Agriculteur : quelles aides pour vous installer en Dordogne

L’accompagnement à l’installation avec la Chambre d’agriculture de Dordogne 

Portrait de Georgia Durand et Bastien Lecron

GAEC Le Jardin Maraicher à Parcoul-Chenaud

Portrait d’OLIVIER PETIT & THOMAS PETE

Earl PARC DU BROC à La Jemaye Ponteyraud

Chaque année, la chambre d’agriculture de Dordogne accompagne de nombreux agriculteurs dans leur installation. Grâce à la dotation Jeunes agriculteurs, ces entrepreneurs ont pu bénéficier d’une aide financière et technique adaptée.

C’est le cas de Georgia et Bastien, parents de 3 enfants, qui ont pu prendre le temps nécessaire pour mettre en place un circuit de commercialisation. 

Après une phase d’expérimentation ou Bastien garde son précédent emploi, ils constatent que l’activité est rentable, avec une demande forte en produits Bio.  

Young man in field

Très vite, Georgia intègre une AMAP à Saint-Aulaye, et propose ses produits sous forme de paniers bio. Avec l’association les Paniers de la Double, elle peut vendre directement ses produits aux consommateurs qui s’engagent à prendre un nombre de paniers au trimestre. Elle rejoint alors une seconde association et assure également des livraisons à la « Ruche qui dit oui », ce qui lui permet d’assurer la commercialisation d’une bonne partie de sa production. 

En 2018, Bastien quitte son emploi et rejoint Georgia. Il obtient lui aussi la Dotation jeunes agriculteurs et ensemble, ils créent le GAEC Le Jardin Maraicher. Depuis, le couple a décroché un nouveau circuit de vente avec une boutique de producteurs basée à Chalais en Charente. 

Aujourd’hui Bastien et Georgia font figures d’exemple en matière d’installation. Ils accueillent des personnes en phase d’installation et leur exploitation qui est devenue une « ferme référence » accueille des porteurs de projets et ponctuellement des stagiaires. 

 

Olivier Petit a lui aussi bénéficié de l’accompagnement de la Chambre d’Agriculture de Dordogne. Depuis 2008, il a repris l’exploitation de ses parents et compte un beau cheptel de 225 têtes qui s’étend sur 150 hectares. 

Avec la Chambre d’agriculture, Olivier relève deux défis : réorganiser l’exploitation suite à sa transmission et trouver un associé à Olivier pour pouvoir conserver le cheptel.

Grâce à un stage parrainage, un candidat à la reprise se fait connaître : c’est Thomas. Pendant un an, il sera aux côtés d’Olivier, en conditions réelles sur l’exploitation. Thomas entame des démarches pour s’installer rapidement et décroche une aide via la Dotation Jeunes agriculteurs en 2017 et c’est en janvier 2018 que les deux hommes deviennent associés de l’EARL Parc du Broc.

L’opération est un succès et ensemble, ils envisagent d’augmenter la surface de leur exploitation et d’atteindre l’autonomie alimentaire. 

Pour en savoir plus sur les aides et le suivi à l’installation, rendez vous sur le site de la Chambre de Dordogne.

Technicienne qui témoigne pour les deux profils de témoins : Saliha Hadj-Naceur, conseillère d’entreprise, référente installation.

 

Serre mobile :un exemple d’auto-construction en agriculture

Les standards des machines agricoles ne sont pas toujours adaptés à toutes les méthodes

Les standards des machines agricoles ne sont pas toujours adaptés à toutes les méthodes culturales et certains outils innovants sont difficiles à trouver. Une bonne solution permettant d’avoir un outil parfaitement sur mesure réside dans l’auto-construction. C’est ce que Victor Bovy, agriculteur à Longirod, a entrepris afin de convertir une de ses serres tunnel en serre mobile. Pour l’aider dans ce processus il a fait appel à l’atelier paysan:

Auto-construire avec l’atelier paysan c’est avant tout apprendre et participer à un perfectionnement constant des prototypes réalisés. C’est également la garantie de savoir ajuster et réparer ses outils en cas de besoin et donc de gagner en indépendance. Les plans développés par l’atelier paysan sont accessibles gratuitement sur leur site dans le but de partager le savoir et de rendre les agriculteurs maîtres de leurs outils. Ils organisent également des formations régulières pour apprendre les bases du travail du métal et de la lecture de plan.

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Rester maître de ses outils

Dans ce cas de figure l’auto-construction a permis de recycler une vielle serre tunnel et d’en faire un outil beaucoup plus polyvalent, qui correspond parfaitement aux envies et à la façon de travailler de Victor.

L’auto-construction est donc intéressante à bien des égards; elle permet de développer des solutions adaptées à la variabilité des contextes et des méthodes de travail, de rester maître de ses outils et également de favoriser les échanges et le perfectionnement de machine pour un travail de qualité correspondant au personnalité et aux convictions de chacun.   

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Livrer le lait sur le pas de la porte : un charme moderne

Livraison du lait sur le pas de la porte : une pratique innovante !

La situation économique des exploitations laitières devenant de plus en plus précaire, certains agriculteurs ont élaborés des solutions innovantes pour pouvoir continuer la pratique de leur métier. C’est le cas d’Alain Chabloz, qui gère une exploitation de 90ha. Depuis 2011, afin d’obtenir une meilleure rémunération d’une partie de sa production, il a développé la vente de lait directe. Découvrez son histoire dans la vidéo ci-dessus.

Après la grève de 2009, afin de ne pas gâcher le lait non commercialisé, Alain et sa famille transforme le lait en crème et en beurre afin de l’écouler localement, au bouche à oreille. Constatant l’intérêt général, ils cherchent à développer le créneau mais les normes d’hygiènes les poussent à trouver une alternative moins contraignante. La vente directe du lait cru apparait alors comme une bonne solution.
Après la demande de certains consommateurs, ils se décident à tenter la vente directe. Les clients répondent rapidement présent et ce jusqu’à Renens-Prilly.

Agriculteurs laitiers en vente directe : mode d’emploi

Le lait est livré deux fois par semaine, après la traite du soir le lundi et jeudi. Il est également possible de venir chercher le lait directement à la ferme le matin ou le soir, chaque jour de la semaine. De plus un frigo en self-service est mis à disposition 24h/24h dans le village. En plus des clients privés, Alain a développé une collaboration avec un boulanger à qui il livre chaque semaine du lait frais.

La vente directe permet d’avoir un revenu supplémentaire. En multipliant les canaux de distribution, les Chabloz ne sont plus tributaires d’un seul acheteur et diminue ainsi les risques en devenant plus résilient. Pour se lancer dans un tel projet il faut avoir envie d’avoir le contact avec les clients, et être conscient que cela prend du temps. Entre le remplissage des bouteilles, les livraisons et la gestion du frigo. Mais la vente directe lui a permis de continuer la production de lait.

Avec un avenir incertain en raison des difficultés de la filière du lait, cette démarche a permis d’assurer la pérennité de la ferme de la famille Chabloz. En recréant le lien entre producteurs et consommateurs, le travail fourni et les produits sont ainsi rémunérés et valorisés à leur juste valeur. De plus le dialogue retrouvé permet une meilleure compréhension du métier et des difficultés qui en découlent.

indexDu lait frais déposé chaque matin devant sa porte avant l’heure du petit déjeuner c’est désormais possible en Loire Atlantique et peut-être bientôt dans toute la France. La fraicheur, la traçabilité, sans pasteurisation et sans écrémage sont des attouts non négligeables mais aussi pour l’agriculteur un moyen  de mieux rémunérer son travail quotidien.

La vente de lait frais à domicile permet à un jeune couple d’assurer 5 % de son chiffres d’affaires, avec aussi le reconnaissance des clients pour les heures passées à s’occuper de son cheptel

Pour recevoir son lait frais le matin, le client laisse un message sur le répondeur de la ferme en précisant la quantité de lait à livrer. C’est aussi une solution écologique ! Plus de bouteille à jeter !

 

Breakslip : des culottes pour la biodiversité

 

 

La mise en place de ce protocole est inspirée d’une démarche mise en oeuvre chez nos voisins britanniques engagés dans le projet RiskAquaSoil.

Il s’agit d’enfouir des culottes 100% coton dans le sol pendant 8 semaines afin de vérifier son activité agronomique et de démontrer que la qualité des sols peuvent être des éléments de réponses aux enjeux climatiques.

Pourquoi utiliser des culottes ? 

Simplement parce que dans certains cas l’activité biologique est si intense que le textile s’en trouve tellement dégradé qu’il serait impossible de le retrouver au bout des deux mois.

L’avantage d’enfouir une culotte est qu’elle comporte des élastiques et des coutures qui ne se dégradent pas, on peut donc retrouver le sous-vêtement sans difficulté afin de l’étudier.

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En France, cette démarche expérimentale et scientifique a déjà été mise en place par certaines Chambres d’agriculture dans le but de comprendre l’impact des pratiques agricoles sur la qualité de la terre.

En Dordogne, la Chambre d’agriculture a décidé de s’appuyer sur les agriculteurs engagés dans le réseau DEPHY pour mettre en place ce protocole ainsi que sur ses techniciens référents en agronomie.

Une demande de partenariat a été initiée auprès d’une marque de lingerie engagée dans une démarche environnementale afin de pouvoir bénéficier de culottes de qualité pour favoriser la réussite de cette expérimentation. La marque de lingerie en coton biologique Olly, a répondu favorablement à notre demande.

Les culottes ont été enfouies en Bergeracois sur une exploitation viticole dans deux sols aux activités biologiques présumées plus ou moins intenses pour démontrer l’intérêt d’un sol en bonne santé dans un contexte de changement climatique.

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Breakslip, et c’est le déclic ! 

Enterrer une culotte pour étudier la vie des sols ? C’est osé, mais très sérieux ! Cet événement original qui est en fait un véritable protocole scientifique a vu le jour en Grande-Bretagne pour susciter une prise de conscience sur le rôle de la vie dans le sol. En effet ces culottes 100% en coton vont livrer de nombreuses informations sur leur terroir d’adoption. Après 8 semaines enterrées à 20 cm sous terre dans trois types de sols différents, voici le verdict :

Pour Anthony Castaing, viticulteur bergeracois, chez qui les culottes ont été enterrées :  « il reste l’élastique »

Plus le sol est vivant, plus il se structure. Aéré et filtrant, il contient une meilleure réserve utile en eau. Les insectes, mollusques et surtout les bactéries et les champignons travaillent le sol naturellement profit des cultures. Sans activité biologique forte, les sols sont vite plus compacts et subissent plus durement l’érosion. En cas de fortes précipitation notamment, un sol sans vie absorbe moins l’eau et cela peut augmenter le ruissellement, le lessivage des terres ou même accentuer les crues. Or, avec l’évolution programmée du climat, les événements climatiques extrêmes risquent fort de s’accentuer dans la région. 

Connaître la vie des sols et surtout les paramètres qui l’influence est donc un véritable enjeu pour l’agriculture européenne. Le projet Breakslip a été mené avec succès chez nos voisins anglais pour faire un bilan de l’état des sols.

Huit semaines ont passé et les culottes sont entièrement consommées ! … Terminées pour elles… et c’est tant mieux ! Si la culotte est dégradée c’est que la flore microbienne les microbes et bien sûr les vers de terre et autres mollusques sont bien présents.

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Cultiver avec des couverts végétaux, des légumineuses et des graminées peuvent attirer plus de vie sur une vieille vigne. Sur une vigne plus jeune qui a été labourée récemment, les culottes du viticulteur sont moins dégradées… mais aussi riches d’enseignements !

En effet, le résultat est tout de même positif. Anthony a pu en déduire plusieurs informations. Le passage du tracteur a pu compacté les sols et surtout il a pu mesurer l’impact des couverts végétaux sur les terres où les culottes sont le mieux dégradées. D’autres informations viendront. Il s’agit d’en avoir un maximum pour constituer un tableau croisé des paramètres qui influencent la vie des sols. A travers le projet Breakslip, c’est donc un projet de recherche global en agronomie.

Travailler ensemble pour améliorer la résilience des sols face aux évolutions climatiques mais aussi améliorer la fertilité et la structure des sols pour une meilleure productivité, c’est le pari réussi de l’équipe Breakslip. Ce projet qui a déjà été appliquée en France attend toujours nouveaux adeptes. Alors si vous avez un bout de terrain et que vous souhaitez faire le test : plantez vos culottes ! Et partez à la découverte de la vie de vos sols.

Les partenaires techniques et financiers du #BreakSLIP

Ce projet bénéficie du soutien financier de l’Union Européenne via le programme Interreg Espace Atlantique.

Le #BreakSLIP est porté par la Chambre d’agriculture de Dordogne en partenariat avec :

  • Les viticulteurs du Bergeracoisengagés dans le réseau Déphy (agriculteurs engagés dans une démarche de réduction de l’utilisation des produits phytos – Plan Ecophyto)
  • Olly, la marque de lingerie en coton bio, fournisseur des culottes 100% coton qui servent de socle à la mise en place du protocole

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Cette vidéo a été réalisée par miamedia. Un projet de recherche en agriculture à valoriser ? Contactez nous vite !

Resto à la ferme : mode d’emploi

TAPAS – 4 from Miamedia TV on Vimeo.

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Les marchés agricoles sont fluctuants et les revenus d’une exploitation peuvent subir des variations importantes. Face à cette instabilité économique, des agriculteurs Vaudois ont trouvé des solutions innovantes et originales pour commercialiser différemment. C’est le cas de Yannick Passas, qui gère une exploitation viticole de 15 Ha en biodynamie. Depuis 2009, il a ouvert sa ferme au public et y organise de nombreux événements.

Après avoir créé la marque MM la maison du moulin, il organise des événements ciblés pour attirer la clientèle. Malgré la localisation du domaine, Yannick et ses collaborateurs ont su attirer et créer une communauté d’habitués. Il offre à ses clients une variété d’évènements tels que les soirées tapas du vendredi afin d’accompagner la dégustation de ses vins ou les brunchs et marché aux légumes du samedi matin.

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La démarche de Yannick offre à son public une vision et un partage de son domaine. En se rapprochant du consommateur il peut expliquer ses méthodes et ses convictions et répondre précisément à leur question, fidélisant ainsi les clients. Plus qu’un domaine viticole, la maison du moulin est un lieu d’échange. Une manière de consommer autrement.

Avec cette démarche, Yannick a dû acquérir de nouvelles compétences, tant au niveau marketing que communication. Il a également dû apprendre une nouvelle gestion des stocks et du temps.

Grâce à ces événements, Yannick a permis de diversifié ses canaux de vente et son chiffre d’affaire. Il a surtout diminué la dépendance de son exploitation face aux acheteurs et appris à valoriser son vin au mieux. Mais il ne compte pas s’arrêter là : de nombreux partenariats ont vu le jour comme l’installation d’une borne de recharge pour voiture électrique Tesla, un atout marketing qui fait connaître le domaine..

La mise en place d’accueil et d’activités en lien avec l’agriculture se sont de plus en plus développées ces dernières années. C’est le choix qu’a fait la famille Cretegny. Depuis une trentaine d’années, elle accueille petits et grands dans sa ferme. Les activités offertes vont de l’organisation d’anniversaire aux brunchs en passant par l’école à la ferme.

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Les raisons qui ont poussé à développer l’agritourisme sont au départ purement économique. Il a fallu trouver une nouvelle source de revenu, sans avoir besoin de quitter de domaine familial. L’agritourisme est une évidence, la famille aime la cuisine, et le contact avec le consommateur

En 2000, la famille Cretegny prend un nouveau tournant avec la transformation de l’ancienne étable en lieu d’accueil, après l’abondant du bétail. A l’offre déjà existante vient s’ajouter au fils des ans l’organisation d’anniversaires et des camps à la ferme, des brunchs le dimanche et repas,  la transformation du marché en self-service et répondre ainsi à une demande de plus en plus importante. Il a donc fallu acquérir de nouvelles compétences.

Il a fallu se former acquérir des licences dans la restauration et œnotourisme, ce qui implique une certaine rigueur de travail. Malgré les coûts, cette démarche a permis à la famille Cretegny d’avoir une autre source de revenu et de maintenir le domaine agricole. De rapprocher consommateur et producteur, ainsi donc de reconnecter les citadins au monde agricole. De créer une économie locale et de valoriser l’entier de l’exploitation agricole

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Agritourisme à la ferme :

quelles options ?

L’accueil à la ferme bénéficie d’un statut moins contraignant que l’hotellerie, justement parce qu’il vient compléter une activité agricole. Il y a bien sûr des seuils à respecter pour ne pas basculer dans le régime de l’hotellerie. La réglementation est aussi différente selon le type d’accueil qui est pratiqué : gîte (meublé de tourisme ou gîte d’étape), chambre d’hôte, table d’hôte, ferme auberge et camping.

Gîte rural

Les gîtes sont des appartements/maisons loués entièrement meublés et indépendants (salle de bain, cuisine…). Ils sont généralement loués à la semaine ou sur des courts séjours en hors saison. Cette forme d’accueil est celle qui nécessite le moins de temps de travail, ce temps se concentrant le samedi, jour d’arrivée et des départs.

  • Gîte d’Accueil Paysan : Le gîte doit se situer à proximité de l’habitation principale. La recherche de temps de rencontre et la convivialité sont au cœur de cette formule d’hébergement qui laisse toutefois une grande autonomie.

Chambres d’hôte

Elles doivent être chez l’habitant (directement dans la maison ou dans le corps de ferme). Une salle de bains peut être utilisée par les hébergés de deux ou trois chambres.

Une même ferme doit posséder moins de 5 chambres et  moins de 15 personnes pour rester dans la classification « chambre d’hôtes ». L’hébergeur est tenu d’assurer le petit déjeuner et de fournir du linge de lit. Ce type d’accueil se caractérise par des courts séjours (les personnes restent en moyenne 3 nuits sur un même lieu), et un temps de travail important. Les personnes venant en chambres d’hôtes ont une attente très forte d’échange et d’accueil. L’organisation des réservations doit être précise.

  • Chambres d’Accueil Paysan : elle doit posséder un niveau de confort conforme à l’habitat local et doit être le reflet des activités, des manières de vivre de l’accueillant. Si celui-ci est un producteur, ce système d’accueil doit permettre la valorisation de son métier qu’il fait découvrir et le conforte dans les valeurs qu’il représente, ainsi que la valorisation du fruit de son travail par la vente de ses produits. Si l’accueillant est acteur rural, il fera la promotion des produits paysans de la région.
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Tables d’hôte

La dénomination « tables d’hôtes », par opposition à l’auberge, est réservée aux repas pour les personnes qui dorment  sur place. Ce doit être un repas unique (pas de menu, service unique), à la table familiale, le nombre de personnes ne doit pas dépasser 15 personnes, la cuisine doit être fonctionnelle sans répondre aux normes de la restauration « classique ». Pour les fermes isolées proposant des chambres d’hôtes, il est souhaitable de proposer cette formule aux hôtes qui souhaitent souvent rester sur place le soir.

  • Table d’Accueil Paysan avec hébergement : les aliments doivent majoritairement provenir de la ferme ou des fermes alentours
  • Table d’Accueil Paysan  sans hébergement : Cette formule est propre au label Accueil Paysan et a été acceptée par la Répression des Fraudes nationales lors des modifications des cahiers de charges. Elle est réservée aux agriculteurs inscrits à la MSA. Le paysan n’accueillera à sa table pas plus de 15 personnes en servant majoritairement les produits de sa ferme.

Fermes Auberges

Elles sont soumises aux mêmes normes sanitaires que la restauration (à voir avec la DSV). 75 à 80 % des produits servis doivent être issus de la ferme et des fermes voisines.

  • Auberge paysanne d’Accueil Paysan : L’accueillant doit être disponible pour les dialogues et les échanges, sans pour cela partager le repas avec les accueillis. Le paysan valorise ses propres produits à la table de l’auberge. Le reste des ingrédients proposés seront issus de produits locaux et qui correspondent au cahier des charges des « produits paysans ».
  • Auberge du pays d’Accueil Paysan : sont concernés les adhérents non inscrits à la MSA. L’aubergiste s’approvisionne chez les producteurs locaux pour les ingrédients de base de ses repas. Il valorise ainsi les produits issus des fermes de proximité dont il garantit la qualité sanitaire et gustative. Par là même il fait la promotion des produits paysans de sa région et en indique la provenance sous forme d’affiches ou dépliants. Avec cette synergie solidaire nécessaire entre le monde rural et paysan, l’aubergiste correspond à la Charte.

Gîtes d’étape

Hébergement fonctionnel mais simple (souvent des petits dortoirs, une salle d’eau à partager…) aux tarifs modérés. Les personnes restent 2 à 3 nuits et viennent en gîte d’étape dans un objectif d’activité à pratiquer (randonnées…). En ce qui concerne les normes de sécurité, la notion de gîte de groupe peut poser des problèmes face à la réglementation incendie. Les dortoirs doivent, dans certains cas, être équipés comme des établissements recevant du public (alarme incendie, évacuation…).

  • Relais d’Accueil Paysan : le lieu d’accueil doit être situé au plus près de l’habitation principal,  il est obligatoire de mettre une cuisine en gestion libre en complément à la table d’accueil paysan, dans un souci de diminuer les coûts pour l’accueilli.
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Campings

En-deça de 7 emplacements, le camping doit faire l’objet d’une déclaration en mairie. Il est dit « camping déclaratif » car ouverture sur déclaration préalable en Mairie : interdiction d’implanter des habitats légers de loisir (HLL), obligation d’avoir un point d’eau avec douche, toilettes, lavabos, eau potable et assainissement. Ce bloc sanitaire peut être dans l’habitation principale.

A partir de 7 emplacements, une demande de permis de construire et une déclaration en Préfecture sont obligatoires. Il existe deux types de camping (de 7 à 25 emplacements) :
l’aire naturelle de camping : ouverte 6 à 7 mois par an. Par exemple : une pâture servant aux bêtes 4 mois/ an et le reste du temps en aire de camping. Le terrain doit pouvoir garder son caractère agricole.
le camping permanent.

Dans ces deux cas de camping déclaré en Préfecture, 30% des emplacements peuvent être des habitations légères de loisirs : caravane, mobil-home, yourte, chalet amovible.

  • Camping et aire naturelle d’Accueil Paysan : ils se situent tout naturellement à proximité de l’habitation principale de l’accueillant. Ce dernier propose les produits de sa ferme ou de son potager ainsi que d’autres produits paysans du terroir local. Dans ce cas, il doit en faire connaître la provenance à ses hôtes. L’accueillant doit faire preuve d’un réel désir de faire connaître son métier ses activités, de partager son savoir et son savoir faire.

Vidéos financées par la DGAV du Canton de Vaud et réalisées par miamedia. Textes « accueil à la ferme » proposé par l’ADEAR et l’association Accueil Paysan. 

 

Pastoralisme : le retour !

 

Le pastoralisme : un enjeu fondamental pour les territoires

Le pâturage pour dynamiser un paysage, c’est possible ! Dans le sud-ouest de la France, des éleveurs réinvestissent la pratique du pastoralisme sur des surfaces en déprise.

Les avantages du pastoralisme sont nombreux. Tout d’abord, les terres non entretenues favorisent le risque d’incendie. La forêt reprend si vite ses droits qu’elle ferme les paysages. Or, d’après les recherches du Cairn, un changement dans la structuration de la nature a de nombreuses implications économiques et sociales. Tourisme, risque incendie mais aussi tissu social lorsque des zones rural sont enclavées, tous ces secteurs sont impacts par la fermeture des paysages.
En Dordogne, le taux de boisement approche 50% et ce chiffre augmente chaque année. Un équilibre est donc à rechercher et la forêt a besoin d’être entretenue en créant ou en maintenant des espaces ouverts. Et pour ce travail technique, les brebis sont toutes indiquées.

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Pour ce faire, le pastoralisme est la solution idéale. Cette méthode naturelle et non contraignante permet d’entretenir les sols tout en bénéficiant aux éleveurs par l’apport de ressources gratuites. Afin d’organiser et de pérenniser cette pratique ancienne, 5 associations foncières pastorales libres ont vu le jour depuis 2016 en Dordogne .
En effet, le pastoralisme bénéficie aussi aux propriétaires qui ont la possibilité d’entretenir gratuitement leurs parcelles. Le propriétaire conserve son plein usage de son bien hors des périodes de pâturage. Mieux les exploitants agricole bénéficient d’un enrichissement naturel des sols.

Le pastoralisme permet également de dynamiser le territoire. Lors de l’installation d’un troupeau pour la pâture, des emplois sont créés et la richesse du territoire est directement valorisée. Si Christophe et Anne ont quitté la Normandie pour la Dordogne, c’est pour les opportunités d’y développer le pastoralisme.

Parce qu’il réunit propriétaires de terres et agriculteurs, le pastoralisme créé du lien social. L’AFPL intervient pour créer le contact et organiser les pâtures.
Depuis 2018, le projet Brebis-link s’est fixé pour objectif de tester la valeur agronomique du pâturage sur toutes les surfaces dites additionnelles. Outre les surfaces pastorales, les vergers, les vignes, les céréales et les noyers de la région hébergent des ressources fourragères qui présentent un intérêt pour les troupeaux. On observe notamment une baisse de l’utilisation de phytopharmaceutiques et de compléments alimentaires.

Brebis, éleveurs, propriétaires et bien sûr consommateurs, tout le monde est gagnant. Que vous souhaitez accueillir des éleveurs ou faire saturer vos animaux, la Chambre d’agriculture de Dordogne peut vous renseigner et vous accompagner dans vos démarches.

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En France, 60 000 exploitations agricoles valorisent des surfaces pastorales, c’est-à-dire des espaces semi-naturels pâturés. Celles-ci représentent une partie importante des ressources fourragères d’un troupeau. Pour maintenir la valorisation de ces surfaces, les Chambres d’agricultures accompagnent sur le terrain les agriculteurs dans l’évolution des systèmes agricoles et pastoraux en oeuvrant pour la prise en compte des spécificités de chacun.

Dans certains massifs, les surfaces pastorales sont indispensables à l’équilibre alimentaire des troupeaux et donc à la viabilité des exploitations. Au delà de sa place dans l’agriculture, le pastoralisme bénéficie aussi à la collectivité par l’entretien d’espaces agricoles.

Pour revaloriser des zones en déprise agricole et relancer la production ovine, éleveurs et collectivités locales travaillent à une expérimentation de pastoralisme. L’enjeu pour le territoire est à la fois économique, environnemental et social.

Les collectivités se mobilisent pour limiter la déprise agricole et la fermeture du paysage.

La mise en place de la charte forestière Sud Périgord a mis en évidence la fermeture du paysage avec des taux de boisement atteignant jusqu’à 70 % sur certaines communes.

Sollicités par les élus locaux pour répondre à cette préoccupation, l’antenne de la Chambre d’agriculture de Sarlat et le CrDA du Périgord Noir ont engagé des actions capables de recréer du lien et de participer à la redynamisation des territoires.

Des actions similaires sont en cours sur d’autres parties du territoire pour relancer l’activité pastorale.

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La relance du pastoralisme en Dordogne depuis 2011

Une opération test a eu lieu en août 2011, sur les communes de Campagnac et Saint-Pompon.

Ces communes, situées dans le sud du Périgord Noir, ont reçu des troupeaux afin d’observer l’impact du pâturage sur des zones en friches, des landes embroussaillées ou des zones boisées.

Cette opération fut l’occasion de sensibiliser les éleveurs locaux et de démontrer l’intérêt de ces nouvelles pratiques en termes d’engraissement et d’alternative au système céréales traditionnel.

Sur le terrain, les Chambres d’agriculture accompagnent les éleveurs qui utilisent des surfaces pastorales :

  • suivi technico-économique des exploitations, notamment par le biais de diagnostics
  • élaboration de références et d’outils d’aide à la décision
  • organisation de journées techniques et de sensibilisation
  • réalisation d’études sur le pastoralisme

Certaines Chambres d’agriculture accompagnent également les autres gestionnaires d’espaces pastoraux : groupements pastoraux, associations foncières pastorales…

Elles participent par ailleurs à la valorisation des produits issus de la montagne et des zones pastorales par le développement des signes de qualité, des circuits courts…

Qu’est-ce que le pastoralisme ?

Le pastoralisme regroupe l’ensemble des activités d’élevage valorisant par le seul pâturage les ressources fourragères spontanées des espaces naturels. Ces surfaces pastorales assurent tout ou une partie de l’alimentation des troupeaux.
Cette activité de production peut s’exercer sur des surfaces pastorales proches des sièges d’exploitation (parcours et estives locales) ou s’organiser à l’échelle régionale ou interrégionale en ayant recours aux transhumances estivales ou hivernales.
La relation homme-animal-nature est la clef de voûte du système d’élevage pastoral. Les éleveurs et bergers doivent en effet s’appuyer sur des races animales adaptées et sur la complémentarité des milieux et des ressources pastorales pour satisfaire les besoins d’un troupeau.

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40 ans de la loi pastorale française

L’Association française de pastoralisme (AFP) et les Chambres d’agriculture ont organisé le 1er mars 2012 une journée pour les 40 ans de la loi pastorale. Cette journée a permis de dresser des perspectives pour l’avenir du pastoralisme en Europe, notamment sur la prise en compte du pastoralisme dans la future Pac. La loi pastorale a favorisé le maintien et la modernisation des activités pastoraleset permis la création de trois structures innovantes : les Associations Foncières Pastorales, les Groupements Pastoraux et les Conventions pluriannuelles de Pâturage.

En savoir plus : consultez le communiqué et dossier de presse de la journée européenne sur le pastoralisme

Le pastoralisme en chiffres :
  • 60 000 exploitations agricoles
  • près de 2 millions d’hectares valorisés

Vidéos et photos réalisées par miamedia. Un projet de recherche en agriculture à valoriser ? Contactez-nous vite !

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Loup Vs pastoralisme: le point sur la recherche

Le pastoralisme est-il compatible avec le loup ?

Vidéos choc d’animaux à moitié dévorés, d’éleveurs-chasseurs armés prêts à en découdre, le loup est à Namur et retrouve petit à petit son territoire français… et fait parler de lui. Avec l’évolution du rapport à l’alimentation, à l’agriculture et avec l’avènement d’un dérèglement climatique qui pose de moins en mois question, la population est de plus en plus sensibilisée aux questions sur la nature et son organisation par l’homme. À ce titre, le débat sur le loup est révélateur de certains dilemmes qui peuvent toucher les populations les plus engagées : pour faire simple, les gens veulent le pastoralisme, et ils veulent le loup, mais est-ce bien possible ?

Pour de nombreux éleveurs situés hors des zones où l’on trouve le loup, la question ne fait pas débat : les deux ne sont pas compatibles. Michel, éleveur de brebis en Dordogne le clame haut et fort : si le loup arrive, il arrêtera ! Pourtant, face à la dégradation des paysages de plus en plus fermés et la volonté des consommateurs de valoriser les élevages extensifs, le pastoralisme semble être une solution d’avenir. Le défi du futur est donc simple : il va falloir développer le pastoralisme alors que le territoire du loup est en augmentation en France. Voici quelques points d’information pour rationaliser un débat qui fait souvent polémique. En effet, le pastoralisme a toujours été en contact avec le loup et c’est donc possible. Il semble que la question soit plus nuancée et que le facteur économique soit déterminant.

Le loup, une question de sous ?

Les mesures de protection, nouvelles ou anciennes ont un coût élevé. Or, le seuil de rentabilité à partir duquel la présence d’un berger formé est rentable est de 800 ovins (source : France nature environnement). Dans un secteur où les difficultés sont constantes et risquent d’empirer avec la signature du Ceta, un salaire ou deux de plus fait une énorme différence… différence qui peut s’avérer fatale à l’exploitation, mais surtout décourager les éventuels repreneurs du flambeau pastoraliste.

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Loup VS pastoralisme : quelques chiffres :

Selon les sources (Cerpam – MAP) entre 700 000 et 900 000 ovins pâturent en zones à loups au plus fort de la saison pastorale. Le mouton est donc une composante non négligeable de la disponibilité alimentaire du loup. En période estivale et localement, la part des ongulés domestiques peut monter jusqu’à 40-50% de son régime alimentaire. (moyenne par meute à 16 % environ du régime alimentaire – source ONCFS). Oui,  le loup se nourrit des troupeaux et non pas seulement d’ongulés sauvages. Mais oui aussi, cela n’a pas entamé sérieusement les secteurs ovins et caprins là où le loup est le plus présent. Les Basses Alpes notamment, est un secteur où l’élevage se porte bien.

Plus que l’effectif total de loups, il semble que ce soit l’extension de l’aire de répartition qui soit responsable de la croissance nationale des dommages. La probabilité de rencontre entre le prédateur et de nouveaux troupeaux augmente. Mais bien que continue, cette augmentation des dommages n’est pas régulière dans le temps et dans l’espace.

 

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Les dégâts connexes du loup

Toutes les unités pastorales (UP) exposées au risque de prédation (car situées au sein de l’aire de présence détectée du loup) ne sont pas attaquées d’une part, et parmi celles attaquées, certaines le sont bien plus souvent que d’autres, certaines années ou bien de façon continue.

Si la fréquence des attaques est très variable (en moyenne, 85% des UP touchées ne subissent « qu’une » attaque par an) ces attaques sont souvent très destructrices. Certains élevages en concentrent un nombre bien plus important, soit plus de 10 attaques parfois par an : on parle alors de « foyers d’attaques » pour les exploitations les plus touchées. Ponctuellement, la gravité des attaques peut être accentuée par un effet de « surplus killing » (le prédateur tue plus d’animaux que nécessaire) ou lors d’un dérochement lié à l’affolement du troupeau (jusqu’à 300 ovins précipités d’une barre rocheuse en Mercantour).

À ces pertes constatées et facilement chiffrables, s’ajoutent la part des animaux disparus (probable à chaque attaque), le stress occasionné au restant du troupeau, la baisse de la prise de poids, la baisse de la lactation, de la fertilité ou prolificité qui peut en découler.

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Ainsi, il est évident que le loup fait des dégâts beaucoup plus importants que l’unique chiffre de la mortalité ne révèle pas toujours. Ainsi, un agriculteur de haute Provence a vu une de ses bêtes dévorée (et indemnisée) alors que deux autres, bléssées, ont dues être euthanasiées. Plus, l’agriculteur a dénombré vingt avortements et une trentaine de naissances avancées de trois semaines.

Enfin, la pression de prédation est imprévisible et donc constante ajoutant un stress pour l’éleveur qui se chiffre difficilement. Les indemnisations, si elles ont le mérite d’exister peuvent difficilement remplacer une sélection naturelle faite sur le troupeau par l’éleveur sur plusieurs génération. Un phénotype adapté au terroir ou à la vente mettra du temps à être recréé par l’éleveur. Le plus difficile pour les éleveurs et bergers est donc finalement de travailler avec le risque permanent d’attaque sur leur troupeau, et la tension psychologique qui en découle. La nécessaire mise en place de stratégies et techniques de protection du cheptel, voire la réorganisation du système d’exploitation sont lourdes de contraintes et conséquences. L’impact du loup sur l’élevage se mesure donc aussi au niveau économique, social et psychologique.

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Une évolution face au besoin de développer le pastoralisme ?

Si le loup est une espèce protégée, le dernier plan Loup semble amorcer un léger virage : Ainsi le quatrième plan , « sur le loup et les activités d’élevage », mis en place de 2018 à 2023, se base sur cette évaluation : « Le plan loup a pour objectif d’élaborer une nouvelle méthode de gestion de l’espèce, fondée sur une meilleure connaissance de l’espèce et de ses modes de vies, pour mieux la protéger et permettre également la protection des troupeaux et des éleveurs » (DREAL AuRA 2018) Cette version, comme les précédentes, tente de concilier les objectifs de protection de l’espèce et les attentes des différents acteurs du territoire.

En effet, si le loup est plébiscité par l’opinion publique, le pastoralisme a lui aussi le vent en poupe et devient même de plus en plus une nécessité. L’exode rurale et les difficultés économiques ont détruit le tissu agricole français et les petites exploitations particulières ont diminuées, tout comme la présence de l’homme dans certaines zones. Conséquences : la nature a repris ses droits dans de nombreuses campagnes. Là où les paysages sont fermés, on ne passe plus, que ce soit pour y randonner, pour y travailler ou même pour y chasser. Le feu, en revanche, se régale de ces zones fermées où les herbes et les ronces propagent l’incendie. Et avec le réchauffement climatique, la fermeture des paysages va vite devenir un enjeu fort. Hors, face à ces questions, le pastoralisme est une réponse toute trouvée. Un troupeau a une force d’attaque formidable et permet de garder un paysage entretenu praticable et un coupe-feu efficace.

Il va donc falloir développer le pastoralisme et le faire en présence du loup qui étend son territoire.

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Loup : des indemnisations importantes, mais toujours insuffisantes

Différents soutiens techniques et économiques sont proposés aux élevages confrontés aux risques de prédation. Sont-ils efficaces ? Suffiront-ils à empêcher certains éleveurs touchés de « tout arrêter « ?

L’État français indemnise systématiquement les dégâts des grands prédateurs depuis 1994. Chaque « suspicion d’attaque » signalée par un éleveur ou berger fait l’objet d’un constat établi par un agent formé à cet effet. Les caractéristiques de l’attaque et l’état de la victime sont relevés. Une grille d’analyse permet ensuite de renseigner la cause de mortalité et la responsabilité du loup. De fait, sont indemnisées toutes les victimes de prédations pour lesquelles la responsabilité du loup n’est pas exclue.

Les indemnisations « loup » couvrent les pertes directes selon un barème établi (victimes tuées ou blessées) : elles prennent en charge la valeur de remplacement des animaux. Sont également compensés les pertes indirectes : animaux disparus et pertes de production liées au stress du troupeau. Pourtant, pour de nombreux éleveurs, ce n’est pas suffisant. Déjà parce qu’il n’est pas toujours facile de prouver que le loup est en cause (pas vu, pas pris) mais aussi parce que la construction d’un cheptel est un exercice très long sur la durée et qu’un remplacement pur et simple des individus sélectionnés est tout bonnement impossible. Enfin, le loup peut causer des stress par sa présence sans s’attaquer au troupeau.

L’indemnisation stress existe mais elle est très faible : 0,70 euros par brebis, plafonnée à 300 têtes.De plus , dans le cas où l’éleveur perd l’une de ses meilleures brebis – imaginons qu’elle lui donne deux beaux agneaux par an, il lui sera très difficile, voire impossible, de retrouver une aussi bonne brebis avec l’indemnité. La nouvelle brebis pourrait ne lui donner qu’un seul agneau très faible chaque année. De plus, il arrive que de nouvelles têtes ne s’intègrent pas du tout au troupeau, de sorte que l’éleveur se retrouve avec des brebis isolées.

 

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Mesures d’accompagnements du pastoralisme face au risque de prédation

 

Face aux attaques répétées, la défense s’est rapidement organisée. L’aide au gardiennage, l’achat et l’entretien des chiens de protection, les filets et clôtures sont financés à hauteur de 80 % de l’investissement, 100% pour les analyses de vulnérabilité. Mais là encore, il faut relativiser les aides. Le dressage d’un chien Patou par exemple est un véritable métier dans le métier, qui demande un investissement et un choix de vie que certains ne veulent ou ne peuvent pas forcément faire.

Les éleveurs, d’ailleurs initialement très réticents à l’adoption de mesures de protection, se sont pourtant engagés dans ces démarches à un rythme croissant chaque année.  En 2018, 2 624 dossiers de financement ont été constitués sur 23 départements pour 24.66 M€ engagés (Source DREAL AuRA), soit 5 fois plus que le coût d’indemnisation des brebis .

Le tir, qu’il soit d’effarouchement ou létal fait désormais partie de la panoplie d’outils dont dispose l’éleveur ou le berger pour protéger au quotidien son troupeau. Une décision politique qui s’explique surtout par la volonté de diminuer les coûts des autres moyens de protection.

Enfin, les tirs de loup sont autorisés par arrêté préfectoral. Avec Emmanuel Macron, un nouveau tournant a été pris en ce sens avec une autorisation de prélèvement exceptionnel de 100 loups, près du double de l’année dernière.

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Plus de loups ou un plus grand territoire ?

La population sera de plus en plus régulée, c’est en tout cas le chemin pris par l’actuelle présidence. L’objectif : moins de loup. Pourtant, cela ne va pas forcément diminuer son territoire. Alors que certains indices semblent indiquer sa présence dans le limousin, la Dordogne ou encore la haute vienne, il serait également bientôt aux portes de paris. Sa zone de présence augmente et il semble qu’il ait de moins en moins peur de l’homme, surtout dans les zones ou aucune protection n’est réalisée. Au final, une augmentation de territoire sans augmentation du loup signifierait une augmentation importante des coûts de protection sans pour autant que cela profite aux loups et aux éleveurs. Face à ce défi, certains prônent de nouveau l’éradication du loup à l’état sauvage. Cette solution facile est gratuite ne sera pourtant jamais une solution : l’opinion publique veut le loup ! D’après les derniers sondages Ifop, 76% des Français considèrent le loup comme ayant toute sa place dans la nature en France, et que 80% d’entre eux sont farouchement opposés à son éradication. 6% seulement des personnes interrogées se montrent fermement opposées à sa présence, notamment chez les plus de 65 ans.

Une solution pourrait-elle être de créer une taxe loup ? L’idée serait de générer les revenus nécessaires à la cohabitation du loup et du pastoralisme qui est de fait très complexe et coûteuse tout en impactant concrètement les particuliers financièrement, comme le sont aujourd’hui les agriculteurs concernés.  Peut-on également imaginer de laisser les loups se développer dans les territoires où l’élevage, notamment ovin est moins important et de le contrôler plus durement dans les territoires très dynamiques dans ces secteurs ?

Quoiqu’il en soit, un choix politique devra être fait entre le choix d’un faible nombre de loups sur un grand territoire ou le choix d’une population plus ciblée et plus nombreuse dans des zones très encadrées. Le second choix portera sur le développement du pastoralisme dans les régions où la présence du loup est avérée. Nul doute que le loup fera parler de lui dans les années à venir…

 

 

Agribashing : mythe ou réalité ?

« Ici, on cultive votre futur cancer. «  écrit sur un panneau à l’entrée d’un champ : vous trouvez ça normal ? Si oui, c’est que vous avez êtes probablement atteint d’une maladie devenue courante aujourd’hui : l’agribashing. Si le mot est sur toutes les bouches, c’est bien parce que le phénomène a pris ces dernières années une ampleur controversée, mais très relayée par les médias.  En effet, si les agriculteurs sont bel et bien touchés par le phénomène, ce dernier ne serait-il pas également amplifié par les réseaux sociaux et les questions politiques ? Et si au final, l’agribashing ne serait pas le signe d’un besoin exacerbé de nos sociétés d’avoir accès à l’information, notamment en agriculture ?

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Un panneau d’une rare violence, heureusement plus rare qu’on pourrait le penser…

Agribashing : utilisateurs de phyto autant ciblés que les producteurs ?

 

Oui, les phytosanitaires polluent et sont cancérigènes, en premier lieu pour les agriculteurs eux-mêmes. Des plans pour réduire les phytosanitaires (plan Ecophyto) sont d’ailleurs mis en oeuvre pour diminuer leur utilisation avec un succès très relatif : les ventes de produits phytosanitaires augmentent chaque année. S’il ne s’agit pas ici de remettre en question la potentielle dangerosité de certaines exploitations intensives, il convient de se poser un certain nombre de questions :

Pourquoi dans le secteur agricole, les utilisateurs de produits potentiellement dangereux sont autant, voir plus montrés du doigt que ceux qui les fabriquent ? Pourquoi la révolte contre les produits cancérigènes est-elle plus forte dans le secteur agricole que dans les autres secteurs ? En effet, les sociétés de nettoyage par exemple utilisent des produits chimiques et cancérigènes, mais on trouverait peu approprié d’aller accuser d’empoisonnement une simple femme de chambre. Dans le secteur de l’aéronautique, est-il vraisemblable de s’en prendre au personnel des aéroports ? Autre exemple, est-il juste de s’attaquer aux imprimeurs pour faire cesser la déforestation ? En agriculture , l’agriculteur est tenu comme responsable de l’utilisation mais aussi de l’existence même des produits phytosanitaires qu’il utilise. Un peu comme si le fait d’utiliser des phytos faisait de l’agriculteur un lobbyiste confirmé des produits qu’il utilise. Scoop : la grande majorité des agriculteurs est conscient des dangers de ces produits, à fortiori puisqu’il est le premier à être en contact avec eux, et souvent accompagné de sa famille qui vit en général près des exploitations. S’il les utilise, c’est donc parfois par choix assumé, mais aussi souvent par obligation pour protéger sa subsistance et son emploi. Un militant me dit un jour avec un air avisé : « savez-vous qu’il y a même écrit sur les boites de phytos que c’est bon pour les plantes ? » Signe de l’ignorance du grand public sur ces produits qui, oui, sont bien des médicaments pour les plantes (avec des effets secondaires préjudiciables s’ils sont mal utilisés). Si la révolte contre l’utilisation massive de phytos est juste, c’est donc la cible qu’elle choisit en général qui pose question.

 

Un agriculteur : des agriculteurs

Tous les oeufs dans le même panier ! Si l’agribashing semble battre son plein, c’est peut-être aussi  par méconnaissance du métier d’agriculteur qui a une spécificité : sa variabilité. En fonction du climat, du terroir et avec la nécessité des rotations, chaque année est différence, et chaque exploitation également. En passant à côté d’une parcelle, le néophyte ne pourra pas forcément connaître l’itinéraire technique de l’exploitant. En réalité, il y a des chances qu’il n’y ait pas une goutte de phyto ! En effet, fin 2019, 9,5% de la surface agricole utile des exploitations sont conduits selon le mode de production biologique, soit une parcelle sur dix. Il ne s’agit pas de nier l’utilisation massive sur certaines exploitations, mais de rappeler une évidence : la quantité utilisée est variable et de nombreux agriculteurs conventionnels utilisent très peu de phytos. Enfin, il est à noter que tout produit phytosanitaire acheté doit être utilisé. Cette mesure dont le but est de limiter les réserves et les stocks sauvages qui peuvent être désastreux a comme effet pervers de pousser l’agriculteur à finir son stock alors qu’il n’en a finalement pas eu besoin. Malheureusement, le don de divination n’est pas toujours suffisamment développé chez l’agriculteur qui fait sa commande.

Bien sûr, les actions choc comme ces panneaux posés en bout de champ ont pour objectif de sensibiliser, et il faut le faire. Néanmoins, le faire de cette façon brutale fait-il avancer le débat ? Peut-être, mais cette communication a un effet pervers : faire croire au public que l’agriculteur en général est un pollueur, voire un empoisonneur, un comble pour un métier qui consiste à accompagner dans leur développement des organismes naturels et à nourrir les populations.

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L’agribashing existe-t-il ?

Certains s’interrogent sur la réalité de l’agribashing qui serait juste un phénomène médiatique. En effet, les médias qui aiment attiser les conflits et font leur choux gras des polémiques se sont largement emparés du sujet et ont donné à des actes d’agression envers des agriculteurs une importance supplémentaire, donnant parfois l’impression que le phénomène est global. Quelques chiffres nuancent en effet le phénomène à commencer par celui-ci :

82% des Français aiment leurs agriculteurs

Mais en revanche, lorsque l’on regarde ces mêmes sondages, 52% les jugent «pollueurs», 64% estiment que la profession n’est pas suffisamment attentive à l’environnement et 51% pensent qu’ils n’accordent pas assez d’attention à la sécurité sanitaire. Il semble alors que pour la population, il y a un décalage entre une image très positive « idéalisée » de l’agriculture, mais qui date d’un autre siècle (l’agriculteur dans la nature avec les petits oiseaux) et la réalité moderne. Un agriculteur-entrepreneur en costume avec un smartphone est alors hautement suspect. Un peu comme si l’agriculture n’avait pas le droit d’évoluer et devait rester dans un passé idéalisé. Oui l’agribashing existe donc, mais il concerne les agriculteurs d’aujourd’hui, et non pas l’agriculture en soi, qui reste très largement méconnue et positivement idéalisée. Chez Miamedia, il nous a semblé au cours de nos rencontres avec des gens très éloignés du secteur que l’agribashing est une réalité et on ne compte plus le nombre de petites phrases assassines dirigés sans distinction contre l’ensemble de la profession. Ceux qui connaissent un tant soit peu l’agriculture sont rarement concernés !

L’agribashing : le terme est-il mal choisi ?

Voici d’abord la définition commune du « bashing ». Le terme définit un « dénigrement systématique et répété » qui concerne un individu, une entreprise, un groupe social, un secteur d’activité ou une collectivité, et, par extension, une « forme violente de défoulement », selon Wikipédia. Il évoque également une sorte de jeu, ou une forme de lynchage médiatique, relayé dans les réseaux sociaux. Peut-être que l’agribashing est alors, comme tout phénomène lié aux réseaux sociaux largement exagéré. Les agribasheurs, pour résumer seraient peu nombreux, mais très virulents. Vaut-il mieux alors être critiqué par beaucoup ou haï par peu ? Vaste question. Ce qui est certain, c’est que la violence de certaines agressions, même rares, touche émotionnellement une bonne partie de la profession, qui souffre malgré tout d’un déficit d’image.

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Sortir de l’agribashing :

Depuis l’apparition récente du terme « Agribashing » (2 ans !), des voies se font entendre pour remettre en question l’utilisation du terme. En parlant d’agribashing, on ferait la publicité de l’agribashing, bref, on devient un peu un basheur. Le média-bashing peut alors prendre le relais. Dans cette hypothèse connue, toute communication sur un sujet le valorise et le transmet, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’y a aucune campagne contre le suicide : elles se soldent toutes par une augmentation des suicides ! Ainsi la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, qui lors de la conférence de presse d’ouverture du Salon demandera de bannir le mot agribashing.  Il s’agit pour elle de ne pas s’enfermer dans une posture négative, voire de victime, qui n’incite guère à l’action, pour adopter des formes de communication proactive ou positive.
Pour Jacques Jaouen, encore président de la Chambre régionale de Bretagne « Nous observons en effet un paradoxe : la production agricole est reconnue comme la plus qualitative et sûre du monde, mais les Français en doutent ou l’ignorent.

L’agribashing serait donc un mélange entre un phénomène réel souvent très violent mais relativement rare et qui concerne des cercles finalement très éloignés de l’agriculture et un phénomène purement médiatique amplifié par la présence récente des agriculteurs et du microcosme « online » sur les réseaux sociaux. Quoi qu’il en soit, ces attaques injustifiées doivent être considérées, par la loi quand c’est nécessaire (intrusion, diffamation) mais ne doivent pas être généralisées à l’ensemble de la population. Par ailleurs, les méthodes de sorties relèveraient plus d’un besoin d’information dans une société où l’on veut tout connaître de ce que l’on mange (provenance, itinéraires techniques, etc..). Traitons donc l’agribashing comme il se doit, en informant sur les bonnes pratiques, c’est à dire les alternatives aux produits phytosanitaires et en répondant au besoin de transparence des consommateurs.

L’agribashing serait alors un terme à proscrire et pourquoi pas à remplacer par un autre qui témoignerait mieux de la situation : l’Agri-gnorance ?

 

Merci à Rémi Mer pour son éclairage sur le sujet.

 

La réorganisation productive en agriculture, qu’est-ce que c’est ?

 

 

Innover en agriculture ? Pas juste une question de technique !

Depuis le milieu du siècle dernier, l’agriculture française a connu de profondes évolutions qui en quelques décennies, ont fortement modifié les modèles économiques et les paysages ruraux. Aujourd’hui, l’agriculture française doit faire face à une nouvelle mutation : les besoins des consommateurs et consommatrices évoluent ainsi que les attentes des citoyens et des citoyennes face au défi majeur du changement climatique  à la santé des écosystèmes, la disponibilité de l’eau, la qualité des sols, etc… Plus encore, la mondialisation continue de rendre les marchés volages et il faut faire face à des fluctuations permanentes des prix.

Confrontée à cette situation sans précédent, l’innovation technique seule suffira-t-elle ? L’agriculture dispose heureusement de nombreux autres atouts dans ses territoires  pour innover.

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Selon Marc Giget, docteur en économie du développement, un récent sondage (Etude OpinionWay, 2016) montre qu’en général, les citoyens réclament des innovations « qui améliorent vraiment la vie » avec comme principales attentes :

  • –  me simplifier la vie (49%),
  • –  préserver l’environnement (42%),
  • –  être accessible au plus grand nombre (41%).

L’innovation en agriculture revêt diverses formes

Les récentes innovations agricoles prouvent qu’une amélioration de la qualité du travail et des produits se fait parfois par d’autres leviers que l’augmentation de la production. L’innovation n’est pas seulement technologique, elle revet diverses formes : elle peut être sociale (management, regroupements, solidarités…), organisationnelle (autonomie fourragère, diversification, valorisation du travail…) ou encore numérique (réseaux d’agriculteurs, application des recherches, techniques…).

Face aux défis, l’innovation est souvent la seule solution. En agriculture, les agriculteurs qui souhaitent augmenter leur capacité de résilience face aux difficultés du siècle à venir se réunissent et innovent souvent de concert pour améliorer leur efficience organisationnelle.

S’agissant tout d’abord du volet économique, dans un contexte marqué par la dérégulation de certains marchés devenus mondiaux, l’objectif principal est d’assurer la viabilité et la pérennité des exploitations et de garantir un niveau de rémunération satisfaisant aux agriculteurs et agricultrices et aux salariés et salariées.

Pour innover, le monde agricole s’ouvre également davantage aux autres secteurs d’activité. Marketing, communication, export, labelisations, règlementations, tous les domaines sont bons pour permettre aux agriculteurs de mieux vivre de leur activité. La très bonne santé du site « miimosa », plateforme de financement collaboratif en agriculture peut en attester, l’innovation agricole se porte bien et elle est souvent le fruit de projets collectifs.

Face à l’urgence environnementale mondiale, l’innovation en agriculture peut devenir un véritable atout en matière de compétitivité. Mais la concurrence internationale entre des produits agricoles européens soumis à des normes sanitaires et environnementales nécessaires décidées collectivement, et d’autres qui n’ont pas ces normes, conduit à une course permanente à la recherche de prix toujours plus bas et peut ainsi impacter la capacité des agriculteurs et des agricultrices européens à innover. Il faut donc parfois se tourner vers de nouvelles formes d’innovations, dont les circuits économiques, sociaux et intellectuels sont en permanence à réinventer.

« Le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous ».  Aristote

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Le projet REPRO-INNOV vise à étudier et à caractériser ces nouvelles formes d’organisation productive au sein des filières agro-alimentaires, à partir d’approches pluridisciplinaires en sciences sociales visant l’analyse des processus d’innovation. L’objectif est de mieux comprendre comment des innovations peuvent ou non favoriser la transition vers des systèmes agro-alimentaires plus durables. Ce projet s’organise en 3 volets de recherche qui visent à croiser des regards complémentaires sur l’innovation régionale dans l’agro-alimentaire : un premier volet porte sur les dynamiques nationales et régionales d’innovations, un second propose des travaux sur les coopératives agricoles et enfin un troisième volet, sur l’articulation entre réseaux d’entreprises et territoires pour des projets innovants.

Plus d’informations : http://psdr.fr/archives/INS413PDFN1.pdf)  

Un des objectifs est donc de mieux comprendre l’influence des dimensions spatiale et de mises en réseau d’acteurs sur les processus d’innovation et sur leurs performances à l’aide d’une méthodologie d’analyse qualitative par entretiens pour comprendre comment les innovations sont mises en place par des acteurs de la filière dans les territoires

« L’innovation n’est pas seulement technologique, elle revet diverses formes »

Les objectifs du projet : étudier et caractériser les nouvelles formes d’organisation productive au sein des filières agroalimentaires

L’innovation est abordée au sens large à la fois dans ses dimensions techniques, organisationnelles et institutionnelles.

Les entreprises mobilisent leurs ressources internes pour innover, mais l’innovation dépend aussi de leur capacité à mobiliser leur environnement externe, qui renvoie à des dimensions sectorielles et de marché, mais aussi à l’environnement géographique et institutionnel. L’innovation s’inscrit donc dans un cadre ouvert, où l’accent est mis sur l’analyse des interactions entre acteurs (co-évolution), tant dans la dimension de coordination entre les acteurs d’une filière que dans celle de la co-existence de différentes formes d’organisation à l’échelle des territoires.

REPRO-INNOV : Réorganisations productives et innovations dans les filières agroalimentaires

Acteurs - filières agroalimentaires - territoire
Cette vidéo a été réalisée par :
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Et si on montait une caisse de solidarité agricole ?

Les caisses de solidarité agricole, un outil du passé pour un avenir plus sûr

Créer ou adhérer à une caisse de solidarité, comment ça marche ?

Les agriculteurs d’aujourd’hui doivent faire face à de nombreux défis : enjeux environnementaux et sociétaux, aléas climatiques, crises sanitaires… mais aussi les imprévus « habituels » : vie privée, santé…

Comment affronter une situation inattendue quand on a déjà à gérer autant de paramètres ?

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Adhérer à une caisse de solidarité peut permettre de faire face à des imprévus qu’ils soient personnels ou professionnels : problème de santé, remplacement sur l’exploitation, faibles récoltes, réparation de matériels, structuration de l’entraide, etc.

Qu’est-ce qu’une caisse de solidarité ?

Une caisse de solidarité est une association de loi 1901. Elle est basée sur une cotisation libre et mensuelle de ses adhérents sur une durée déterminée.

Le concept de caisse de solidarité est ancien et a existé en France, surtout au 19ème siècle. Certaines caisses ont d’ailleurs traversé les temps, les guerres et les différentes époques « politiques », avec des lois plus ou moins permissives.

Les anciennes caisses des Mines (Caisse de l’Union des Industries minières et métallurgiques) en sont un exemple, de même que la caisse du Crédit Agricole ici en France.

Elle prend forme dès lors qu’un groupe de personnes décident de se rassembler pour anticiper ensemble d’éventuels imprévus qu’ils soient heureux ou malheureux (investissement ou projet coûteux, mariage d’un enfant, difficultés sociales ou économiques). Elle dispose d’un cadre réglementaire et permet à ses adhérents de s’appuyer sur la force d’un groupe, que ce soit pour échanger, partager ou dégager des fonds en cas de coups durs.

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Un pour tous, tous pour un !

L’union fait la force… Dans « caisse de solidarité »….il y a…solidarité. Comme son nom l’indique, créer ou adhérer à une caisse de solidarité implique de placer l’humain au premier plan. Il s’agit de ne pas rester isolé en cas de situation inattendue et de s’appuyer sur le collectif pour la surmonter.

Pourquoi adhérer ou créer une caisse de solidarité ?

> Un outil financier complémentaire

En cas de besoin, les fonds constitués permettent aux adhérents :

  • D’emprunter à taux 0
  • D’obtenir des fonds rapidement et sans formalités administratives
  • De bénéficier d’un montant maximum défini par les adhérents et le règlement intérieur

> Un accompagnement social

Une caisse de solidarité est un lieu qui permet de libérer la parole, cette étape est essentielle pour accepter d’être accompagné lorsque l’on est dans une situation difficile.

Au-delà de l’échange et du soutien que l’on peut y trouver, une caisse de solidarité peut aussi impulser une dynamique de territoire en travaillant sur des projets avec d’autres partenaires locaux.

Vidéo réalisée par Miamedia pour la chambre d’agriculture de Dordogne et la caisse de solidarité de Duras.

Pour en savoir plus sur les caisses de solidarité de Dordogne, cliquez ici : le site de la chambre d’agriculture de Dordogne

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