membres sont tenus de lutter contre d’éventuelles contrefaçons de produits protégés (comme ce fut le cas pour la célèbre affaire du « parmisan ») même s’ils proviennent d’un autre pays.

label-bio

Les labels Demeter et Biodyn

S’inspirant des réflexions de Rudolf Steiner, le mouvement international de la biodynamie est né au début du siècle face aux premiers dégâts de l’agriculture productiviste.

Quels sont les engagements du label ?

  • L’utilisation de préparations naturelles spécifiques destinées à «vivifier» la terre.
  • Un appui sur les flux énergétiques du sol et des astres.
  • La limitation de la taille des exploitations.
  • La réutilisation maximale des sous-produits de l’activité (déchets végétaux et animaux).

Qui certifie ?

La première année, l’association se charge de contrôler les producteurs qui souhaitent se convertir à la biodynamie. Les années suivantes, des certificateurs officiels (Ecocert et Qualité France) contrôlent sur la base du cahier des charges de Demeter et de Biodyn.

Le label « Demain la terre »

La Charte Demain la Terre® vise à apporter aux consommateurs les preuves crédibles de l’engagement des producteurs, axé sur trois priorités : la santé, la qualité et le respect de l’environnement.

Cette Charte s’articule autour de trois points cruciaux : crédibilité, mieux-disant, lisibilité. Elle est composée d’une soixantaine de critères objectifs, précis et mesurables qui vont plus loin que la réglementation en vigueur. Elle a été conçue en tenant compte de la diversité des pratiques culturales, de manière à être universellement applicable.

https://www.youtube.com/watch?v=rZy0XiAf_TQ

Quels sont les engagements ?

– S’associer à la Nature dans la lutte contre les nuisibles
– Développer des solutions alternatives pour limiter le recours aux molécules chimiques
– Suivre la présence éventuelle de résidus dans les fruits et légumes et en faire disparaître toute trace

– Réduire la consommation en eau
– Réduire la consommation
– Maîtriser les rejets pour éviter la pollution des nappes et des rivières

– Privilégier les apports d’engrais naturels
– Etudier et maintenir l’équilibre naturel du sol
– Utiliser durablement les substrats de culture

– Maintenir et préserver les écosystèmes en place
– S’intégrer au paysage local
– Contribuer à la survie des abeilles

– Mesurer l’empreinte de gaz à effet de serre notamment le CO2
– Optimiser la consommation des énergies fossiles
– Utiliser les énergies renouvelables pour apporter une empreinte positive

– Recourir au tri sélectif et au traitement des déchets

– Valoriser les déchets de productions
– Réduire les emballages notamment plastiques

– Maintenir la vitalité des régions de productions
– Renforcer les liens avec toutes les parties prenantes identifiées
– Mettre en œuvre une stratégie d’entreprise responsable

– Promouvoir un travail de qualité, plus humain et solidaire
– Participer à l’équilibre alimentaire des plus défavorisés

Qui certifie ?

Un Comité de contrôle a été constitué en 2010. Il est composé autour des représentants des producteurs de Demain la Terre et d’acteurs indépendants. Ce sont donc en partie des agriculteurs qui certifient leurs pairs.

Que fait le Comité de contrôle de Demain la Terre ? Il reçoit les audits, les questionne, valide ou infirme les candidatures à la Charte Demain la Terre® et pilote les évolutions du référentiel. Il donne enfin ses recommandations sur les actions à mener suite aux audits dans une démarche de progrès continu.

Les labels qui n’ont pas de regard sur les itinéraires techniques agricoles

Certains labels parmi les plus connus ne s’intéressent pas aux pratiques agricoles à l’origine de leurs produits.

Le label « Produit de l’année »

Le label « produit de l’année » est le résultat d’une opération commerciale. Les produits en lice seront soumis aux tests produits de 10.000 consommateurs. Les directeurs du marketing doivent impérativement  veiller à ce que les innovations répondent aux desiderata des consommateurs, qui ne sont pas toujours un gage de qualité environnemental. A noter que le Produit de l’Année doit « apporter une vraie valeur au consommateur par un positionnement différent ».

Le label « saveur de l’année »

Un jury est réuni au printemps et le signe est valable pendant un an. De vraies dégustations, avec 60000 tests à l’aveugle et 10000 consommateurs sont organisées.

En revanche, sans exigence particulière sur le nombre de produits testés (ce sont les industriels qui inscrivent les produits), un produit peut-être lauréat face à un ou deux concurrents seulement. Des produits bien meilleurs, qui n’ont tout simplement pas concourru, existent peut-être sur le marché !

Le logo « saveur de l’année » est avant tout un enjeu marketing pour les professionnels qui souhaitent dynamiser leurs produits.

Le label « Concours général agricole »

Créé en 1870, le Concours général agricole (CGA) est un concours français encourageant et valorisant les filières agroalimentaires françaises. Le CGA est encadré par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation (MAA) et le Centre national des expositions et concours agricoles (CENECA) et récompense les meilleures productions agricoles et transformations agroalimentaires du territoire national inscrites au concours.

Il se décline en cinq concours qui récompensent les produits, les vins, les animaux et les jeunes professionnels. Encadré par l’État français afin d’en garantir l’impartialité, le Concours général agricole attribue des distinctions sous forme de médailles (or, argent et bronze), de diplômes et de prix, dont le Prix d’Excellence. Le symbole officiel présent sur chaque récompense est la feuille de chêne figurant également sur le logo et déposée à l’Institut national de la propriété industrielle.

Le Concours général agricole est organisé dans le cadre du Salon international de l’agriculture se déroulant tous les ans à Paris Expo Porte de Versailles.

Pour beaucoup il y a trop d’élus. Un tiers des produits présentés sont médaillés. On peut penser que ce ne sont pas les meilleurs vins qui sont obligés de participer à ce concours. Les très bons n’en ont pas besoin…

homme-caddie-supermarche-rayons-courses_5951726.jpg

La France comptabilise plus de 1 000 produits sous signe de qualité, et leur chiffre d’affaire s’élève à plus de 30 milliards d’euros en 2019, soit un tiers de la production agricole totale.
Face à la multiplication des labels, le Conseil Économique Social et Environnemental souhaite modifier les labels actuels et mettre en place un nouveau sigle « d’agriculture biologique locale et équitable ».

Le but étant de simplifier la lisibilité des produits labellisés pour les consommateurs.

En France, les acheteurs consomment pour 8,7 milliards de produits bio par an, alors que la production est France n’est que de 4 milliards d’euros.
Pour satisfaire la demande toujours plus croissante des consommateurs, les importations de produits bio sont inévitables et l’objectif de ces nouvelles règles est d’assurer plus de traçabilité et de qualités.
En plus d’un cahier des charges bien précis, des critères sur le « local » et « l’équitable » seront rajoutés.

Ces règles s’appliqueront à partir de 2021 à toute la chaîne du bio, des producteurs aux distributeurs en passant par les transformateurs.

Un projet de recherche en agriculture à valoriser ? Contactez vite Miamedia !

 

Breakslip : des culottes pour la biodiversité

 

 

La mise en place de ce protocole est inspirée d’une démarche mise en oeuvre chez nos voisins britanniques engagés dans le projet RiskAquaSoil.

Il s’agit d’enfouir des culottes 100% coton dans le sol pendant 8 semaines afin de vérifier son activité agronomique et de démontrer que la qualité des sols peuvent être des éléments de réponses aux enjeux climatiques.

Pourquoi utiliser des culottes ? 

Simplement parce que dans certains cas l’activité biologique est si intense que le textile s’en trouve tellement dégradé qu’il serait impossible de le retrouver au bout des deux mois.

L’avantage d’enfouir une culotte est qu’elle comporte des élastiques et des coutures qui ne se dégradent pas, on peut donc retrouver le sous-vêtement sans difficulté afin de l’étudier.

Communication_BreakSLIP

En France, cette démarche expérimentale et scientifique a déjà été mise en place par certaines Chambres d’agriculture dans le but de comprendre l’impact des pratiques agricoles sur la qualité de la terre.

En Dordogne, la Chambre d’agriculture a décidé de s’appuyer sur les agriculteurs engagés dans le réseau DEPHY pour mettre en place ce protocole ainsi que sur ses techniciens référents en agronomie.

Une demande de partenariat a été initiée auprès d’une marque de lingerie engagée dans une démarche environnementale afin de pouvoir bénéficier de culottes de qualité pour favoriser la réussite de cette expérimentation. La marque de lingerie en coton biologique Olly, a répondu favorablement à notre demande.

Les culottes ont été enfouies en Bergeracois sur une exploitation viticole dans deux sols aux activités biologiques présumées plus ou moins intenses pour démontrer l’intérêt d’un sol en bonne santé dans un contexte de changement climatique.

Enfouissement_Bergerac_9Avril2019-2

Breakslip, et c’est le déclic ! 

Enterrer une culotte pour étudier la vie des sols ? C’est osé, mais très sérieux ! Cet événement original qui est en fait un véritable protocole scientifique a vu le jour en Grande-Bretagne pour susciter une prise de conscience sur le rôle de la vie dans le sol. En effet ces culottes 100% en coton vont livrer de nombreuses informations sur leur terroir d’adoption. Après 8 semaines enterrées à 20 cm sous terre dans trois types de sols différents, voici le verdict :

Pour Anthony Castaing, viticulteur bergeracois, chez qui les culottes ont été enterrées :  « il reste l’élastique »

Plus le sol est vivant, plus il se structure. Aéré et filtrant, il contient une meilleure réserve utile en eau. Les insectes, mollusques et surtout les bactéries et les champignons travaillent le sol naturellement profit des cultures. Sans activité biologique forte, les sols sont vite plus compacts et subissent plus durement l’érosion. En cas de fortes précipitation notamment, un sol sans vie absorbe moins l’eau et cela peut augmenter le ruissellement, le lessivage des terres ou même accentuer les crues. Or, avec l’évolution programmée du climat, les événements climatiques extrêmes risquent fort de s’accentuer dans la région. 

Connaître la vie des sols et surtout les paramètres qui l’influence est donc un véritable enjeu pour l’agriculture européenne. Le projet Breakslip a été mené avec succès chez nos voisins anglais pour faire un bilan de l’état des sols.

Huit semaines ont passé et les culottes sont entièrement consommées ! … Terminées pour elles… et c’est tant mieux ! Si la culotte est dégradée c’est que la flore microbienne les microbes et bien sûr les vers de terre et autres mollusques sont bien présents.

csm_Avant-apres_BreakSLIP_42ad771da0-2

Cultiver avec des couverts végétaux, des légumineuses et des graminées peuvent attirer plus de vie sur une vieille vigne. Sur une vigne plus jeune qui a été labourée récemment, les culottes du viticulteur sont moins dégradées… mais aussi riches d’enseignements !

En effet, le résultat est tout de même positif. Anthony a pu en déduire plusieurs informations. Le passage du tracteur a pu compacté les sols et surtout il a pu mesurer l’impact des couverts végétaux sur les terres où les culottes sont le mieux dégradées. D’autres informations viendront. Il s’agit d’en avoir un maximum pour constituer un tableau croisé des paramètres qui influencent la vie des sols. A travers le projet Breakslip, c’est donc un projet de recherche global en agronomie.

Travailler ensemble pour améliorer la résilience des sols face aux évolutions climatiques mais aussi améliorer la fertilité et la structure des sols pour une meilleure productivité, c’est le pari réussi de l’équipe Breakslip. Ce projet qui a déjà été appliquée en France attend toujours nouveaux adeptes. Alors si vous avez un bout de terrain et que vous souhaitez faire le test : plantez vos culottes ! Et partez à la découverte de la vie de vos sols.

Les partenaires techniques et financiers du #BreakSLIP

Ce projet bénéficie du soutien financier de l’Union Européenne via le programme Interreg Espace Atlantique.

Le #BreakSLIP est porté par la Chambre d’agriculture de Dordogne en partenariat avec :

  • Les viticulteurs du Bergeracoisengagés dans le réseau Déphy (agriculteurs engagés dans une démarche de réduction de l’utilisation des produits phytos – Plan Ecophyto)
  • Olly, la marque de lingerie en coton bio, fournisseur des culottes 100% coton qui servent de socle à la mise en place du protocole

LOGO_CHAMBRE

Fichier 1@4x

Cette vidéo a été réalisée par miamedia. Un projet de recherche en agriculture à valoriser ? Contactez nous vite !

Résilience paysanne : comment développer le self-service ?

Vente directe et self service en agriculture : l’exemple suisse. from Miamedia TV on Vimeo.
En reportage dans le Canton de Vaud, en Suisse, il n’est pas rare d’y croiser des self service chez les agriculteurs. Frigidaire à lait, self directement sur l’exploitation, petit magasin de village, le self est à la mode et permet aux agriculteurs de la région de réaliser des ventes en local et avec un temps de travail et de disponibilité limité.

Dans cette vidéo réalisée pour la Direction Générale Agricole du canton de Vaud, nous vous présentons le self du village de Puidoux monté par un collectif d’agriculteurs innovants.

self1

Si la pratique, peu couteuse et efficace n’est pas encore souvent mise en place, c’est souvent par peur des vols et par manque de compétences en communication. Mais le numérique pourrait bien changer les mentalités, notamment avec la facilité à prendre en charge les paiements numériques. Le paiement par téléphone notamment, permet aux clients de payer sans avoir de monnaie ni même de carte bancaire. Des systèmes de caméra surveillance peuvent également être utilisé pour prévenir les vols.

Si de plus en plus d’agriculteurs passent sur les réseaux sociaux, c’est aussi parce qu’ils comprennent la possibilité de faire de meilleur marge grâce à la vente directe et donc via la communication. Le self service devrait se développer à mesure que la vente directe augmente.

self2

Si certains estiment que le « libre service » diminue la rencontre directe entre vendeurs et acheteurs, d’autres arguent du fait que les selfs service étant souvent placés sur l’exploitation, ils permettent au contraire de la remettre symboliquement au centre du circuit.

self3

Agriculture : Créer son espace de vente directe

Un espace de vente directe innovant a vu le jour en plein centre du village de Puidoux , à une quinzaine de kilomètre de Lausanne. Sur l’initiative de Laurent Chaubert, plusieurs producteurs de la région se sont regroupés pour offrir une diversité de produit locaux à la population.

Le magasin fonctionne en libre-service et est ouvert entre 8 et 20 h tous les jours de la semaine. Les clients ont la possibilité de payer par TWINT ou en cash et le local est maintenant équipé d’une caisse spécifique avec tous les articles enregistrés. 

Afin d’assurer un minimum de surveillance et la bonne conduite du magasin, un système de surveillance caméra a été installé, permettant à Laurent de garder un œil sur son magasin en tout temps via son smartphone.

self4

Grâce à la collaboration de plusieurs producteurs, l’offre est généreuse et fait le succès de ce self-service. Pain, fromage, œufs, sirop, charcuterie, viande, huile et divers produits de saison sont disponibles.

Le magasin n’est pas à but lucratif et ne prend qu’une marge minimal pour assurer son fonctionnement, ceci afin de rémunérer au mieux les producteurs et d’offrir des prix intéressants pour les consommateurs.

Cette initiative permet ainsi de rapprocher consommateurs et producteurs et de favoriser l’économie circulaire et la consommation locale.

L’ouverture d’un espace directe permet donc de diminuer la dépendance d’un agriculteur face aux acheteurs en diversifiant ses canaux de distribution. Ce faisant, il augmente sa capacité de résilience face aux aléas des marchés. Mais plus encore, ce projet montre que la vente directe peut être un vecteur d’innovation : il a d’ors et déjà permit d’augmenter la diversification de plusieurs exploitations agricoles et de réunir producteurs et consommateurs.  

Vidéo réalisée par Miamedia

Merci à la DGAV pour son éclairage sur le sujet.

Les variétés anciennes : c’est moderne !

 

La résilience de l’agriculture est l’un des cinq objectifs majeurs de l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Il est possible de créer des conditions favorables à l’émergence d’innovations. Ainsi, la création d’un ecosystème pluridisciplinaire rendant les interactions entre acteurs de différents horizons (agriculteurs, ingénieurs, distributeurs, économistes, consommateurs, chercheurs et même artistes) permet d’éclairer un besoin sous une multitude d’angles, de partager les idées et de révéler des opportunités. La quantité et la qualité des innovations dépendent grandement du nombre d’erreurs accumulées. Il est donc nécessaire de créer les conditions et de mettre à disposition les outils permettant de tester les idées rapidement et à moindre frais. L’innovation est également un état d’esprit particulier qu’il s’agit de développer et de cultiver.

 

C’est dans ce cadre qu’est né le projet « Résilience paysanne » porté par la DGAV, la Direction Générale Agricole du canton de Vaud, en Suisse.

Première vidéo de ce projet : la culture de variétés anciennes.

miamedia7

Planter des variétés anciennes pour améliorer la résilience de son exploitation : 

Rendre son exploitation agricole plus autonome voici le pari gagnant que Cédric Chezeaux, agriculteur, et sa famille à Juriens ont décidé de relever.  Après la reprise de la ferme familiale en 2005 et la reconversion de l’exploitation en bio en 2007. Cédric prend  un nouveau tournant majeur et décide d’arrêter l’élevage de vache laitière en 2013

Cédric décide de se tourner vers les variétés rustiques de céréales qui offrent une meilleure adaptation au terroir ainsi qu’aux conditions climatiques. Ces variétés ont également une bien meilleure tolérance face aux maladies et demandent moins de traitements ce qui diminue les coûts de machinisme. De plus, en favorisant les circuits-courts, Cédric arrive à obtenir un prix rémunérateur pour ses différentes productions.

Afin de valoriser ses céréales, Cédric a opté pour la production de farine et s’est équipé d’un moulin Astrié, nom tiré des frères qui l’ont inventé. Ce moulin s’adapte particulièrement bien aux petites structures et produit une farine de qualité. Avec l’arrivée du moulin sur l’exploitation, Cédric à du acquérir de nouvelles compétences.

Pour Cédric Chezeaux, développer de nombreux partenariats avec des artisans boulangers, mais également une étroite collaboration avec d’autres producteurs portés par les mêmes valeurs sont la clé de son succès. 

En développant son projet, Cédric a gagné en autonomie et en liberté, a diversifié sa clientèle créé de nouveaux partenariats. Il s’est ainsi ouvert sur une agriculture correspondant à ses valeurs et pleine de perspective.

miamedia8

Plus de diversité génétique dans les champs pour une agriculture plus durable

2La diversité génétique devrait jouer un rôle essentiel dans ce modèle, en contribuant à l’adaptabilité et à la résilience face aux stress dans des systèmes à bas intrants [5,6] :

  • les variétés sélectionnées pour leur haute productivité dans des conditions de culture intensive ont peu de chance d’être adaptées à des conditions plus variables, spécialement dans un contexte de réduction des intrants. Il est attendu de la diversité génétique une régularité de la production et une adaptabilité à des conditions changeantes – même si ces prédictions théoriques ont été insuffisamment évaluées en pratique [7] ;
  • la durée de vie des variétés commerciales est de l’ordre de cinq ans, et les gènes de résistance aux maladies sont contournés dès qu’ils sont déployés sur une certaine surface de culture. L’association en mélange de variétés porteuses de gènes de résistance différents, et de façon générale, l’accroissement de la diversité génétique des peuplements, doit permettre d’augmenter la durabilité des résistances [8,9] et de prolonger l’utilisation de ces variétés ;
  • la variabilité génétique des plantes cultivées est susceptible de favoriser la diversité spécifique et infra-spécifique des autres communautés d’un agro-écosystème, et ainsi d’améliorer les services écologiques (contrôle des maladies, régulation des phytophages, symbioses mycorhiziennes, fertilité du sol…).

La réduction des intrants induit plus de différences entre les milieux et entre les conditions de culture, et les environnements pour lesquels on cible la sélection (environnements cibles) deviennent alors trop différents entre eux pour qu’il soit possible de sélectionner une seule variété qui soit performante partout [10,11]. De nombreuses expériences montrent que des génotypes différents répondent différemment lorsqu’on les confronte à des environnements très contrastés (interaction Génotype x Environnement, GxE).

Il convient alors de développer des variétés ou populations adaptées spécifiquement aux conditions locales (environnement, sol, climat, pratiques agricoles, débouchés…) et/ou génétiquement hétérogènes et donc plus adaptables aux milieux différents. Dans ces conditions, on est incapable de prédire la performance des populations et des variétés dans leurs milieux cibles à partir d’une évaluation en conditions optimales (ex : station expérimentale de sélection). C’est pourquoi seules une évaluation et une sélection décentralisées, c’est-à-dire réalisées dans les environnements cibles avec une analyse des interactions GxE, permettront d’identifier les meilleures variétés ou populations pour chaque environnement cible .

Pastoralisme : le retour !

 

Le pastoralisme : un enjeu fondamental pour les territoires

Le pâturage pour dynamiser un paysage, c’est possible ! Dans le sud-ouest de la France, des éleveurs réinvestissent la pratique du pastoralisme sur des surfaces en déprise.

Les avantages du pastoralisme sont nombreux. Tout d’abord, les terres non entretenues favorisent le risque d’incendie. La forêt reprend si vite ses droits qu’elle ferme les paysages. Or, d’après les recherches du Cairn, un changement dans la structuration de la nature a de nombreuses implications économiques et sociales. Tourisme, risque incendie mais aussi tissu social lorsque des zones rural sont enclavées, tous ces secteurs sont impacts par la fermeture des paysages.
En Dordogne, le taux de boisement approche 50% et ce chiffre augmente chaque année. Un équilibre est donc à rechercher et la forêt a besoin d’être entretenue en créant ou en maintenant des espaces ouverts. Et pour ce travail technique, les brebis sont toutes indiquées.

Sans titre33

Pour ce faire, le pastoralisme est la solution idéale. Cette méthode naturelle et non contraignante permet d’entretenir les sols tout en bénéficiant aux éleveurs par l’apport de ressources gratuites. Afin d’organiser et de pérenniser cette pratique ancienne, 5 associations foncières pastorales libres ont vu le jour depuis 2016 en Dordogne .
En effet, le pastoralisme bénéficie aussi aux propriétaires qui ont la possibilité d’entretenir gratuitement leurs parcelles. Le propriétaire conserve son plein usage de son bien hors des périodes de pâturage. Mieux les exploitants agricole bénéficient d’un enrichissement naturel des sols.

Le pastoralisme permet également de dynamiser le territoire. Lors de l’installation d’un troupeau pour la pâture, des emplois sont créés et la richesse du territoire est directement valorisée. Si Christophe et Anne ont quitté la Normandie pour la Dordogne, c’est pour les opportunités d’y développer le pastoralisme.

Parce qu’il réunit propriétaires de terres et agriculteurs, le pastoralisme créé du lien social. L’AFPL intervient pour créer le contact et organiser les pâtures.
Depuis 2018, le projet Brebis-link s’est fixé pour objectif de tester la valeur agronomique du pâturage sur toutes les surfaces dites additionnelles. Outre les surfaces pastorales, les vergers, les vignes, les céréales et les noyers de la région hébergent des ressources fourragères qui présentent un intérêt pour les troupeaux. On observe notamment une baisse de l’utilisation de phytopharmaceutiques et de compléments alimentaires.

Brebis, éleveurs, propriétaires et bien sûr consommateurs, tout le monde est gagnant. Que vous souhaitez accueillir des éleveurs ou faire saturer vos animaux, la Chambre d’agriculture de Dordogne peut vous renseigner et vous accompagner dans vos démarches.

44

En France, 60 000 exploitations agricoles valorisent des surfaces pastorales, c’est-à-dire des espaces semi-naturels pâturés. Celles-ci représentent une partie importante des ressources fourragères d’un troupeau. Pour maintenir la valorisation de ces surfaces, les Chambres d’agricultures accompagnent sur le terrain les agriculteurs dans l’évolution des systèmes agricoles et pastoraux en oeuvrant pour la prise en compte des spécificités de chacun.

Dans certains massifs, les surfaces pastorales sont indispensables à l’équilibre alimentaire des troupeaux et donc à la viabilité des exploitations. Au delà de sa place dans l’agriculture, le pastoralisme bénéficie aussi à la collectivité par l’entretien d’espaces agricoles.

Pour revaloriser des zones en déprise agricole et relancer la production ovine, éleveurs et collectivités locales travaillent à une expérimentation de pastoralisme. L’enjeu pour le territoire est à la fois économique, environnemental et social.

Les collectivités se mobilisent pour limiter la déprise agricole et la fermeture du paysage.

La mise en place de la charte forestière Sud Périgord a mis en évidence la fermeture du paysage avec des taux de boisement atteignant jusqu’à 70 % sur certaines communes.

Sollicités par les élus locaux pour répondre à cette préoccupation, l’antenne de la Chambre d’agriculture de Sarlat et le CrDA du Périgord Noir ont engagé des actions capables de recréer du lien et de participer à la redynamisation des territoires.

Des actions similaires sont en cours sur d’autres parties du territoire pour relancer l’activité pastorale.

Sans titre22

La relance du pastoralisme en Dordogne depuis 2011

Une opération test a eu lieu en août 2011, sur les communes de Campagnac et Saint-Pompon.

Ces communes, situées dans le sud du Périgord Noir, ont reçu des troupeaux afin d’observer l’impact du pâturage sur des zones en friches, des landes embroussaillées ou des zones boisées.

Cette opération fut l’occasion de sensibiliser les éleveurs locaux et de démontrer l’intérêt de ces nouvelles pratiques en termes d’engraissement et d’alternative au système céréales traditionnel.

Sur le terrain, les Chambres d’agriculture accompagnent les éleveurs qui utilisent des surfaces pastorales :

  • suivi technico-économique des exploitations, notamment par le biais de diagnostics
  • élaboration de références et d’outils d’aide à la décision
  • organisation de journées techniques et de sensibilisation
  • réalisation d’études sur le pastoralisme

Certaines Chambres d’agriculture accompagnent également les autres gestionnaires d’espaces pastoraux : groupements pastoraux, associations foncières pastorales…

Elles participent par ailleurs à la valorisation des produits issus de la montagne et des zones pastorales par le développement des signes de qualité, des circuits courts…

Qu’est-ce que le pastoralisme ?

Le pastoralisme regroupe l’ensemble des activités d’élevage valorisant par le seul pâturage les ressources fourragères spontanées des espaces naturels. Ces surfaces pastorales assurent tout ou une partie de l’alimentation des troupeaux.
Cette activité de production peut s’exercer sur des surfaces pastorales proches des sièges d’exploitation (parcours et estives locales) ou s’organiser à l’échelle régionale ou interrégionale en ayant recours aux transhumances estivales ou hivernales.
La relation homme-animal-nature est la clef de voûte du système d’élevage pastoral. Les éleveurs et bergers doivent en effet s’appuyer sur des races animales adaptées et sur la complémentarité des milieux et des ressources pastorales pour satisfaire les besoins d’un troupeau.

Sans titre11

40 ans de la loi pastorale française

L’Association française de pastoralisme (AFP) et les Chambres d’agriculture ont organisé le 1er mars 2012 une journée pour les 40 ans de la loi pastorale. Cette journée a permis de dresser des perspectives pour l’avenir du pastoralisme en Europe, notamment sur la prise en compte du pastoralisme dans la future Pac. La loi pastorale a favorisé le maintien et la modernisation des activités pastoraleset permis la création de trois structures innovantes : les Associations Foncières Pastorales, les Groupements Pastoraux et les Conventions pluriannuelles de Pâturage.

En savoir plus : consultez le communiqué et dossier de presse de la journée européenne sur le pastoralisme

Le pastoralisme en chiffres :
  • 60 000 exploitations agricoles
  • près de 2 millions d’hectares valorisés

Vidéos et photos réalisées par miamedia. Un projet de recherche en agriculture à valoriser ? Contactez-nous vite !

logos.png

Découvrez le dico de l’agroécologie !

Pourquoi un dictionnaire dédié à l’Agroécologie ?

Sujet d’actualité aux contours flous, parfois sujet à controverse, fortement médiatisé, l’agroécologie revêt plusieurs dimensions. C’est à la fois un mouvement social, un modèle agricole souvent associé à une agriculture écologiquement et socialement plus responsable et un domaine scientifique. Ce dictionnaire d’agroécologie a été conçu pour définir les contours sémantiques de ce domaine et permettre au plus grand nombre d’en comprendre les enjeux et les pratiques.

Véritable outil d’appui à la Transition agroécologique, son contenu validé par un panel interdisciplinaire de chercheurs fournit de la connaissance mobilisable par les acteurs agricoles désireux de faire évoluer leurs pratiques pour s’engager dans une agriculture performante, plus respectueuse de l’environnement et socialement plus juste.

Un dictionnaire accessible à tous

Son édition en ligne permet une consultation libre et gratuite. Sa structuration et son organisation offrent différents niveaux de lecture et en font un outil dynamique grâce aux images, aux vidéos, aux interviews d’auteur et aux infographies.
Il s’agit également d’un outil évolutif qui doit permettre à d’autres acteurs et territoires de s’en emparer et de participer à son enrichissement en commentant les définitions ou en proposant d’autres termes à définir.

Né d’un dispositif de veille territoriale …

En 2013, Véronique Batifol-Garandel et Marie-Colette Fauré (Inra, Toulouse) mettent en œuvre, à l’échelle de la région Midi-Pyrénées, un dispositif de veille territoriale sur l’Agroécologie. Les informations traquées à partir de sources scientifiques, règlementaires, associatives, administratives … issues de pages Web, de sites internet, de flux RSS, de blogs, de la presse générale et spécialisée, …, sont collectées, analysées puis validées.
Ce travail a permis de capitaliser plus de 300 termes qui définissent à partir de l’observation et de l’analyse des pratiques de terrain, les différents champs liés au domaine de l’agroécologie. Ils constituent une ressource terminologique qui méritait d’être organisée et diffusée. De ce constat est né le projet de dictionnaire d’Agroécologie.

Outil et produit d’animation scientifique

Pour clarifier les entrées terminologiques et bénéficier du support scientifiques nécessaire à son développement, le projet de dictionnaire a été très vite adossé à un projet scientifique, le projet PSDR « Accompagnement des transformations Agroécologiques – Recherche ingénierique » (Atari) coordonné par Laurent Hazard (Inra, Toulouse).

Chaque définition est rédigée par un expert scientifique. Un ensemble de premiers termes ont été rédigés par des chercheurs des Unités mixtes de Recherche du centre Inra de Toulouse (UMRs AGIR; DYNAFOR et GenPhyse). Certaines définitions ont aussi associé des étudiants en 4ème année de l’EcolePlaquette Dico d’ingénieurs de Purpan de Toulouse, parcours « Agricultures et développement durable » et en 3ème année de l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse, spécialisation AGREST « AGRoEcologie du Système de production au Territoire ».

Lors de séminaires mensuels d’animation scientifique, les définitions sont mises en débat favorisant ainsi les échanges interdisciplinaires sur les termes ou concepts de l’agroécologie… .Tout chercheur intéressé peut ainsi contribuer à améliorer les premiers écrits. Une fois validée collectivement, la définition est mise en ligne.
Des éléments visuels complémentaires (vidéos, interviews d’auteurs, infographies) lui sont associés pour faciliter sa compréhension. Cette approche originale, pensée dès la conception du dictionnaire est conduite avec des étudiants en « Réalisation » de l’École Supérieure Nationale d’Audiovisuel (ENSAV).

Merci au dico de l’agroécologie :

dicoAE_VF_480.png

Agribashing : mythe ou réalité ?

« Ici, on cultive votre futur cancer. «  écrit sur un panneau à l’entrée d’un champ : vous trouvez ça normal ? Si oui, c’est que vous avez êtes probablement atteint d’une maladie devenue courante aujourd’hui : l’agribashing. Si le mot est sur toutes les bouches, c’est bien parce que le phénomène a pris ces dernières années une ampleur controversée, mais très relayée par les médias.  En effet, si les agriculteurs sont bel et bien touchés par le phénomène, ce dernier ne serait-il pas également amplifié par les réseaux sociaux et les questions politiques ? Et si au final, l’agribashing ne serait pas le signe d’un besoin exacerbé de nos sociétés d’avoir accès à l’information, notamment en agriculture ?

B9719131710Z.1_20190409165813_000+G7DDAKCHK.1-0
Un panneau d’une rare violence, heureusement plus rare qu’on pourrait le penser…

Agribashing : utilisateurs de phyto autant ciblés que les producteurs ?

 

Oui, les phytosanitaires polluent et sont cancérigènes, en premier lieu pour les agriculteurs eux-mêmes. Des plans pour réduire les phytosanitaires (plan Ecophyto) sont d’ailleurs mis en oeuvre pour diminuer leur utilisation avec un succès très relatif : les ventes de produits phytosanitaires augmentent chaque année. S’il ne s’agit pas ici de remettre en question la potentielle dangerosité de certaines exploitations intensives, il convient de se poser un certain nombre de questions :

Pourquoi dans le secteur agricole, les utilisateurs de produits potentiellement dangereux sont autant, voir plus montrés du doigt que ceux qui les fabriquent ? Pourquoi la révolte contre les produits cancérigènes est-elle plus forte dans le secteur agricole que dans les autres secteurs ? En effet, les sociétés de nettoyage par exemple utilisent des produits chimiques et cancérigènes, mais on trouverait peu approprié d’aller accuser d’empoisonnement une simple femme de chambre. Dans le secteur de l’aéronautique, est-il vraisemblable de s’en prendre au personnel des aéroports ? Autre exemple, est-il juste de s’attaquer aux imprimeurs pour faire cesser la déforestation ? En agriculture , l’agriculteur est tenu comme responsable de l’utilisation mais aussi de l’existence même des produits phytosanitaires qu’il utilise. Un peu comme si le fait d’utiliser des phytos faisait de l’agriculteur un lobbyiste confirmé des produits qu’il utilise. Scoop : la grande majorité des agriculteurs est conscient des dangers de ces produits, à fortiori puisqu’il est le premier à être en contact avec eux, et souvent accompagné de sa famille qui vit en général près des exploitations. S’il les utilise, c’est donc parfois par choix assumé, mais aussi souvent par obligation pour protéger sa subsistance et son emploi. Un militant me dit un jour avec un air avisé : « savez-vous qu’il y a même écrit sur les boites de phytos que c’est bon pour les plantes ? » Signe de l’ignorance du grand public sur ces produits qui, oui, sont bien des médicaments pour les plantes (avec des effets secondaires préjudiciables s’ils sont mal utilisés). Si la révolte contre l’utilisation massive de phytos est juste, c’est donc la cible qu’elle choisit en général qui pose question.

 

Un agriculteur : des agriculteurs

Tous les oeufs dans le même panier ! Si l’agribashing semble battre son plein, c’est peut-être aussi  par méconnaissance du métier d’agriculteur qui a une spécificité : sa variabilité. En fonction du climat, du terroir et avec la nécessité des rotations, chaque année est différence, et chaque exploitation également. En passant à côté d’une parcelle, le néophyte ne pourra pas forcément connaître l’itinéraire technique de l’exploitant. En réalité, il y a des chances qu’il n’y ait pas une goutte de phyto ! En effet, fin 2019, 9,5% de la surface agricole utile des exploitations sont conduits selon le mode de production biologique, soit une parcelle sur dix. Il ne s’agit pas de nier l’utilisation massive sur certaines exploitations, mais de rappeler une évidence : la quantité utilisée est variable et de nombreux agriculteurs conventionnels utilisent très peu de phytos. Enfin, il est à noter que tout produit phytosanitaire acheté doit être utilisé. Cette mesure dont le but est de limiter les réserves et les stocks sauvages qui peuvent être désastreux a comme effet pervers de pousser l’agriculteur à finir son stock alors qu’il n’en a finalement pas eu besoin. Malheureusement, le don de divination n’est pas toujours suffisamment développé chez l’agriculteur qui fait sa commande.

Bien sûr, les actions choc comme ces panneaux posés en bout de champ ont pour objectif de sensibiliser, et il faut le faire. Néanmoins, le faire de cette façon brutale fait-il avancer le débat ? Peut-être, mais cette communication a un effet pervers : faire croire au public que l’agriculteur en général est un pollueur, voire un empoisonneur, un comble pour un métier qui consiste à accompagner dans leur développement des organismes naturels et à nourrir les populations.

agribashing-le-blues-des-agriculteurs-exceacute-deacute-s-drsquo-ecirc-tre-mis-au-banc-des-accuseacute-s.jpg

L’agribashing existe-t-il ?

Certains s’interrogent sur la réalité de l’agribashing qui serait juste un phénomène médiatique. En effet, les médias qui aiment attiser les conflits et font leur choux gras des polémiques se sont largement emparés du sujet et ont donné à des actes d’agression envers des agriculteurs une importance supplémentaire, donnant parfois l’impression que le phénomène est global. Quelques chiffres nuancent en effet le phénomène à commencer par celui-ci :

82% des Français aiment leurs agriculteurs

Mais en revanche, lorsque l’on regarde ces mêmes sondages, 52% les jugent «pollueurs», 64% estiment que la profession n’est pas suffisamment attentive à l’environnement et 51% pensent qu’ils n’accordent pas assez d’attention à la sécurité sanitaire. Il semble alors que pour la population, il y a un décalage entre une image très positive « idéalisée » de l’agriculture, mais qui date d’un autre siècle (l’agriculteur dans la nature avec les petits oiseaux) et la réalité moderne. Un agriculteur-entrepreneur en costume avec un smartphone est alors hautement suspect. Un peu comme si l’agriculture n’avait pas le droit d’évoluer et devait rester dans un passé idéalisé. Oui l’agribashing existe donc, mais il concerne les agriculteurs d’aujourd’hui, et non pas l’agriculture en soi, qui reste très largement méconnue et positivement idéalisée. Chez Miamedia, il nous a semblé au cours de nos rencontres avec des gens très éloignés du secteur que l’agribashing est une réalité et on ne compte plus le nombre de petites phrases assassines dirigés sans distinction contre l’ensemble de la profession. Ceux qui connaissent un tant soit peu l’agriculture sont rarement concernés !

L’agribashing : le terme est-il mal choisi ?

Voici d’abord la définition commune du « bashing ». Le terme définit un « dénigrement systématique et répété » qui concerne un individu, une entreprise, un groupe social, un secteur d’activité ou une collectivité, et, par extension, une « forme violente de défoulement », selon Wikipédia. Il évoque également une sorte de jeu, ou une forme de lynchage médiatique, relayé dans les réseaux sociaux. Peut-être que l’agribashing est alors, comme tout phénomène lié aux réseaux sociaux largement exagéré. Les agribasheurs, pour résumer seraient peu nombreux, mais très virulents. Vaut-il mieux alors être critiqué par beaucoup ou haï par peu ? Vaste question. Ce qui est certain, c’est que la violence de certaines agressions, même rares, touche émotionnellement une bonne partie de la profession, qui souffre malgré tout d’un déficit d’image.

fak-love001.jpg

Sortir de l’agribashing :

Depuis l’apparition récente du terme « Agribashing » (2 ans !), des voies se font entendre pour remettre en question l’utilisation du terme. En parlant d’agribashing, on ferait la publicité de l’agribashing, bref, on devient un peu un basheur. Le média-bashing peut alors prendre le relais. Dans cette hypothèse connue, toute communication sur un sujet le valorise et le transmet, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’y a aucune campagne contre le suicide : elles se soldent toutes par une augmentation des suicides ! Ainsi la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, qui lors de la conférence de presse d’ouverture du Salon demandera de bannir le mot agribashing.  Il s’agit pour elle de ne pas s’enfermer dans une posture négative, voire de victime, qui n’incite guère à l’action, pour adopter des formes de communication proactive ou positive.
Pour Jacques Jaouen, encore président de la Chambre régionale de Bretagne « Nous observons en effet un paradoxe : la production agricole est reconnue comme la plus qualitative et sûre du monde, mais les Français en doutent ou l’ignorent.

L’agribashing serait donc un mélange entre un phénomène réel souvent très violent mais relativement rare et qui concerne des cercles finalement très éloignés de l’agriculture et un phénomène purement médiatique amplifié par la présence récente des agriculteurs et du microcosme « online » sur les réseaux sociaux. Quoi qu’il en soit, ces attaques injustifiées doivent être considérées, par la loi quand c’est nécessaire (intrusion, diffamation) mais ne doivent pas être généralisées à l’ensemble de la population. Par ailleurs, les méthodes de sorties relèveraient plus d’un besoin d’information dans une société où l’on veut tout connaître de ce que l’on mange (provenance, itinéraires techniques, etc..). Traitons donc l’agribashing comme il se doit, en informant sur les bonnes pratiques, c’est à dire les alternatives aux produits phytosanitaires et en répondant au besoin de transparence des consommateurs.

L’agribashing serait alors un terme à proscrire et pourquoi pas à remplacer par un autre qui témoignerait mieux de la situation : l’Agri-gnorance ?

 

Merci à Rémi Mer pour son éclairage sur le sujet.