RiskAquaSoil : Quand l’Europe adapte son agriculture au changement climatique

Risk-AquaSoil et l’Association Climatologique de la Moyenne Garonne et du Sud-Ouest :


Objectif du projet : améliorer la résilience au sein des bassins versants pour améliorer l’adaptation au changement climatique.


Le changement climatique se fait de plus en plus ressentir : dans toute l’Europe la température continue d’augmenter. La température annuelle a augmenté en moyenne de +1.3 degrés à Agen sur 30 ans, +1 degrés à Lisbonne et même +0.5 à Valentia en Irlande.

Face à de tels défis, Des partenaires européens se sont réunis dans le cadre du projet RiskAquaSoil.

L’objectif : détecter et gérer les risques pour une réhabilitation des territoires ruraux. Il faut réfléchir à des réponses adaptées, car les impacts sur le territoire sont nombreux : érosion, inondation, incendies. Ils entraînent à leur tour baisse de fertilité des sols et de la qualité de l’eau, pertes économiques, lessivage des cultures etc…


Le projet Risk aquasoil répond avant tout aux besoins des territoires pour proposer des solutions viables et pérennes. Il s’agit d’instaurer une culture du risque commune pour améliorer la résilience face au changement climatique.
L’érosion est un enjeu majeur de nos territoires agricoles, surtout lors des extrêmes climatiques printaniers et automnaux.


L’Association Climatologique de la Moyenne-Garonne a développé ses propres outils pour étudier ce phénomène: La télédétection satellite radar, par exemple, permet d’observer les sols avec précision même sous couverture nuageuse ! Ainsi, les scientifiques peuvent cartographier les zones à risque de ruissellements rapidement, sur des zones étendues. En repérant les sols nus sur une pente de plus de 6%, la télédétection permet de chiffrer le risque. Pour mieux le diminuer.…

En parallèle, des capteurs de température et de niveau de l’eau sont disposés dans les cours d’eau pour relier le phénomène de ruissellement, l’état du cours d’eau et l’intensité des aléas.
Avec des modes d’observation qualitatifs et à coût limité, les risques peuvent être évalués partout , et surtout par tous.

Afin de proposer des solutions adaptées aux localités, l’association a interrogé les agriculteurs et Maires du Lot et Garonne. S’ils subissent l’érosion, la sècheresse et les inondations, 90% d’entre eux déclarent s’adapter aux aléas climatiques. Cependant aujourd’hui de nombreux agriculteurs sont à la recherche de solutions adaptées à leurs besoins : irrigation, recherche scientifique ou encore conseils commerciaux. Face à cette demande, l’ACMG propose diverses solutions toutes liées à l’eau et à la qualité des sols.


Pour Ralentir les écoulements, plusieurs méthodes existent : Améliorer la structure des sols est essentiel car un sol aéré limite les ruissellements et améliore la rétention en eau. l’association climatique a également testé la Charboline, une forme de charbon pyrolisé. Cette solution ingénieuse permet de recycler les déchets verts tout en améliorant la structure des sols et leur capacité de rétention d’eau. Les Zones tampon humides, ces Lacs nouvelles génération qui filtrent l’eau, sont également une solution. Les haies et couverts végétaux qui limitent les flux de ruissellement, le non labour, toutes ces méthodes peuvent être efficaces.


Améliorer la qualité et la quantité d’eau disponible profitera à tous : agriculteurs, habitants des espaces ruraux, des villes, industriels.
Ainsi aujourd’hui, face au réchauffement climatique, une nouvelle culture est en marche. Son but ? Mieux percevoir le risque… pour mieux s’y adapter.


Climate change is being felt more and more. Across Europe the temperature continues to rise.
Faced with such challenges, European partners have come together as part of the Risk-AquaSoil project.
The objective, to detect and manage risks for the rehabilitation of rural territories.

We must think about more suitable methods because the impacts on the territories are numerous.

They in turn lead to a decrease in soil fertility and water quality, economic losses, soil leaching, etc.

The Risk-AquaSoil project responds above all to regional projects to offer viable and lasting solutions.

It’s about building a common risk culture to improve resilience to climate change.

Erosion is one of the major challenges of our agricultural territories.

ACMG has therefore developed its own tools to study this phenomenon.

Satellite radar remote sensing, for example, makes it possible to observe soils with precision even under cloud cover.

So scientists can map areas at risk of rapid runoff over large areas.

By identifying bare ground according to slopes of more than 6 °, remote sensing makes it possible to quantify the risk in order to better reduce it.

At the same time, temperature and water level sensors are placed in the streams to link the phenomenon of runoff, the state of the stream and the intensity of the hazard.

With qualitative and low-cost observation methods, risks can be assessed everywhere, and especially by everyone.

In order to offer solutions adapted to localities, ACMG interviewed farmers and mayors of Lot-et-Garonne.

If they experience erosion, drought and flooding, 90% of them say they are adapting to the weather scourges.

However today many farmers are looking for solutions adapted to their needs: irrigation, scientific research or fair remuneration.

Faced with this demand, ACMG offers various solutions all related to water and soil quality.

To slow down the flow, several methods exist; improving soil structure is essential because aerated soil limits runoff and improves water retention.

ACMG is studying the contribution of biochar in plots at risk of erosion. Biochar comes from the pyrolysis of green waste.

This ingenious solution makes it possible to recycle green waste while improving the structure of soils and their water retention capacity.

Wet buffer zones and second generation lakes that filter water are also a solution.

Hedges, plant covers that reduce runoff flows, no tillage, all these methods can be effective.

Improving the quality and quantity of available water will benefit everyone; farmers, inhabitants of rural areas, biodiversity.

Winter and spring water stored and available in summer is used to reduce the daily thermal amplitude thanks to the evapotranspiration of the plants that use it.


So today in the face of global warming a new culture is on the move. Its goal is to better perceive the risk in order to better adapt to it

Breakslip : des culottes pour la biodiversité

 

 

La mise en place de ce protocole est inspirée d’une démarche mise en oeuvre chez nos voisins britanniques engagés dans le projet RiskAquaSoil.

Il s’agit d’enfouir des culottes 100% coton dans le sol pendant 8 semaines afin de vérifier son activité agronomique et de démontrer que la qualité des sols peuvent être des éléments de réponses aux enjeux climatiques.

Pourquoi utiliser des culottes ? 

Simplement parce que dans certains cas l’activité biologique est si intense que le textile s’en trouve tellement dégradé qu’il serait impossible de le retrouver au bout des deux mois.

L’avantage d’enfouir une culotte est qu’elle comporte des élastiques et des coutures qui ne se dégradent pas, on peut donc retrouver le sous-vêtement sans difficulté afin de l’étudier.

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En France, cette démarche expérimentale et scientifique a déjà été mise en place par certaines Chambres d’agriculture dans le but de comprendre l’impact des pratiques agricoles sur la qualité de la terre.

En Dordogne, la Chambre d’agriculture a décidé de s’appuyer sur les agriculteurs engagés dans le réseau DEPHY pour mettre en place ce protocole ainsi que sur ses techniciens référents en agronomie.

Une demande de partenariat a été initiée auprès d’une marque de lingerie engagée dans une démarche environnementale afin de pouvoir bénéficier de culottes de qualité pour favoriser la réussite de cette expérimentation. La marque de lingerie en coton biologique Olly, a répondu favorablement à notre demande.

Les culottes ont été enfouies en Bergeracois sur une exploitation viticole dans deux sols aux activités biologiques présumées plus ou moins intenses pour démontrer l’intérêt d’un sol en bonne santé dans un contexte de changement climatique.

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Breakslip, et c’est le déclic ! 

Enterrer une culotte pour étudier la vie des sols ? C’est osé, mais très sérieux ! Cet événement original qui est en fait un véritable protocole scientifique a vu le jour en Grande-Bretagne pour susciter une prise de conscience sur le rôle de la vie dans le sol. En effet ces culottes 100% en coton vont livrer de nombreuses informations sur leur terroir d’adoption. Après 8 semaines enterrées à 20 cm sous terre dans trois types de sols différents, voici le verdict :

Pour Anthony Castaing, viticulteur bergeracois, chez qui les culottes ont été enterrées :  « il reste l’élastique »

Plus le sol est vivant, plus il se structure. Aéré et filtrant, il contient une meilleure réserve utile en eau. Les insectes, mollusques et surtout les bactéries et les champignons travaillent le sol naturellement profit des cultures. Sans activité biologique forte, les sols sont vite plus compacts et subissent plus durement l’érosion. En cas de fortes précipitation notamment, un sol sans vie absorbe moins l’eau et cela peut augmenter le ruissellement, le lessivage des terres ou même accentuer les crues. Or, avec l’évolution programmée du climat, les événements climatiques extrêmes risquent fort de s’accentuer dans la région. 

Connaître la vie des sols et surtout les paramètres qui l’influence est donc un véritable enjeu pour l’agriculture européenne. Le projet Breakslip a été mené avec succès chez nos voisins anglais pour faire un bilan de l’état des sols.

Huit semaines ont passé et les culottes sont entièrement consommées ! … Terminées pour elles… et c’est tant mieux ! Si la culotte est dégradée c’est que la flore microbienne les microbes et bien sûr les vers de terre et autres mollusques sont bien présents.

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Cultiver avec des couverts végétaux, des légumineuses et des graminées peuvent attirer plus de vie sur une vieille vigne. Sur une vigne plus jeune qui a été labourée récemment, les culottes du viticulteur sont moins dégradées… mais aussi riches d’enseignements !

En effet, le résultat est tout de même positif. Anthony a pu en déduire plusieurs informations. Le passage du tracteur a pu compacté les sols et surtout il a pu mesurer l’impact des couverts végétaux sur les terres où les culottes sont le mieux dégradées. D’autres informations viendront. Il s’agit d’en avoir un maximum pour constituer un tableau croisé des paramètres qui influencent la vie des sols. A travers le projet Breakslip, c’est donc un projet de recherche global en agronomie.

Travailler ensemble pour améliorer la résilience des sols face aux évolutions climatiques mais aussi améliorer la fertilité et la structure des sols pour une meilleure productivité, c’est le pari réussi de l’équipe Breakslip. Ce projet qui a déjà été appliquée en France attend toujours nouveaux adeptes. Alors si vous avez un bout de terrain et que vous souhaitez faire le test : plantez vos culottes ! Et partez à la découverte de la vie de vos sols.

Les partenaires techniques et financiers du #BreakSLIP

Ce projet bénéficie du soutien financier de l’Union Européenne via le programme Interreg Espace Atlantique.

Le #BreakSLIP est porté par la Chambre d’agriculture de Dordogne en partenariat avec :

  • Les viticulteurs du Bergeracoisengagés dans le réseau Déphy (agriculteurs engagés dans une démarche de réduction de l’utilisation des produits phytos – Plan Ecophyto)
  • Olly, la marque de lingerie en coton bio, fournisseur des culottes 100% coton qui servent de socle à la mise en place du protocole

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Cette vidéo a été réalisée par miamedia. Un projet de recherche en agriculture à valoriser ? Contactez nous vite !