Agriculture : les labels qui comptent

« AB », « Nature et Progrès », « Demeter », « UTZ », « Max Havelaar », demain la terre, les labels fleurissent comme les cerisiers au printemps. Pourtant si certains relèvent d’une vraie démarche de qualité, certains s’apparentent à des opérations commerciales dont la mis en oeuvre peut-être limitée.

Si le nombre de ces labels s’est fortement accru dans les années 2000, c’est que le marché de ces produits « durables » ou « éthiques » croît rapidement dans un contexte économique plutôt déprimé. En 2019, le bio a encore fait un bon avec 10% des surfaces agricoles françaises qui sont cultivées en Bio, contre 1 à 2 % dix ans plus tôt.

Miamedia vous aide à faire le tri sur les différents labels et vous propose de découvrir en vidéo ce  label innovant qui valorise les bonnes pratiques sur les exploitations de ces adhérents. C’est également un des seuls labels portés par des agriculteurs.

Le label BIO européen

Tous les produits vendus en Europe qui souhaitent se dire issus de l’agriculture biologique doivent faire figurer le logo européen, sauf tolérance pour écouler les stocks antérieurs.

Dans tous les cas où il est utilisé, doit figurer l’indication du lieu de production des matières premières agricoles composant le produit : «Agriculture UE», «Agriculture Non UE» ou «Agriculture UE/non UE».

L' »Eurofeuille » garantit au minimum que le produit :

  • est en pleine conformité avec les conditions et réglementations de l’Union européenne sur l’agriculture biologique (voir règlement 834/2007).
  • porte le nom du producteur, du préparateur ou du distributeur, ainsi que le numéro d’agrément de l’organisme de certification.

Lorsqu’il est transformé, que le produit :

  • contient 95% ou plus de composants issus de l’agriculture biologique.

Quels sont les engagements du label ?

Culture

  • Garantie sans pesticides chimiques.
  • Sans traitements chimiques après récolte.

Elevage

  • Alimentation sans pesticides chimiques et composée de céréales.
  • Une interdiction de traces d’OGM en dessous des 0,9 % est admise.
  • Un recours limité aux traitements vétérinaires et aux médicaments.
  • Le bien-être des animaux garanti par un espace minimal et un accès au plein air.

Le nouveau règlement autorise la mixité, autrement dit une même exploitation peut produire du bio et du non bio.

Qui certifie ?

Le label européen est accordé après certification par des organismes indépendants comme Aclave, Agrocert, Ecocert… Un contrôle doit être effectué au moins une fois par an.

Le label BIO français : AB

Créé en 1985, le logo AB est la propriété du ministère de l’Agriculture, qui l’attribue aux producteurs qui en font la demande après certification par les organismes compétents (Ecocert, Agrocert…).Depuis le 1er janvier 2009, aucune en théorie. Propriété exclusive du ministère de l’Agriculture et de l’alimentation, le label AB s’est aligné sur les normes du label bio européen, tout comme ses équivalents nationaux européens. En effet, l’Union européenne a décidé en 2009 de mettre fin à la multiplicité des cahiers des charges nationaux sur le bio. Autrement dit, la présence des labels bios nationaux sur les produits est désormais optionnelle.

Du coup, comme certains considèrent cette homogénéisation comme une atteinte à la crédibilité du bio, de nouveaux labels « plus exigeants » ont vu le jour en France.

C’est la raison pour laquelle de nouveaux  labels plus exigeants ont vu le jour et côtoient le label bio européen sur les emballages des produits français.

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Le label Bio Cohérence

Créé par de nombreux partenaires, dont la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab), les Eleveurs bio de France, ainsi que les magasins Biocoop, Biomonde et ProNatura.

Réunis au sein de l’association Alternative Bio en 2009, ils proposent un cahier des charges plus exigeant que celui décidé par l’Europe.

Quels sont les engagements du label ?

En plus des critères européens, Bio Cohérence impose des engagements spécifiques :

  • Pas de coexistence bio/non bio.
  • Au moins 50 % des aliments pour les animaux doivent être produits sur la ferme, 80 % pour les herbivores.
  • Une interdiction totale de traces d’OGM.
  •  100 % d’ingrédients bio dans les produits transformés.
  • Les traitements vétérinaires plus restreints

Qui certifie ?

Bio Cohérence demande aux agriculteurs qui souhaitent disposer du label de passer par un organisme certificateur extérieur (Ecocert, Qualité France, etc.).

Le label Nature & Progrès

Nature & Progrès est la marque de l’association du même nom, qui a aussi développé le Salon Bio Marjolaine.

Les produits Nature & Progrès ne sont pas tous porteurs du logo bio européen : certains sont passés par la certification propre à Nature & Progrès, mais pas par la certification bio leur permettant d’afficher le logo européen. A noter que 70% des produits cumulent les deux labels.

Quels sont les engagements ?

Ils vont au-delà des critères européens sur plusieurs points :

  • Exploitation complètement en bio.
  • Une alimentation 100 % bio en priorité sous mention Natures & Progrès.
  • L’interdiction totale des OGM.
  • Environnement extérieur protégé : pas de ferme Nature & Progrès à moins de 500 m de grandes voies routières ou en aval d’exploitations agricoles polluantes ; un aménagement du domaine afin de préserver les ressources collectives (nappes phréatiques, etc.).

Qui certifie ?

L’association Nature & Progrès critique les systèmes de certification par des organismes extérieurs parce qu’ils sont coûteux. Avec l’objectif de renforcer les liens des agriculteurs entre eux et avec les consommateurs, Nature & Progrès a donc mis en place un «système participatif de garantie».

Les contrôles annuels sont effectués par un groupe de membres de l’association, composé d’individus différents tous les ans, et qui sont soit des agriculteurs soit des consommateurs.

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Le label Equitable Ecocert

Le logo Equitable Ecocert garantit la conformité des produits au cahier des charges Equitable, solidaire et responsable (ESR), élaboré et contrôlé par le groupe Ecocert.

Le principe : un acheteur du Nord s’engage à acquérir auprès d’un groupe de producteurs du Sud certaines quantités d’un produit à un prix maximal garanti.

Quels sont les engagements ?

  • Les produits ESR doivent tous porter le label bio européen.
  • Tous les produits doivent être réalisés de façon sensément équitable : respect des travailleurs, rémunération juste, interdiction de faire travailler les enfants, etc. Le cahier des charges prévoit également la mise en place d’un fonds social et l’accompagnement des producteurs, l’établissement de relations de longue durée, la possibilité d’un préfinancement des récoltes, etc.
  • Le cahier des charges fixe également des règles pour limiter l’emballage et le transport jusqu’au consommateur final, sans précision précise.

A noter que deux mentions peuvent figurer sur l’étiquette :

«Produits alimentaires équitables ESR» : 95 % au moins des ingrédients ou matières premières sont issus des filières ESR.
 «Produits alimentaires contenant des ingrédients équitables ESR» : 25 % d’ingrédients ou matières premières sont issus de filières ESR.

Qui certifie ?

Le certificateur Ecocert.

Le label Bio Equitable et Bio Solidaire

Fondée en 2002 par plusieurs entreprises travaillant dans l’importation et la transformation de matières premières venues des pays du Sud (argan, gingembre, coton, quinoa…), l’association s’est depuis diversifiée dans le commerce Nord-Nord.

Les deux labels renvoient respectivement aux deux activités : Bio Equitable pour les produits du Sud, et Bio Solidaire pour le Nord.

Le principe : un soutien aux petits producteurs pour qu’ils renforcent leur capacité d’action collective et qu’ils puissent vivre décemment de leur production.

Quels sont les engagements ?

  • Conformité au règlement bio européen.
  • Contractualisation de la relation entre opérateur et producteurs
  • Un prix minimum garanti d’achat aux producteurs locaux.
  • Respect des droits élémentaires et fondamentaux de la personne.
  • Développement d’une agriculture durable et maintien du tissu local

Qui certifie ?

La marque Bio Equitable s’est rapprochée d’Ecocert. Ecocert certifie toute la production tant pour l’aspect bio que pour l’aspect équitable avec son référentiel ESR (Equitable, Solidaire, Responsable).

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Les labels AOP, IGP, STG

IGP : Par exemple : les mentions fraises de Carpentras ou melons de Cavaillon. Ce sont des Indications géographiques protégées, certaines variétés de fraises ou de melons doivent avoir un taux de sucre garanti par exemple.

AOP : L’Appellation d’Origine Protégée doivent nécessairement être liées à la zone géographique d’origine et à la méthode de production afin de renforcer les garanties pour producteurs et consommateurs. A noter que l’AOC signifient appellation d’origine  contrôlée est pour laFrance et l’AOP est la mention européenne. La validation de l’AOP ne peut se faire que si celle de l’AOC est finalisée.
La présence de ces labels permet aux produits du terroir de conserver leur originalité et leur authenticité. Les règles qui les régissent se trouvent dans un cahier des charges, et font l’objet de procédures de contrôle par l’INAO (Institut National des Appellations d’Origine).

STG : Le terme traditionnel, par exemple, renvoie à une recette transmise entre générations, d’une ancienneté d’au moins 30 ans; le terme garantie, qui correspond à la reconnaissance du produit par le biais d’une inscription sur un Registre ad hoc.

Ces produits traditionnels peuvent représenter un atout non négligeable pour certaines régions, certaines zones rurales voire même d’autres zones désavantagées d’un point de vue économique. Grâce à l’ainsi-dite clause ex officio, tous les États membres sont tenus de lutter contre d’éventuelles contrefaçons de produits protégés (comme ce fut le cas pour la célèbre affaire du « parmisan ») même s’ils proviennent d’un autre pays.

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Les labels Demeter et Biodyn

S’inspirant des réflexions de Rudolf Steiner, le mouvement international de la biodynamie est né au début du siècle face aux premiers dégâts de l’agriculture productiviste.

Quels sont les engagements du label ?

  • L’utilisation de préparations naturelles spécifiques destinées à «vivifier» la terre.
  • Un appui sur les flux énergétiques du sol et des astres.
  • La limitation de la taille des exploitations.
  • La réutilisation maximale des sous-produits de l’activité (déchets végétaux et animaux).

Qui certifie ?

La première année, l’association se charge de contrôler les producteurs qui souhaitent se convertir à la biodynamie. Les années suivantes, des certificateurs officiels (Ecocert et Qualité France) contrôlent sur la base du cahier des charges de Demeter et de Biodyn.

Le label « Demain la terre »

La Charte Demain la Terre® vise à apporter aux consommateurs les preuves crédibles de l’engagement des producteurs, axé sur trois priorités : la santé, la qualité et le respect de l’environnement.

Cette Charte s’articule autour de trois points cruciaux : crédibilité, mieux-disant, lisibilité. Elle est composée d’une soixantaine de critères objectifs, précis et mesurables qui vont plus loin que la réglementation en vigueur. Elle a été conçue en tenant compte de la diversité des pratiques culturales, de manière à être universellement applicable.

https://www.youtube.com/watch?v=rZy0XiAf_TQ

Quels sont les engagements ?

– S’associer à la Nature dans la lutte contre les nuisibles
– Développer des solutions alternatives pour limiter le recours aux molécules chimiques
– Suivre la présence éventuelle de résidus dans les fruits et légumes et en faire disparaître toute trace

– Réduire la consommation en eau
– Réduire la consommation
– Maîtriser les rejets pour éviter la pollution des nappes et des rivières

– Privilégier les apports d’engrais naturels
– Etudier et maintenir l’équilibre naturel du sol
– Utiliser durablement les substrats de culture

– Maintenir et préserver les écosystèmes en place
– S’intégrer au paysage local
– Contribuer à la survie des abeilles

– Mesurer l’empreinte de gaz à effet de serre notamment le CO2
– Optimiser la consommation des énergies fossiles
– Utiliser les énergies renouvelables pour apporter une empreinte positive

– Recourir au tri sélectif et au traitement des déchets

– Valoriser les déchets de productions
– Réduire les emballages notamment plastiques

– Maintenir la vitalité des régions de productions
– Renforcer les liens avec toutes les parties prenantes identifiées
– Mettre en œuvre une stratégie d’entreprise responsable

– Promouvoir un travail de qualité, plus humain et solidaire
– Participer à l’équilibre alimentaire des plus défavorisés

Qui certifie ?

Un Comité de contrôle a été constitué en 2010. Il est composé autour des représentants des producteurs de Demain la Terre et d’acteurs indépendants. Ce sont donc en partie des agriculteurs qui certifient leurs pairs.

Que fait le Comité de contrôle de Demain la Terre ? Il reçoit les audits, les questionne, valide ou infirme les candidatures à la Charte Demain la Terre® et pilote les évolutions du référentiel. Il donne enfin ses recommandations sur les actions à mener suite aux audits dans une démarche de progrès continu.

Les labels qui n’ont pas de regard sur les itinéraires techniques agricoles

Certains labels parmi les plus connus ne s’intéressent pas aux pratiques agricoles à l’origine de leurs produits.

Le label « Produit de l’année »

Le label « produit de l’année » est le résultat d’une opération commerciale. Les produits en lice seront soumis aux tests produits de 10.000 consommateurs. Les directeurs du marketing doivent impérativement  veiller à ce que les innovations répondent aux desiderata des consommateurs, qui ne sont pas toujours un gage de qualité environnemental. A noter que le Produit de l’Année doit « apporter une vraie valeur au consommateur par un positionnement différent ».

Le label « saveur de l’année »

Un jury est réuni au printemps et le signe est valable pendant un an. De vraies dégustations, avec 60000 tests à l’aveugle et 10000 consommateurs sont organisées.

En revanche, sans exigence particulière sur le nombre de produits testés (ce sont les industriels qui inscrivent les produits), un produit peut-être lauréat face à un ou deux concurrents seulement. Des produits bien meilleurs, qui n’ont tout simplement pas concourru, existent peut-être sur le marché !

Le logo « saveur de l’année » est avant tout un enjeu marketing pour les professionnels qui souhaitent dynamiser leurs produits.

Le label « Concours général agricole »

Créé en 1870, le Concours général agricole (CGA) est un concours français encourageant et valorisant les filières agroalimentaires françaises. Le CGA est encadré par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation (MAA) et le Centre national des expositions et concours agricoles (CENECA) et récompense les meilleures productions agricoles et transformations agroalimentaires du territoire national inscrites au concours.

Il se décline en cinq concours qui récompensent les produits, les vins, les animaux et les jeunes professionnels. Encadré par l’État français afin d’en garantir l’impartialité, le Concours général agricole attribue des distinctions sous forme de médailles (or, argent et bronze), de diplômes et de prix, dont le Prix d’Excellence. Le symbole officiel présent sur chaque récompense est la feuille de chêne figurant également sur le logo et déposée à l’Institut national de la propriété industrielle.

Le Concours général agricole est organisé dans le cadre du Salon international de l’agriculture se déroulant tous les ans à Paris Expo Porte de Versailles.

Pour beaucoup il y a trop d’élus. Un tiers des produits présentés sont médaillés. On peut penser que ce ne sont pas les meilleurs vins qui sont obligés de participer à ce concours. Les très bons n’en ont pas besoin…

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La France comptabilise plus de 1 000 produits sous signe de qualité, et leur chiffre d’affaire s’élève à plus de 30 milliards d’euros en 2019, soit un tiers de la production agricole totale.
Face à la multiplication des labels, le Conseil Économique Social et Environnemental souhaite modifier les labels actuels et mettre en place un nouveau sigle « d’agriculture biologique locale et équitable ».

Le but étant de simplifier la lisibilité des produits labellisés pour les consommateurs.

En France, les acheteurs consomment pour 8,7 milliards de produits bio par an, alors que la production est France n’est que de 4 milliards d’euros.
Pour satisfaire la demande toujours plus croissante des consommateurs, les importations de produits bio sont inévitables et l’objectif de ces nouvelles règles est d’assurer plus de traçabilité et de qualités.
En plus d’un cahier des charges bien précis, des critères sur le « local » et « l’équitable » seront rajoutés.

Ces règles s’appliqueront à partir de 2021 à toute la chaîne du bio, des producteurs aux distributeurs en passant par les transformateurs.

Un projet de recherche en agriculture à valoriser ? Contactez vite Miamedia !

 

Breakslip : des culottes pour la biodiversité

 

La mise en place de ce protocole est inspirée d’une démarche mise en oeuvre chez nos voisins britanniques engagés dans le projet RiskAquaSoil.

Il s’agit d’enfouir des culottes 100% coton dans le sol pendant 8 semaines afin de vérifier son activité agronomique et de démontrer que la qualité des sols peuvent être des éléments de réponses aux enjeux climatiques.

Pourquoi utiliser des culottes ? 

Simplement parce que dans certains cas l’activité biologique est si intense que le textile s’en trouve tellement dégradé qu’il serait impossible de le retrouver au bout des deux mois.

L’avantage d’enfouir une culotte est qu’elle comporte des élastiques et des coutures qui ne se dégradent pas, on peut donc retrouver le sous-vêtement sans difficulté afin de l’étudier.

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En France, cette démarche expérimentale et scientifique a déjà été mise en place par certaines Chambres d’agriculture dans le but de comprendre l’impact des pratiques agricoles sur la qualité de la terre.

En Dordogne, la Chambre d’agriculture a décidé de s’appuyer sur les agriculteurs engagés dans le réseau DEPHY pour mettre en place ce protocole ainsi que sur ses techniciens référents en agronomie.

Une demande de partenariat a été initiée auprès d’une marque de lingerie engagée dans une démarche environnementale afin de pouvoir bénéficier de culottes de qualité pour favoriser la réussite de cette expérimentation. La marque de lingerie en coton biologique Olly, a répondu favorablement à notre demande.

Les culottes ont été enfouies en Bergeracois sur une exploitation viticole dans deux sols aux activités biologiques présumées plus ou moins intenses pour démontrer l’intérêt d’un sol en bonne santé dans un contexte de changement climatique.

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Breakslip, et c’est le déclic ! 

Enterrer une culotte pour étudier la vie des sols ? C’est osé, mais très sérieux ! Cet événement original qui est en fait un véritable protocole scientifique a vu le jour en Grande-Bretagne pour susciter une prise de conscience sur le rôle de la vie dans le sol. En effet ces culottes 100% en coton vont livrer de nombreuses informations sur leur terroir d’adoption. Après 8 semaines enterrées à 20 cm sous terre dans trois types de sols différents, voici le verdict :

Pour Anthony Castaing, viticulteur bergeracois, chez qui les culottes ont été enterrées :  « il reste l’élastique »

Plus le sol est vivant, plus il se structure. Aéré et filtrant, il contient une meilleure réserve utile en eau. Les insectes, mollusques et surtout les bactéries et les champignons travaillent le sol naturellement profit des cultures. Sans activité biologique forte, les sols sont vite plus compacts et subissent plus durement l’érosion. En cas de fortes précipitation notamment, un sol sans vie absorbe moins l’eau et cela peut augmenter le ruissellement, le lessivage des terres ou même accentuer les crues. Or, avec l’évolution programmée du climat, les événements climatiques extrêmes risquent fort de s’accentuer dans la région. 

Connaître la vie des sols et surtout les paramètres qui l’influence est donc un véritable enjeu pour l’agriculture européenne. Le projet Breakslip a été mené avec succès chez nos voisins anglais pour faire un bilan de l’état des sols.

Huit semaines ont passé et les culottes sont entièrement consommées ! … Terminées pour elles… et c’est tant mieux ! Si la culotte est dégradée c’est que la flore microbienne les microbes et bien sûr les vers de terre et autres mollusques sont bien présents.

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Cultiver avec des couverts végétaux, des légumineuses et des graminées peuvent attirer plus de vie sur une vieille vigne. Sur une vigne plus jeune qui a été labourée récemment, les culottes du viticulteur sont moins dégradées… mais aussi riches d’enseignements !

En effet, le résultat est tout de même positif. Anthony a pu en déduire plusieurs informations. Le passage du tracteur a pu compacté les sols et surtout il a pu mesurer l’impact des couverts végétaux sur les terres où les culottes sont le mieux dégradées. D’autres informations viendront. Il s’agit d’en avoir un maximum pour constituer un tableau croisé des paramètres qui influencent la vie des sols. A travers le projet Breakslip, c’est donc un projet de recherche global en agronomie.

Travailler ensemble pour améliorer la résilience des sols face aux évolutions climatiques mais aussi améliorer la fertilité et la structure des sols pour une meilleure productivité, c’est le pari réussi de l’équipe Breakslip. Ce projet qui a déjà été appliquée en France attend toujours nouveaux adeptes. Alors si vous avez un bout de terrain et que vous souhaitez faire le test : plantez vos culottes ! Et partez à la découverte de la vie de vos sols.

Les partenaires techniques et financiers du #BreakSLIP

Ce projet bénéficie du soutien financier de l’Union Européenne via le programme Interreg Espace Atlantique.

Le #BreakSLIP est porté par la Chambre d’agriculture de Dordogne en partenariat avec :

  • Les viticulteurs du Bergeracoisengagés dans le réseau Déphy (agriculteurs engagés dans une démarche de réduction de l’utilisation des produits phytos – Plan Ecophyto)
  • Olly, la marque de lingerie en coton bio, fournisseur des culottes 100% coton qui servent de socle à la mise en place du protocole

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Cette vidéo a été réalisée par miamedia. Un projet de recherche en agriculture à valoriser ? Contactez nous vite !

La méthode sandwich : régalez votre terre

Arbo : la méthode sandwich en vidéo

 

Le GRAB et l’atelier paysan se sont associés pour expérimenter du matériel adapté à la gestion d’un verger biologique et accessible à tous les agriculteurs en auto-construction.

Un outil sandwich

Cet outil dit sandwich maintient un enherbement central (favorable à la biodiversité) tout en réduisant significativement la concurrence. Il permet ainsi de relever le défi de la gestion de l’enherbement sur le rang.

 Définition du système sandwich selon le FiBL (Institut de recherche bio suisse) :
Il s’agit d’une bande enherbée, ensemencée ou plantée, non travaillée de 25 à 40 cm de largeur sur la ligne des arbres, entourée de chaque côté d’une bande travaillée de 40 à 50 cm de largeur.
La surface ouverte sur les deux côtés, est équivalente à celle obtenue avec le système d’entretien traditionnel.
Pour compenser la concurrence de la bande enherbée du milieu, les racines de l’arbre se concentrent dans les bandes latérales travaillées (pas de concurrence).

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Avantages et inconvénients du système sandwich avec la piloselle

Avantages Inconvénients :

  • Maintien d’une bonne structure du sol
  • Augmentation de la biomasse microbienne, enrichissement en humus et amélioration de l’activité biologique du sol
  • Augmentation de la biodiversité floristique favorable aux auxiliaires
  • La piloselle freine fortement le liseron, le chiendent et les autres adventices (effet allélopathique)
  • Même croissance des arbres qu’avec sarclage traditionnel
  • Pas de rejet près du tronc provoqué par le travail du sol
  • Evite le travail entre les arbres (suppression de blessures des troncs par les outils ou les machines)
  • Diminution des coûts et rationalisation du travail Caractéristiques de la piloselle
  • Semences très petites, taux de germination de 80% pour des graines de l’année précédente
  • Plante vivace se propageant par ses stolons
  • Feuilles basales en rosette formant un tapis dense
  • Atteint env. 3-5 cm de hauteur et les hampes florales env.15-20 cm
  • Aime la pleine lumière, les sols maigres, peu acides et plutôt séchards, mais supporte les arrosages au goutte à goutte si le sol est bien drainé
  • Peut cohabiter favorablement avec d’autres plantes comme les trèfles, les géraniums, les potentilles
  • Effet allélopathique inhibant la germination et le développement d’autres plantes, cet effet peut varier selon les espèces végétales en présence et les conditions pédo-climatiques
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o Plantation en avril jusqu’à fin août si arrosage ou jusqu’à mi- octobre

o Densité : 3 plants mottés par mètre linéaire. La plantation en ligne simple suffit.

o On peut aussi replanter des mottes prélevées sur les plantations plus anciennes.

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Entretien en période d’installation :

o Faucher 1 à 2 fois en fonction du développement des mauvaises herbes, au-dessus des feuilles de la piloselle (en évitant de préférence les 2 périodes de floraison de la piloselle)

o Supprimer les graminées à fort développement

 

Merci au GRAB pour la diffusion de cette vidéo :logo-GRAB

 

Chaudière à bois : une énergie adaptée pour les agriculteurs

 

Chaudière à copeaux from Miamedia TV on Vimeo.
Laurent Chaubert, agriculteur à Puidoux, a installé une chaudière à copeaux sur son exploitation. L’objectif de cette démarche est avant tout d’augmenter son autonomie énergétique tout en valorisant une ressource existante sur son terrain. 

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Une fois abattus, les arbres sont ébranchés, puis broyés pour cinq francs le mètre cube. Les copeaux doivent ensuite être séchés puis amené à la chaudière. Pour un agriculteur, la logistique nécessaire au stockage des copeaux et à l’alimentation de la chaudière n’est pas vraiment un problème comme l’explique Laurent:

La mise en place d’une chaudière à copeaux offre une grande indépendance en source d’énergie. En plus d’alléger ses charges énergétiques, Laurent Chaubert est moins dépendant des variations du coût des hydrocarbures, ce qui lui permet d’augmenter sa résilience en temps de crise.

Avec l’installation d’un silo de stockage et de séchage, le bénéfice du passage aux copeaux de bois n’est pas immédiat, mais est un investissement qui porte ses fruits sur le long terme. Cette démarche s’inscrit également dans une réflexion de durabilité et d’autosuffisance.

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1 UNE ENERGIE COMPETITIVE

Tout d’abord, le bois est un combustible bon marché.

D’après Quercy Energies

De plus, des aides publiques sont accordées aux particuliers pour l’acquisition du matériel et son installation (taux réduit de TVA à 5,5 pour l’achat d’une chaudière à bois et des radiateurs, réduction d’impôt à raison de 40% des dépenses TTC, subvention possible de l’ANAH).

 

2 UNE ENERGIE POUR LE DEVELOPPEMENT LOCAL

A consommation égale, l’énergie bois crée en moyenne 4 fois plus d’activités que le gaz ou le pétrole. Ces emplois contribuent directement au soutien d’activités locales.
De plus, elle participe à la valorisation du patrimoine forestier en ouvrant de nouveaux débouchés à des produits difficilement utilisables par ailleurs.

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3 UNE ENERGIE PROPRE

L’utilisation énergétique du bois n’entraîne pas de destockage de carbone, et permet ainsi de réduire les émissions de gaz carbonique en se substituant à la combustion d’énergies fossiles. Par ailleurs, les chaudières actuelles respectent les normes de rejets polluants dans l’atmosphère grâce à des systèmes performants de filtrage ou de lavage des gaz de combustion.

 

 

Electricité : base

0,11 €/kWh

Propane

0,08 €/kWh

Fioul domestique

0,047 €/kWh

Gaz naturel

0,038 €/kWh

Bois (Très variable en fonction du type de combustible)

 

Environ 0,02 €/kWh

4 UNE ENERGIE REGIONALE ET ABONDANTE

3ème région de France en surface de forêts, Midi-Pyrénées dispose d’une surface boisée de 1 156 000 hectares, à dominante de feuillus avec une proportion de taillis sous exploités et vieillis. Elle connaît un accroissement annuel de 3 m3/ha/an.

Taux de boisement de Midi-Pyrénées

Source : CRPF

La forêt publique occupe 18% de la surface. La forêt privée occupe 82% soit 941 780 et concerne 338 000 propriétaires.
La forêt paysanne était estimée en 2002 à 425 000 ha et appartenait à 66 000 agriculteurs. Une configuration en parcelles très morcelées (surface moyenne de 2.8 ha) handicape la mise en valeur et la mobilisation du bois.
Ces chiffres ne tiennent pas compte des espaces boisées non forestiers composés de haies, bosquets, bandes boisées qui constituent un gisement d’une valeur économique non négligeable pour le monde agricole.

Ressource renouvelable, créatrice d’emploi et respectueuse de l’environnement, la valorisation du bois représente un atout considérable pour le développement local et l’entretien du territoire.

 

Miamedia est le spécialiste de la communication agricole. Un projet de recherche en agriculture à valoriser ? Contactez-nous !

Resto à la ferme : mode d’emploi

TAPAS – 4 from Miamedia TV on Vimeo.

BRUNCH-3 from Miamedia TV on Vimeo.

Les marchés agricoles sont fluctuants et les revenus d’une exploitation peuvent subir des variations importantes. Face à cette instabilité économique, des agriculteurs Vaudois ont trouvé des solutions innovantes et originales pour commercialiser différemment. C’est le cas de Yannick Passas, qui gère une exploitation viticole de 15 Ha en biodynamie. Depuis 2009, il a ouvert sa ferme au public et y organise de nombreux événements.

Après avoir créé la marque MM la maison du moulin, il organise des événements ciblés pour attirer la clientèle. Malgré la localisation du domaine, Yannick et ses collaborateurs ont su attirer et créer une communauté d’habitués. Il offre à ses clients une variété d’évènements tels que les soirées tapas du vendredi afin d’accompagner la dégustation de ses vins ou les brunchs et marché aux légumes du samedi matin.

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La démarche de Yannick offre à son public une vision et un partage de son domaine. En se rapprochant du consommateur il peut expliquer ses méthodes et ses convictions et répondre précisément à leur question, fidélisant ainsi les clients. Plus qu’un domaine viticole, la maison du moulin est un lieu d’échange. Une manière de consommer autrement.

Avec cette démarche, Yannick a dû acquérir de nouvelles compétences, tant au niveau marketing que communication. Il a également dû apprendre une nouvelle gestion des stocks et du temps.

Grâce à ces événements, Yannick a permis de diversifié ses canaux de vente et son chiffre d’affaire. Il a surtout diminué la dépendance de son exploitation face aux acheteurs et appris à valoriser son vin au mieux. Mais il ne compte pas s’arrêter là : de nombreux partenariats ont vu le jour comme l’installation d’une borne de recharge pour voiture électrique Tesla, un atout marketing qui fait connaître le domaine..

La mise en place d’accueil et d’activités en lien avec l’agriculture se sont de plus en plus développées ces dernières années. C’est le choix qu’a fait la famille Cretegny. Depuis une trentaine d’années, elle accueille petits et grands dans sa ferme. Les activités offertes vont de l’organisation d’anniversaire aux brunchs en passant par l’école à la ferme.

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Les raisons qui ont poussé à développer l’agritourisme sont au départ purement économique. Il a fallu trouver une nouvelle source de revenu, sans avoir besoin de quitter de domaine familial. L’agritourisme est une évidence, la famille aime la cuisine, et le contact avec le consommateur

En 2000, la famille Cretegny prend un nouveau tournant avec la transformation de l’ancienne étable en lieu d’accueil, après l’abondant du bétail. A l’offre déjà existante vient s’ajouter au fils des ans l’organisation d’anniversaires et des camps à la ferme, des brunchs le dimanche et repas,  la transformation du marché en self-service et répondre ainsi à une demande de plus en plus importante. Il a donc fallu acquérir de nouvelles compétences.

Il a fallu se former acquérir des licences dans la restauration et œnotourisme, ce qui implique une certaine rigueur de travail. Malgré les coûts, cette démarche a permis à la famille Cretegny d’avoir une autre source de revenu et de maintenir le domaine agricole. De rapprocher consommateur et producteur, ainsi donc de reconnecter les citadins au monde agricole. De créer une économie locale et de valoriser l’entier de l’exploitation agricole

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Agritourisme à la ferme :

quelles options ?

L’accueil à la ferme bénéficie d’un statut moins contraignant que l’hotellerie, justement parce qu’il vient compléter une activité agricole. Il y a bien sûr des seuils à respecter pour ne pas basculer dans le régime de l’hotellerie. La réglementation est aussi différente selon le type d’accueil qui est pratiqué : gîte (meublé de tourisme ou gîte d’étape), chambre d’hôte, table d’hôte, ferme auberge et camping.

Gîte rural

Les gîtes sont des appartements/maisons loués entièrement meublés et indépendants (salle de bain, cuisine…). Ils sont généralement loués à la semaine ou sur des courts séjours en hors saison. Cette forme d’accueil est celle qui nécessite le moins de temps de travail, ce temps se concentrant le samedi, jour d’arrivée et des départs.

  • Gîte d’Accueil Paysan : Le gîte doit se situer à proximité de l’habitation principale. La recherche de temps de rencontre et la convivialité sont au cœur de cette formule d’hébergement qui laisse toutefois une grande autonomie.

Chambres d’hôte

Elles doivent être chez l’habitant (directement dans la maison ou dans le corps de ferme). Une salle de bains peut être utilisée par les hébergés de deux ou trois chambres.

Une même ferme doit posséder moins de 5 chambres et  moins de 15 personnes pour rester dans la classification « chambre d’hôtes ». L’hébergeur est tenu d’assurer le petit déjeuner et de fournir du linge de lit. Ce type d’accueil se caractérise par des courts séjours (les personnes restent en moyenne 3 nuits sur un même lieu), et un temps de travail important. Les personnes venant en chambres d’hôtes ont une attente très forte d’échange et d’accueil. L’organisation des réservations doit être précise.

  • Chambres d’Accueil Paysan : elle doit posséder un niveau de confort conforme à l’habitat local et doit être le reflet des activités, des manières de vivre de l’accueillant. Si celui-ci est un producteur, ce système d’accueil doit permettre la valorisation de son métier qu’il fait découvrir et le conforte dans les valeurs qu’il représente, ainsi que la valorisation du fruit de son travail par la vente de ses produits. Si l’accueillant est acteur rural, il fera la promotion des produits paysans de la région.
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Tables d’hôte

La dénomination « tables d’hôtes », par opposition à l’auberge, est réservée aux repas pour les personnes qui dorment  sur place. Ce doit être un repas unique (pas de menu, service unique), à la table familiale, le nombre de personnes ne doit pas dépasser 15 personnes, la cuisine doit être fonctionnelle sans répondre aux normes de la restauration « classique ». Pour les fermes isolées proposant des chambres d’hôtes, il est souhaitable de proposer cette formule aux hôtes qui souhaitent souvent rester sur place le soir.

  • Table d’Accueil Paysan avec hébergement : les aliments doivent majoritairement provenir de la ferme ou des fermes alentours
  • Table d’Accueil Paysan  sans hébergement : Cette formule est propre au label Accueil Paysan et a été acceptée par la Répression des Fraudes nationales lors des modifications des cahiers de charges. Elle est réservée aux agriculteurs inscrits à la MSA. Le paysan n’accueillera à sa table pas plus de 15 personnes en servant majoritairement les produits de sa ferme.

Fermes Auberges

Elles sont soumises aux mêmes normes sanitaires que la restauration (à voir avec la DSV). 75 à 80 % des produits servis doivent être issus de la ferme et des fermes voisines.

  • Auberge paysanne d’Accueil Paysan : L’accueillant doit être disponible pour les dialogues et les échanges, sans pour cela partager le repas avec les accueillis. Le paysan valorise ses propres produits à la table de l’auberge. Le reste des ingrédients proposés seront issus de produits locaux et qui correspondent au cahier des charges des « produits paysans ».
  • Auberge du pays d’Accueil Paysan : sont concernés les adhérents non inscrits à la MSA. L’aubergiste s’approvisionne chez les producteurs locaux pour les ingrédients de base de ses repas. Il valorise ainsi les produits issus des fermes de proximité dont il garantit la qualité sanitaire et gustative. Par là même il fait la promotion des produits paysans de sa région et en indique la provenance sous forme d’affiches ou dépliants. Avec cette synergie solidaire nécessaire entre le monde rural et paysan, l’aubergiste correspond à la Charte.

Gîtes d’étape

Hébergement fonctionnel mais simple (souvent des petits dortoirs, une salle d’eau à partager…) aux tarifs modérés. Les personnes restent 2 à 3 nuits et viennent en gîte d’étape dans un objectif d’activité à pratiquer (randonnées…). En ce qui concerne les normes de sécurité, la notion de gîte de groupe peut poser des problèmes face à la réglementation incendie. Les dortoirs doivent, dans certains cas, être équipés comme des établissements recevant du public (alarme incendie, évacuation…).

  • Relais d’Accueil Paysan : le lieu d’accueil doit être situé au plus près de l’habitation principal,  il est obligatoire de mettre une cuisine en gestion libre en complément à la table d’accueil paysan, dans un souci de diminuer les coûts pour l’accueilli.
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Campings

En-deça de 7 emplacements, le camping doit faire l’objet d’une déclaration en mairie. Il est dit « camping déclaratif » car ouverture sur déclaration préalable en Mairie : interdiction d’implanter des habitats légers de loisir (HLL), obligation d’avoir un point d’eau avec douche, toilettes, lavabos, eau potable et assainissement. Ce bloc sanitaire peut être dans l’habitation principale.

A partir de 7 emplacements, une demande de permis de construire et une déclaration en Préfecture sont obligatoires. Il existe deux types de camping (de 7 à 25 emplacements) :
l’aire naturelle de camping : ouverte 6 à 7 mois par an. Par exemple : une pâture servant aux bêtes 4 mois/ an et le reste du temps en aire de camping. Le terrain doit pouvoir garder son caractère agricole.
le camping permanent.

Dans ces deux cas de camping déclaré en Préfecture, 30% des emplacements peuvent être des habitations légères de loisirs : caravane, mobil-home, yourte, chalet amovible.

  • Camping et aire naturelle d’Accueil Paysan : ils se situent tout naturellement à proximité de l’habitation principale de l’accueillant. Ce dernier propose les produits de sa ferme ou de son potager ainsi que d’autres produits paysans du terroir local. Dans ce cas, il doit en faire connaître la provenance à ses hôtes. L’accueillant doit faire preuve d’un réel désir de faire connaître son métier ses activités, de partager son savoir et son savoir faire.

Vidéos financées par la DGAV du Canton de Vaud et réalisées par miamedia. Textes « accueil à la ferme » proposé par l’ADEAR et l’association Accueil Paysan. 

 

Résilience paysanne : comment développer le self-service ?

Vente directe et self service en agriculture : l’exemple suisse. from Miamedia TV on Vimeo.
En reportage dans le Canton de Vaud, en Suisse, il n’est pas rare d’y croiser des self service chez les agriculteurs. Frigidaire à lait, self directement sur l’exploitation, petit magasin de village, le self est à la mode et permet aux agriculteurs de la région de réaliser des ventes en local et avec un temps de travail et de disponibilité limité.

Dans cette vidéo réalisée pour la Direction Générale Agricole du canton de Vaud, nous vous présentons le self du village de Puidoux monté par un collectif d’agriculteurs innovants.

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Si la pratique, peu couteuse et efficace n’est pas encore souvent mise en place, c’est souvent par peur des vols et par manque de compétences en communication. Mais le numérique pourrait bien changer les mentalités, notamment avec la facilité à prendre en charge les paiements numériques. Le paiement par téléphone notamment, permet aux clients de payer sans avoir de monnaie ni même de carte bancaire. Des systèmes de caméra surveillance peuvent également être utilisé pour prévenir les vols.

Si de plus en plus d’agriculteurs passent sur les réseaux sociaux, c’est aussi parce qu’ils comprennent la possibilité de faire de meilleur marge grâce à la vente directe et donc via la communication. Le self service devrait se développer à mesure que la vente directe augmente.

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Si certains estiment que le « libre service » diminue la rencontre directe entre vendeurs et acheteurs, d’autres arguent du fait que les selfs service étant souvent placés sur l’exploitation, ils permettent au contraire de la remettre symboliquement au centre du circuit.

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Agriculture : Créer son espace de vente directe

Un espace de vente directe innovant a vu le jour en plein centre du village de Puidoux , à une quinzaine de kilomètre de Lausanne. Sur l’initiative de Laurent Chaubert, plusieurs producteurs de la région se sont regroupés pour offrir une diversité de produit locaux à la population.

Le magasin fonctionne en libre-service et est ouvert entre 8 et 20 h tous les jours de la semaine. Les clients ont la possibilité de payer par TWINT ou en cash et le local est maintenant équipé d’une caisse spécifique avec tous les articles enregistrés. 

Afin d’assurer un minimum de surveillance et la bonne conduite du magasin, un système de surveillance caméra a été installé, permettant à Laurent de garder un œil sur son magasin en tout temps via son smartphone.

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Grâce à la collaboration de plusieurs producteurs, l’offre est généreuse et fait le succès de ce self-service. Pain, fromage, œufs, sirop, charcuterie, viande, huile et divers produits de saison sont disponibles.

Le magasin n’est pas à but lucratif et ne prend qu’une marge minimal pour assurer son fonctionnement, ceci afin de rémunérer au mieux les producteurs et d’offrir des prix intéressants pour les consommateurs.

Cette initiative permet ainsi de rapprocher consommateurs et producteurs et de favoriser l’économie circulaire et la consommation locale.

L’ouverture d’un espace directe permet donc de diminuer la dépendance d’un agriculteur face aux acheteurs en diversifiant ses canaux de distribution. Ce faisant, il augmente sa capacité de résilience face aux aléas des marchés. Mais plus encore, ce projet montre que la vente directe peut être un vecteur d’innovation : il a d’ors et déjà permit d’augmenter la diversification de plusieurs exploitations agricoles et de réunir producteurs et consommateurs.  

Vidéo réalisée par Miamedia

Merci à la DGAV pour son éclairage sur le sujet.

Les variétés anciennes : c’est moderne !

 

La résilience de l’agriculture est l’un des cinq objectifs majeurs de l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Il est possible de créer des conditions favorables à l’émergence d’innovations. Ainsi, la création d’un ecosystème pluridisciplinaire rendant les interactions entre acteurs de différents horizons (agriculteurs, ingénieurs, distributeurs, économistes, consommateurs, chercheurs et même artistes) permet d’éclairer un besoin sous une multitude d’angles, de partager les idées et de révéler des opportunités. La quantité et la qualité des innovations dépendent grandement du nombre d’erreurs accumulées. Il est donc nécessaire de créer les conditions et de mettre à disposition les outils permettant de tester les idées rapidement et à moindre frais. L’innovation est également un état d’esprit particulier qu’il s’agit de développer et de cultiver.

 

C’est dans ce cadre qu’est né le projet « Résilience paysanne » porté par la DGAV, la Direction Générale Agricole du canton de Vaud, en Suisse.

Première vidéo de ce projet : la culture de variétés anciennes.

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Planter des variétés anciennes pour améliorer la résilience de son exploitation : 

Rendre son exploitation agricole plus autonome voici le pari gagnant que Cédric Chezeaux, agriculteur, et sa famille à Juriens ont décidé de relever.  Après la reprise de la ferme familiale en 2005 et la reconversion de l’exploitation en bio en 2007. Cédric prend  un nouveau tournant majeur et décide d’arrêter l’élevage de vache laitière en 2013

Cédric décide de se tourner vers les variétés rustiques de céréales qui offrent une meilleure adaptation au terroir ainsi qu’aux conditions climatiques. Ces variétés ont également une bien meilleure tolérance face aux maladies et demandent moins de traitements ce qui diminue les coûts de machinisme. De plus, en favorisant les circuits-courts, Cédric arrive à obtenir un prix rémunérateur pour ses différentes productions.

Afin de valoriser ses céréales, Cédric a opté pour la production de farine et s’est équipé d’un moulin Astrié, nom tiré des frères qui l’ont inventé. Ce moulin s’adapte particulièrement bien aux petites structures et produit une farine de qualité. Avec l’arrivée du moulin sur l’exploitation, Cédric à du acquérir de nouvelles compétences.

Pour Cédric Chezeaux, développer de nombreux partenariats avec des artisans boulangers, mais également une étroite collaboration avec d’autres producteurs portés par les mêmes valeurs sont la clé de son succès. 

En développant son projet, Cédric a gagné en autonomie et en liberté, a diversifié sa clientèle créé de nouveaux partenariats. Il s’est ainsi ouvert sur une agriculture correspondant à ses valeurs et pleine de perspective.

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Plus de diversité génétique dans les champs pour une agriculture plus durable

2La diversité génétique devrait jouer un rôle essentiel dans ce modèle, en contribuant à l’adaptabilité et à la résilience face aux stress dans des systèmes à bas intrants [5,6] :

  • les variétés sélectionnées pour leur haute productivité dans des conditions de culture intensive ont peu de chance d’être adaptées à des conditions plus variables, spécialement dans un contexte de réduction des intrants. Il est attendu de la diversité génétique une régularité de la production et une adaptabilité à des conditions changeantes – même si ces prédictions théoriques ont été insuffisamment évaluées en pratique [7] ;
  • la durée de vie des variétés commerciales est de l’ordre de cinq ans, et les gènes de résistance aux maladies sont contournés dès qu’ils sont déployés sur une certaine surface de culture. L’association en mélange de variétés porteuses de gènes de résistance différents, et de façon générale, l’accroissement de la diversité génétique des peuplements, doit permettre d’augmenter la durabilité des résistances [8,9] et de prolonger l’utilisation de ces variétés ;
  • la variabilité génétique des plantes cultivées est susceptible de favoriser la diversité spécifique et infra-spécifique des autres communautés d’un agro-écosystème, et ainsi d’améliorer les services écologiques (contrôle des maladies, régulation des phytophages, symbioses mycorhiziennes, fertilité du sol…).

La réduction des intrants induit plus de différences entre les milieux et entre les conditions de culture, et les environnements pour lesquels on cible la sélection (environnements cibles) deviennent alors trop différents entre eux pour qu’il soit possible de sélectionner une seule variété qui soit performante partout [10,11]. De nombreuses expériences montrent que des génotypes différents répondent différemment lorsqu’on les confronte à des environnements très contrastés (interaction Génotype x Environnement, GxE).

Il convient alors de développer des variétés ou populations adaptées spécifiquement aux conditions locales (environnement, sol, climat, pratiques agricoles, débouchés…) et/ou génétiquement hétérogènes et donc plus adaptables aux milieux différents. Dans ces conditions, on est incapable de prédire la performance des populations et des variétés dans leurs milieux cibles à partir d’une évaluation en conditions optimales (ex : station expérimentale de sélection). C’est pourquoi seules une évaluation et une sélection décentralisées, c’est-à-dire réalisées dans les environnements cibles avec une analyse des interactions GxE, permettront d’identifier les meilleures variétés ou populations pour chaque environnement cible .

Pastoralisme : le retour !

 

Le pastoralisme : un enjeu fondamental pour les territoires

Le pâturage pour dynamiser un paysage, c’est possible ! Dans le sud-ouest de la France, des éleveurs réinvestissent la pratique du pastoralisme sur des surfaces en déprise.

Les avantages du pastoralisme sont nombreux. Tout d’abord, les terres non entretenues favorisent le risque d’incendie. La forêt reprend si vite ses droits qu’elle ferme les paysages. Or, d’après les recherches du Cairn, un changement dans la structuration de la nature a de nombreuses implications économiques et sociales. Tourisme, risque incendie mais aussi tissu social lorsque des zones rural sont enclavées, tous ces secteurs sont impacts par la fermeture des paysages.
En Dordogne, le taux de boisement approche 50% et ce chiffre augmente chaque année. Un équilibre est donc à rechercher et la forêt a besoin d’être entretenue en créant ou en maintenant des espaces ouverts. Et pour ce travail technique, les brebis sont toutes indiquées.

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Pour ce faire, le pastoralisme est la solution idéale. Cette méthode naturelle et non contraignante permet d’entretenir les sols tout en bénéficiant aux éleveurs par l’apport de ressources gratuites. Afin d’organiser et de pérenniser cette pratique ancienne, 5 associations foncières pastorales libres ont vu le jour depuis 2016 en Dordogne .
En effet, le pastoralisme bénéficie aussi aux propriétaires qui ont la possibilité d’entretenir gratuitement leurs parcelles. Le propriétaire conserve son plein usage de son bien hors des périodes de pâturage. Mieux les exploitants agricole bénéficient d’un enrichissement naturel des sols.

Le pastoralisme permet également de dynamiser le territoire. Lors de l’installation d’un troupeau pour la pâture, des emplois sont créés et la richesse du territoire est directement valorisée. Si Christophe et Anne ont quitté la Normandie pour la Dordogne, c’est pour les opportunités d’y développer le pastoralisme.

Parce qu’il réunit propriétaires de terres et agriculteurs, le pastoralisme créé du lien social. L’AFPL intervient pour créer le contact et organiser les pâtures.
Depuis 2018, le projet Brebis-link s’est fixé pour objectif de tester la valeur agronomique du pâturage sur toutes les surfaces dites additionnelles. Outre les surfaces pastorales, les vergers, les vignes, les céréales et les noyers de la région hébergent des ressources fourragères qui présentent un intérêt pour les troupeaux. On observe notamment une baisse de l’utilisation de phytopharmaceutiques et de compléments alimentaires.

Brebis, éleveurs, propriétaires et bien sûr consommateurs, tout le monde est gagnant. Que vous souhaitez accueillir des éleveurs ou faire saturer vos animaux, la Chambre d’agriculture de Dordogne peut vous renseigner et vous accompagner dans vos démarches.

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En France, 60 000 exploitations agricoles valorisent des surfaces pastorales, c’est-à-dire des espaces semi-naturels pâturés. Celles-ci représentent une partie importante des ressources fourragères d’un troupeau. Pour maintenir la valorisation de ces surfaces, les Chambres d’agricultures accompagnent sur le terrain les agriculteurs dans l’évolution des systèmes agricoles et pastoraux en oeuvrant pour la prise en compte des spécificités de chacun.

Dans certains massifs, les surfaces pastorales sont indispensables à l’équilibre alimentaire des troupeaux et donc à la viabilité des exploitations. Au delà de sa place dans l’agriculture, le pastoralisme bénéficie aussi à la collectivité par l’entretien d’espaces agricoles.

Pour revaloriser des zones en déprise agricole et relancer la production ovine, éleveurs et collectivités locales travaillent à une expérimentation de pastoralisme. L’enjeu pour le territoire est à la fois économique, environnemental et social.

Les collectivités se mobilisent pour limiter la déprise agricole et la fermeture du paysage.

La mise en place de la charte forestière Sud Périgord a mis en évidence la fermeture du paysage avec des taux de boisement atteignant jusqu’à 70 % sur certaines communes.

Sollicités par les élus locaux pour répondre à cette préoccupation, l’antenne de la Chambre d’agriculture de Sarlat et le CrDA du Périgord Noir ont engagé des actions capables de recréer du lien et de participer à la redynamisation des territoires.

Des actions similaires sont en cours sur d’autres parties du territoire pour relancer l’activité pastorale.

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La relance du pastoralisme en Dordogne depuis 2011

Une opération test a eu lieu en août 2011, sur les communes de Campagnac et Saint-Pompon.

Ces communes, situées dans le sud du Périgord Noir, ont reçu des troupeaux afin d’observer l’impact du pâturage sur des zones en friches, des landes embroussaillées ou des zones boisées.

Cette opération fut l’occasion de sensibiliser les éleveurs locaux et de démontrer l’intérêt de ces nouvelles pratiques en termes d’engraissement et d’alternative au système céréales traditionnel.

Sur le terrain, les Chambres d’agriculture accompagnent les éleveurs qui utilisent des surfaces pastorales :

  • suivi technico-économique des exploitations, notamment par le biais de diagnostics
  • élaboration de références et d’outils d’aide à la décision
  • organisation de journées techniques et de sensibilisation
  • réalisation d’études sur le pastoralisme

Certaines Chambres d’agriculture accompagnent également les autres gestionnaires d’espaces pastoraux : groupements pastoraux, associations foncières pastorales…

Elles participent par ailleurs à la valorisation des produits issus de la montagne et des zones pastorales par le développement des signes de qualité, des circuits courts…

Qu’est-ce que le pastoralisme ?

Le pastoralisme regroupe l’ensemble des activités d’élevage valorisant par le seul pâturage les ressources fourragères spontanées des espaces naturels. Ces surfaces pastorales assurent tout ou une partie de l’alimentation des troupeaux.
Cette activité de production peut s’exercer sur des surfaces pastorales proches des sièges d’exploitation (parcours et estives locales) ou s’organiser à l’échelle régionale ou interrégionale en ayant recours aux transhumances estivales ou hivernales.
La relation homme-animal-nature est la clef de voûte du système d’élevage pastoral. Les éleveurs et bergers doivent en effet s’appuyer sur des races animales adaptées et sur la complémentarité des milieux et des ressources pastorales pour satisfaire les besoins d’un troupeau.

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40 ans de la loi pastorale française

L’Association française de pastoralisme (AFP) et les Chambres d’agriculture ont organisé le 1er mars 2012 une journée pour les 40 ans de la loi pastorale. Cette journée a permis de dresser des perspectives pour l’avenir du pastoralisme en Europe, notamment sur la prise en compte du pastoralisme dans la future Pac. La loi pastorale a favorisé le maintien et la modernisation des activités pastoraleset permis la création de trois structures innovantes : les Associations Foncières Pastorales, les Groupements Pastoraux et les Conventions pluriannuelles de Pâturage.

En savoir plus : consultez le communiqué et dossier de presse de la journée européenne sur le pastoralisme

Le pastoralisme en chiffres :
  • 60 000 exploitations agricoles
  • près de 2 millions d’hectares valorisés

Vidéos et photos réalisées par miamedia. Un projet de recherche en agriculture à valoriser ? Contactez-nous vite !

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Découvrez le dico de l’agroécologie !

Pourquoi un dictionnaire dédié à l’Agroécologie ?

Sujet d’actualité aux contours flous, parfois sujet à controverse, fortement médiatisé, l’agroécologie revêt plusieurs dimensions. C’est à la fois un mouvement social, un modèle agricole souvent associé à une agriculture écologiquement et socialement plus responsable et un domaine scientifique. Ce dictionnaire d’agroécologie a été conçu pour définir les contours sémantiques de ce domaine et permettre au plus grand nombre d’en comprendre les enjeux et les pratiques.

Véritable outil d’appui à la Transition agroécologique, son contenu validé par un panel interdisciplinaire de chercheurs fournit de la connaissance mobilisable par les acteurs agricoles désireux de faire évoluer leurs pratiques pour s’engager dans une agriculture performante, plus respectueuse de l’environnement et socialement plus juste.

Un dictionnaire accessible à tous

Son édition en ligne permet une consultation libre et gratuite. Sa structuration et son organisation offrent différents niveaux de lecture et en font un outil dynamique grâce aux images, aux vidéos, aux interviews d’auteur et aux infographies.
Il s’agit également d’un outil évolutif qui doit permettre à d’autres acteurs et territoires de s’en emparer et de participer à son enrichissement en commentant les définitions ou en proposant d’autres termes à définir.

Né d’un dispositif de veille territoriale …

En 2013, Véronique Batifol-Garandel et Marie-Colette Fauré (Inra, Toulouse) mettent en œuvre, à l’échelle de la région Midi-Pyrénées, un dispositif de veille territoriale sur l’Agroécologie. Les informations traquées à partir de sources scientifiques, règlementaires, associatives, administratives … issues de pages Web, de sites internet, de flux RSS, de blogs, de la presse générale et spécialisée, …, sont collectées, analysées puis validées.
Ce travail a permis de capitaliser plus de 300 termes qui définissent à partir de l’observation et de l’analyse des pratiques de terrain, les différents champs liés au domaine de l’agroécologie. Ils constituent une ressource terminologique qui méritait d’être organisée et diffusée. De ce constat est né le projet de dictionnaire d’Agroécologie.

Outil et produit d’animation scientifique

Pour clarifier les entrées terminologiques et bénéficier du support scientifiques nécessaire à son développement, le projet de dictionnaire a été très vite adossé à un projet scientifique, le projet PSDR « Accompagnement des transformations Agroécologiques – Recherche ingénierique » (Atari) coordonné par Laurent Hazard (Inra, Toulouse).

Chaque définition est rédigée par un expert scientifique. Un ensemble de premiers termes ont été rédigés par des chercheurs des Unités mixtes de Recherche du centre Inra de Toulouse (UMRs AGIR; DYNAFOR et GenPhyse). Certaines définitions ont aussi associé des étudiants en 4ème année de l’EcolePlaquette Dico d’ingénieurs de Purpan de Toulouse, parcours « Agricultures et développement durable » et en 3ème année de l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse, spécialisation AGREST « AGRoEcologie du Système de production au Territoire ».

Lors de séminaires mensuels d’animation scientifique, les définitions sont mises en débat favorisant ainsi les échanges interdisciplinaires sur les termes ou concepts de l’agroécologie… .Tout chercheur intéressé peut ainsi contribuer à améliorer les premiers écrits. Une fois validée collectivement, la définition est mise en ligne.
Des éléments visuels complémentaires (vidéos, interviews d’auteurs, infographies) lui sont associés pour faciliter sa compréhension. Cette approche originale, pensée dès la conception du dictionnaire est conduite avec des étudiants en « Réalisation » de l’École Supérieure Nationale d’Audiovisuel (ENSAV).

Merci au dico de l’agroécologie :

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Loup Vs pastoralisme: le point sur la recherche

Le pastoralisme est-il compatible avec le loup ?

Vidéos choc d’animaux à moitié dévorés, d’éleveurs-chasseurs armés prêts à en découdre, le loup est à Namur et retrouve petit à petit son territoire français… et fait parler de lui. Avec l’évolution du rapport à l’alimentation, à l’agriculture et avec l’avènement d’un dérèglement climatique qui pose de moins en mois question, la population est de plus en plus sensibilisée aux questions sur la nature et son organisation par l’homme. À ce titre, le débat sur le loup est révélateur de certains dilemmes qui peuvent toucher les populations les plus engagées : pour faire simple, les gens veulent le pastoralisme, et ils veulent le loup, mais est-ce bien possible ?

Pour de nombreux éleveurs situés hors des zones où l’on trouve le loup, la question ne fait pas débat : les deux ne sont pas compatibles. Michel, éleveur de brebis en Dordogne le clame haut et fort : si le loup arrive, il arrêtera ! Pourtant, face à la dégradation des paysages de plus en plus fermés et la volonté des consommateurs de valoriser les élevages extensifs, le pastoralisme semble être une solution d’avenir. Le défi du futur est donc simple : il va falloir développer le pastoralisme alors que le territoire du loup est en augmentation en France. Voici quelques points d’information pour rationaliser un débat qui fait souvent polémique. En effet, le pastoralisme a toujours été en contact avec le loup et c’est donc possible. Il semble que la question soit plus nuancée et que le facteur économique soit déterminant.

Le loup, une question de sous ?

Les mesures de protection, nouvelles ou anciennes ont un coût élevé. Or, le seuil de rentabilité à partir duquel la présence d’un berger formé est rentable est de 800 ovins (source : France nature environnement). Dans un secteur où les difficultés sont constantes et risquent d’empirer avec la signature du Ceta, un salaire ou deux de plus fait une énorme différence… différence qui peut s’avérer fatale à l’exploitation, mais surtout décourager les éventuels repreneurs du flambeau pastoraliste.

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Loup VS pastoralisme : quelques chiffres :

Selon les sources (Cerpam – MAP) entre 700 000 et 900 000 ovins pâturent en zones à loups au plus fort de la saison pastorale. Le mouton est donc une composante non négligeable de la disponibilité alimentaire du loup. En période estivale et localement, la part des ongulés domestiques peut monter jusqu’à 40-50% de son régime alimentaire. (moyenne par meute à 16 % environ du régime alimentaire – source ONCFS). Oui,  le loup se nourrit des troupeaux et non pas seulement d’ongulés sauvages. Mais oui aussi, cela n’a pas entamé sérieusement les secteurs ovins et caprins là où le loup est le plus présent. Les Basses Alpes notamment, est un secteur où l’élevage se porte bien.

Plus que l’effectif total de loups, il semble que ce soit l’extension de l’aire de répartition qui soit responsable de la croissance nationale des dommages. La probabilité de rencontre entre le prédateur et de nouveaux troupeaux augmente. Mais bien que continue, cette augmentation des dommages n’est pas régulière dans le temps et dans l’espace.

 

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Les dégâts connexes du loup

Toutes les unités pastorales (UP) exposées au risque de prédation (car situées au sein de l’aire de présence détectée du loup) ne sont pas attaquées d’une part, et parmi celles attaquées, certaines le sont bien plus souvent que d’autres, certaines années ou bien de façon continue.

Si la fréquence des attaques est très variable (en moyenne, 85% des UP touchées ne subissent « qu’une » attaque par an) ces attaques sont souvent très destructrices. Certains élevages en concentrent un nombre bien plus important, soit plus de 10 attaques parfois par an : on parle alors de « foyers d’attaques » pour les exploitations les plus touchées. Ponctuellement, la gravité des attaques peut être accentuée par un effet de « surplus killing » (le prédateur tue plus d’animaux que nécessaire) ou lors d’un dérochement lié à l’affolement du troupeau (jusqu’à 300 ovins précipités d’une barre rocheuse en Mercantour).

À ces pertes constatées et facilement chiffrables, s’ajoutent la part des animaux disparus (probable à chaque attaque), le stress occasionné au restant du troupeau, la baisse de la prise de poids, la baisse de la lactation, de la fertilité ou prolificité qui peut en découler.

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Ainsi, il est évident que le loup fait des dégâts beaucoup plus importants que l’unique chiffre de la mortalité ne révèle pas toujours. Ainsi, un agriculteur de haute Provence a vu une de ses bêtes dévorée (et indemnisée) alors que deux autres, bléssées, ont dues être euthanasiées. Plus, l’agriculteur a dénombré vingt avortements et une trentaine de naissances avancées de trois semaines.

Enfin, la pression de prédation est imprévisible et donc constante ajoutant un stress pour l’éleveur qui se chiffre difficilement. Les indemnisations, si elles ont le mérite d’exister peuvent difficilement remplacer une sélection naturelle faite sur le troupeau par l’éleveur sur plusieurs génération. Un phénotype adapté au terroir ou à la vente mettra du temps à être recréé par l’éleveur. Le plus difficile pour les éleveurs et bergers est donc finalement de travailler avec le risque permanent d’attaque sur leur troupeau, et la tension psychologique qui en découle. La nécessaire mise en place de stratégies et techniques de protection du cheptel, voire la réorganisation du système d’exploitation sont lourdes de contraintes et conséquences. L’impact du loup sur l’élevage se mesure donc aussi au niveau économique, social et psychologique.

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Une évolution face au besoin de développer le pastoralisme ?

Si le loup est une espèce protégée, le dernier plan Loup semble amorcer un léger virage : Ainsi le quatrième plan , « sur le loup et les activités d’élevage », mis en place de 2018 à 2023, se base sur cette évaluation : « Le plan loup a pour objectif d’élaborer une nouvelle méthode de gestion de l’espèce, fondée sur une meilleure connaissance de l’espèce et de ses modes de vies, pour mieux la protéger et permettre également la protection des troupeaux et des éleveurs » (DREAL AuRA 2018) Cette version, comme les précédentes, tente de concilier les objectifs de protection de l’espèce et les attentes des différents acteurs du territoire.

En effet, si le loup est plébiscité par l’opinion publique, le pastoralisme a lui aussi le vent en poupe et devient même de plus en plus une nécessité. L’exode rurale et les difficultés économiques ont détruit le tissu agricole français et les petites exploitations particulières ont diminuées, tout comme la présence de l’homme dans certaines zones. Conséquences : la nature a repris ses droits dans de nombreuses campagnes. Là où les paysages sont fermés, on ne passe plus, que ce soit pour y randonner, pour y travailler ou même pour y chasser. Le feu, en revanche, se régale de ces zones fermées où les herbes et les ronces propagent l’incendie. Et avec le réchauffement climatique, la fermeture des paysages va vite devenir un enjeu fort. Hors, face à ces questions, le pastoralisme est une réponse toute trouvée. Un troupeau a une force d’attaque formidable et permet de garder un paysage entretenu praticable et un coupe-feu efficace.

Il va donc falloir développer le pastoralisme et le faire en présence du loup qui étend son territoire.

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Loup : des indemnisations importantes, mais toujours insuffisantes

Différents soutiens techniques et économiques sont proposés aux élevages confrontés aux risques de prédation. Sont-ils efficaces ? Suffiront-ils à empêcher certains éleveurs touchés de « tout arrêter « ?

L’État français indemnise systématiquement les dégâts des grands prédateurs depuis 1994. Chaque « suspicion d’attaque » signalée par un éleveur ou berger fait l’objet d’un constat établi par un agent formé à cet effet. Les caractéristiques de l’attaque et l’état de la victime sont relevés. Une grille d’analyse permet ensuite de renseigner la cause de mortalité et la responsabilité du loup. De fait, sont indemnisées toutes les victimes de prédations pour lesquelles la responsabilité du loup n’est pas exclue.

Les indemnisations « loup » couvrent les pertes directes selon un barème établi (victimes tuées ou blessées) : elles prennent en charge la valeur de remplacement des animaux. Sont également compensés les pertes indirectes : animaux disparus et pertes de production liées au stress du troupeau. Pourtant, pour de nombreux éleveurs, ce n’est pas suffisant. Déjà parce qu’il n’est pas toujours facile de prouver que le loup est en cause (pas vu, pas pris) mais aussi parce que la construction d’un cheptel est un exercice très long sur la durée et qu’un remplacement pur et simple des individus sélectionnés est tout bonnement impossible. Enfin, le loup peut causer des stress par sa présence sans s’attaquer au troupeau.

L’indemnisation stress existe mais elle est très faible : 0,70 euros par brebis, plafonnée à 300 têtes.De plus , dans le cas où l’éleveur perd l’une de ses meilleures brebis – imaginons qu’elle lui donne deux beaux agneaux par an, il lui sera très difficile, voire impossible, de retrouver une aussi bonne brebis avec l’indemnité. La nouvelle brebis pourrait ne lui donner qu’un seul agneau très faible chaque année. De plus, il arrive que de nouvelles têtes ne s’intègrent pas du tout au troupeau, de sorte que l’éleveur se retrouve avec des brebis isolées.

 

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Mesures d’accompagnements du pastoralisme face au risque de prédation

 

Face aux attaques répétées, la défense s’est rapidement organisée. L’aide au gardiennage, l’achat et l’entretien des chiens de protection, les filets et clôtures sont financés à hauteur de 80 % de l’investissement, 100% pour les analyses de vulnérabilité. Mais là encore, il faut relativiser les aides. Le dressage d’un chien Patou par exemple est un véritable métier dans le métier, qui demande un investissement et un choix de vie que certains ne veulent ou ne peuvent pas forcément faire.

Les éleveurs, d’ailleurs initialement très réticents à l’adoption de mesures de protection, se sont pourtant engagés dans ces démarches à un rythme croissant chaque année.  En 2018, 2 624 dossiers de financement ont été constitués sur 23 départements pour 24.66 M€ engagés (Source DREAL AuRA), soit 5 fois plus que le coût d’indemnisation des brebis .

Le tir, qu’il soit d’effarouchement ou létal fait désormais partie de la panoplie d’outils dont dispose l’éleveur ou le berger pour protéger au quotidien son troupeau. Une décision politique qui s’explique surtout par la volonté de diminuer les coûts des autres moyens de protection.

Enfin, les tirs de loup sont autorisés par arrêté préfectoral. Avec Emmanuel Macron, un nouveau tournant a été pris en ce sens avec une autorisation de prélèvement exceptionnel de 100 loups, près du double de l’année dernière.

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Plus de loups ou un plus grand territoire ?

La population sera de plus en plus régulée, c’est en tout cas le chemin pris par l’actuelle présidence. L’objectif : moins de loup. Pourtant, cela ne va pas forcément diminuer son territoire. Alors que certains indices semblent indiquer sa présence dans le limousin, la Dordogne ou encore la haute vienne, il serait également bientôt aux portes de paris. Sa zone de présence augmente et il semble qu’il ait de moins en moins peur de l’homme, surtout dans les zones ou aucune protection n’est réalisée. Au final, une augmentation de territoire sans augmentation du loup signifierait une augmentation importante des coûts de protection sans pour autant que cela profite aux loups et aux éleveurs. Face à ce défi, certains prônent de nouveau l’éradication du loup à l’état sauvage. Cette solution facile est gratuite ne sera pourtant jamais une solution : l’opinion publique veut le loup ! D’après les derniers sondages Ifop, 76% des Français considèrent le loup comme ayant toute sa place dans la nature en France, et que 80% d’entre eux sont farouchement opposés à son éradication. 6% seulement des personnes interrogées se montrent fermement opposées à sa présence, notamment chez les plus de 65 ans.

Une solution pourrait-elle être de créer une taxe loup ? L’idée serait de générer les revenus nécessaires à la cohabitation du loup et du pastoralisme qui est de fait très complexe et coûteuse tout en impactant concrètement les particuliers financièrement, comme le sont aujourd’hui les agriculteurs concernés.  Peut-on également imaginer de laisser les loups se développer dans les territoires où l’élevage, notamment ovin est moins important et de le contrôler plus durement dans les territoires très dynamiques dans ces secteurs ?

Quoiqu’il en soit, un choix politique devra être fait entre le choix d’un faible nombre de loups sur un grand territoire ou le choix d’une population plus ciblée et plus nombreuse dans des zones très encadrées. Le second choix portera sur le développement du pastoralisme dans les régions où la présence du loup est avérée. Nul doute que le loup fera parler de lui dans les années à venir…