Des couverts végétaux dans le cognaçais

Bonjour je m’appelle Thomas, je suis viticulteur dans la région de Cognac à Saint-Fort-sur-le-Né sur 35 hectares de vignes et une cinquantaine de terres.
Mon grand-père il y a une quarantaine d’années déjà semait des couverts dans les vignes, de vesse et de seigle.


On s’est dit il y a quelques années avec mon père, c’est bête de ne pas reprendre à faire des couverts.
L’intérêt de faire des couverts pour la biodiversité les couverts ça apporte de la vie, ça apporte des insectes ça apporte des vers de terre parce que c’est de la matière organique.
En fait c’est hyper important et c’est essentiel.


On a envie de ramener de la vie. Il y a de la vie, mais encore plus de vie. Dans le vignoble on observe, grâce aux couverts permanents, c’est surtout l’été que l’on va voir ça, on a beaucoup d’abeilles,
d’insectes. L’hiver et l’été on a des campagnols aussi. On augmente la qualité du sol, on augmente la qualité des vignes, le sol est plus vivant. On augmente les vers de terre, on augmente les bactéries, les champignons. Depuis qu’on est enherbés, depuis une vingtaine d’années, on a doublé notre taux de matière organique, ce qui est vraiment énorme. L’avantage des couverts et de l’enherbement, ils nous permettent de nous adapter au changement climatique parce qu’ils nous permettent de gérer le manque d’eau ou les excès de chaleur, ça c’est super. Quand il y a un couvert, ou de l’enherbement, on réduit la chaleur au sol et donc on évite de détruire les champignons, les bactéries…

L’enherbement, c’est une recherche continuelle, parce qu’il y a de nouvelles espèces, les chercheurs cherchent et ils trouvent. Ça évolue tout le temps et ça évoluera tout le temps, ça ne peut pas être figé. Avec la dynamique de la Certification Environnementale Cognac & HVE , on voit beaucoup de couverts, on voit beaucoup de choses, et c’est super. Pour la biodiversité c’est top.

Les alternatives aux phytosanitaires pour la culture du noyer

Depuis 2017, 12 nuciculteurs du Périgord, accompagnés par la Chambre d’agriculture de la Dordogne, ont la volonté d’échanger, de partager , de dialoguer et d’innover pour mettre en œuvre des méthodes alternatives de protection de leurs noyeraies. C’est dans le cadre de ce Réseau DEPHY noix , financé par le plan ECOPHYTO, qu’a été organisée le 31 août 2021, une journée technique de mise en œuvre de solutions innovantes, en partenariat avec la Station Expérimentale de la Noix de Creysse (46), les sociétés AgriBuiders, CompoExpert, Corteva Agriscience , M2I et SumiAgro et le Groupe Technique Noix Sud Ouest. Tous nos remerciements à Pierre DELAIRE ( EARL des Garennes) et à son épouse pour l’accueil sur leur exploitation de plus de 60 participants à cette journée de démonstration et d’échanges au cours de laquelle ont été présentées des méthodes non chimiques de maîtrise des 2 principaux ravageurs de la noix : le carpocapse et la mouche du brou.

Réduire l’utilisation des pesticides de 50 % à l’horizon 2025, c’est l’objectif du plan Ecophyto. Parmi les actions majeures, les réseaux  DEPHY ont pour but de tester, de valoriser et de déployer les techniques et systèmes agricoles réduisant l’usage des produits phytosanitaires.

Avec plus de 3 000 exploitations agricoles engagées au niveau national, les réseaux Dephy sont un véritable succès. En Dordogne, le réseau Dephy noix a réalisé de nombreux essais pour lutter contre le Carpocapse et la mouche du Brou. 12 exploitations participent, l’animation est assurée en lien avec la Chambre d’agriculture de Dordogne et des chercheurs en agronomie.  

Principal ravageur du noyer, le carpocapse est un véritable fléau. Il peut occasionner jusqu’à 30% de pertes sur l’exploitation. Pire, le dérèglement du climat accélère leur cycle de reproduction et prolonge l’activité du carpocapse. Avec l’échec des méthodes chimiques traditionnelles et les nouvelles règlementations en la matière, il était urgent de trouver des alternatives efficaces et respectueuses de l’environnement. Parmi les mesures testées, la confusion sexuelle, qui vise à saturer le verger en phéromones semble la plus prometteuse. 

La TIS, Technique de l’Insecte Stérile : Elle consiste à élever des mâles de carpocapse stériles et les libérer sur le verger. Résultat, la concurrence avec les autres mâles permet de diminuer durablement la pression de ce ravageur.

Apparue au début des années 2000, la mouche du brou est aujourd’hui sous surveillance rapprochée. Avec un effet dévastateur sur les cultures, elle est surtout devenue résistante aux molécules chimiques habituellement utilisées. Dans cette lutte inégale, le réseau Dephy a mis en place des méthodes de lutte radicales. Cette plaque jaune pendue aux branches des noyers semble être la réponse la plus adaptée. L’objectif ? Effectuer un piégeage massif sur la culture. Cet attractif alimentaire couplé à un insecticide est posé le plus haut possible sur les arbres. Mais problème, le piège n’est pas sélectif et impacte l’ensemble de la faune auxiliaire. En bio, elle devrait bientôt être réautorisée. C’est pourquoi le groupe Dephy Dordogne a fait  des démonstration à Saint Cyprien ( Vallée de Dordogne) en 2019 mis en place une autre technique, la pulvérisation d’argile. Véritable barrière minérale, elle perturbe le comportement des ravageurs et protège les cultures du soleil. Enfin, les tests sur les plaques à phéromones semblent également être une piste intéressante et font aujourd’hui l’objet des premiers essais grandeur nature en vergers 

La culture du noyer dans le sud ouest a encore de beaux jours devant elle. Pour faire face aux défis environnementaux et économiques, une station d’expérimentation réalise depuis plus de 30 ans des travaux au service de la filière nucicole a été mise en place dans le village de Creysse dans le lot. 

La Station est une source de références mais surtout un lieu d’échange qui donne à la production de noix l’élan et la pérennité dont elle a besoin.

A la mode des lentilles

Développer une nouvelle filière à partir de zéro c’est possible. Le pari réussi de ces agriculteurs vaudois l’atteste. Depuis 2015, ils produisent une lentille de qualité commercialisée sous la marque Perline. 

Inspiré par le fonctionnement de l’APPNAL, l’Association des Producteurs de Pommes de terre Nouvelles de l’Arc Lémanique, Christian Blaser s’intéresse à monter une nouvelle filière afin de mieux la maitriser. Il choisit la lentille, une légumineuse fixatrice d’azote et un aliment sain, riche en protéine. 

Afin de répondre à un besoin en production élevé de la distribution, Christian crée une association regroupant une dizaine d’agriculteurs de la région. Ils fondent la marque Perline et négocient directement avec la distribution ce qui leur permet d’obtenir un bien meilleur prix et de meilleures conditions. Pour la production, ils se distribuent le travail afin de gagner en temps et en efficacité mais chaque agriculteur reste maitre de ses parcelles et en assume les risques à 100% lors de mauvaises récoltes.

La production de lentille reste cependant très variable d’une année à l’autre, c’est pourquoi la production se fait une année en amont et la bonne capacité de garde permet un approvisionnement constant. 

Les lentilles récoltées sont séchées et nettoyées au moulin de corcelles-le-jorat avant d’être stockée. Au fil de la demande, elles sont envoyées en Thurgovie pour être triées à la caméra optique afin de garantir une qualité irréprochable, puis conditionnées et livrées.

La création d’une nouvelle filière a donc permis d’augmenter la rentabilité économique de plusieurs exploitations et de consolider le lien entre ces agriculteurs vaudois. Favoriser le rassemblement de producteurs permet ainsi d’avoir une plus grande force face au marché. En diversifiant leurs revenus, ils deviennent plus résilients face aux aléas climatiques, mais aussi aux fluctuations du marché.

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Faire évoluer la pédagogie en étudiant les agricultures durables

Ecophyto 4 – vidéo réalisée par Miamedia from Miamedia TV on Vimeo.

Le plan Ecophyto a transformé les pratiques pédagogiques des EPL participants. Que ce soit pour les enseignants ou pour les étudiants, l’implication dans les pratiques culturales de l’exploitation a fait évoluer les paradigmes habituels de la formation agricole.

Zone Tampon Humide : une solution pour préserver la qualité de l’eau ?

 

ZTH : Faire cheminer l’eau dans un bassin pendant  7 à 20 jours pour la dépolluer

Réduire efficacement les transferts par ruissellement ou par drainage des engrais et des pesticides est un enjeu fondamental pour la protection de la ressource en eau. Nous vous proposons de découvrir trois expériences d’installation de zones tampons humides artificielles par trois lycées agricoles, en partenariat avec les professionnels de leur territoire respectif, des acteurs de la recherche et du développement et avec le soutien notamment des Agences de l’eau et/ou des collectivités.

Rendez-vous à Yvetot, où a été mise en place la première zone tampon humide artificielle de Normandie sur une parcelle de l’exploitation du lycée, en partenariat avec  l’AREA  (association de recherche sur le ruissellement l’érosion et l’aménagement du sol et le syndicat d’eau du territoire). Ici, les problèmes liés aux normes d’eau potable nécessitent une réponse adaptée.

L’eau utilisée en agriculture passe dans la nappe phréatique via des cavités dans les structures calcaires. L’eau qui arrive au captage est polluée au delà des normes, il faut trouver des solutions.

Parmi les différentes pratiques testées, la zone tampon humide artificielle semble prometteuse. Son principe ? Faire cheminer l’eau dans un bassin creusé, pendant une durée de 7 à 20 jours. Après un passage dans une fosse de sédimentation, les eaux polluées sont exposées aux UV, qui dégradent les molécules nocives et également aux bactéries, dont l’implantation est favorisée par une végétalisation spécifique. La zone tampon est donc adaptée pour dépolluer les eaux superficielles et abaisser la contamination des milieux aquatiques.

ZTH : 50% d’efficacité selon les propriétés des molécules polluantes.

A Bourg-en-Bresse, la zone tampon humide artificielle a aussi une visée expérimentale et pédagogique. Accessible aux étudiants mais aussi aux agriculteurs de la région, elle permet de réaliser un suivi et des mesures sur plusieurs années.

D’après la bibliographie, l’efficacité moyenne des zones tampons humides artificielles pour l’abattement de la charge en pesticides et des résidus est d’environ 50% selon les propriétés des molécules polluantes. L’eau en sortie de zone peut donc toujours dépasser les normes en vigueur. Autre contrainte, la saisonnalité de la zone et les questions liées au foncier. De nombreux agriculteurs ont choisi d’adapter la méthode à leur territoire.

La zone tampon humide artificielle n’est pas «un système « magique » et doit être couplé à une évolution des pratiques agronomiques. Elle a aussi d’autres avantages notamment pour la biodiversité. En effet, les zones de grandes cultures sur plateaux forment souvent un obstacle à la circulation des espèces. Or, les zones humides participent à la restauration des continuités écologiques. Dans certaines régions, 80% des milieux humides ont disparu en un siècle. Qualité de l’eau, biodiversité et adaptation au climat, la zone tampon humide artificielle a donc de nombreux atouts. 

Serre mobile :un exemple d’auto-construction en agriculture

Les standards des machines agricoles ne sont pas toujours adaptés à toutes les méthodes

Les standards des machines agricoles ne sont pas toujours adaptés à toutes les méthodes culturales et certains outils innovants sont difficiles à trouver. Une bonne solution permettant d’avoir un outil parfaitement sur mesure réside dans l’auto-construction. C’est ce que Victor Bovy, agriculteur à Longirod, a entrepris afin de convertir une de ses serres tunnel en serre mobile. Pour l’aider dans ce processus il a fait appel à l’atelier paysan:

Auto-construire avec l’atelier paysan c’est avant tout apprendre et participer à un perfectionnement constant des prototypes réalisés. C’est également la garantie de savoir ajuster et réparer ses outils en cas de besoin et donc de gagner en indépendance. Les plans développés par l’atelier paysan sont accessibles gratuitement sur leur site dans le but de partager le savoir et de rendre les agriculteurs maîtres de leurs outils. Ils organisent également des formations régulières pour apprendre les bases du travail du métal et de la lecture de plan.

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Rester maître de ses outils

Dans ce cas de figure l’auto-construction a permis de recycler une vielle serre tunnel et d’en faire un outil beaucoup plus polyvalent, qui correspond parfaitement aux envies et à la façon de travailler de Victor.

L’auto-construction est donc intéressante à bien des égards; elle permet de développer des solutions adaptées à la variabilité des contextes et des méthodes de travail, de rester maître de ses outils et également de favoriser les échanges et le perfectionnement de machine pour un travail de qualité correspondant au personnalité et aux convictions de chacun.   

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Améliorer la gestion de l’eau dans un atelier laitier

La gestion de l’eau dans un atelier laitier

Nettoyage, désinfection, transport, l’eau est une ressource fondamentale pour les filières de transformation agroalimentaire des produits. En fromagerie, il faut en général de 1 à 5 litres d’eau pour transformer un litre de lait  selon le type de produit laitier fabriqué et le type de structure ! Avec le coût qui augmente chaque année et les risques sanitaires existants, l’eau est un véritable enjeu que les établissement d’enseignement agricole et alimentaire ont bien compris. Dans l’atelier de Mamirolle près de Besançon, on a mis en place de nouvelles pratiques pour économiser cette précieuse ressource. 

Pour optimiser leur consommation, l’atelier technologique de l’Enil modernise la partie « nettoyage en place » et développe un système de recyclage partiel de l’eau. Mieux, ils mettent en place un système permettant de réaliser différents tests utilisant de nouveaux produits alternatifs comme les produits enzymatiques. L’idée ? Remplacer les détergents alcalins principalement. Une analyse est ensuite réalisée sur les produits de nettoyage consommés et sur les rejets. Pour cela, toutes les eaux sont mesurées à l’entrée et la sortie du système. 

Sensibiliser les agriculteurs à la ressource en eau

Deuxième étape, sensibiliser les futurs opérateurs, c’est à dire les élèves à la gestion de la ressource en eau. L’idée : que les jeunes étudiants mettent en oeuvre et partagent ces nouvelles pratiques dans leur futur lieu de travail. L’objectif : utiliser moins d’eau tout en  respecteant les normes sanitaires et hygiénique. Ce travail implique activement les étudiants en BTS gestion et maîtrise de l’eau mais aussi ceux de la filière sciences et technologies des aliments

En 10 années, le ratio litre d’eau utilisé par litre de lait transformé a diminué d’environ 40% à l’ENIL de Mamirolle. Un cahier des bonnes pratiques sera disponible dans l’établissement. 

De nouveaux tests sont réalisés régulièrement et permettront de déterminer de nouvelles pratiques qui seront on l’espère les références de demain.

https://vimeo.com/402520371

DEPHY DORDOGNE from Miamedia TV on Vimeo.

Les réseaux Dephy en Dordogne : « ensemble on va plus loin »

https://vimeo.com/402520371Partager, échanger, développer les bonnes pratiques au sein de leurs exploitations, c’est le choix qu’ont fait ces agriculteurs de Dordogne en intégrant le réseau Dephy. Ensemble, ils se sont lancé un objectif précis : moins 50% d’utilisation de produits phytosanitaires sur leurs exploitations d’ici 2020.

Action phare du plan Ecophyto, le réseau Dephy est une opération nationale visant à stimuler l’innovation et découvrir des alternatives aux pesticides. En France, ils sont plus de 3000 agriculteurs à participer à cette expérience grandeur nature. En Dordogne, c’est quatre réseaux Dephy qui ont vu le jour, en viticulture, mais aussi en polyculture élevage ou encore pour la culture des noyers et des fraises. 

Parce que chaque terroir est différent, il n’y a pas de recette toute faite : pour savoir si une pratique est efficace il faut la tester. Les agriculteurs du réseau Dephy se réunissent donc souvent pour observer les parcelles expérimentales de leurs partenaires. Couverts végétaux, rotations, biodiversité, observation des cultures, autant de techniques développées pour moins utiliser les pesticides, et du même coup réaliser des économies. Les 48 fermes de Dordogne abritent des « agriculteurs chercheurs » qui ont le goût de leur métier.

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Les agriculteurs du réseau Dephy Dordogne ont d’ors et déjà réussi à diminuer de 30% leur consommation d’intrants et ont testé de nombreuses techniques culturales innovantes.  Les économies réalisées et l’émulation des projets leur a également permis de lancer des projets originaux avec le concours de leur région. Plus encore, en échangeant ensemble, ils ont développé du lien social et ont développé une attache nouvelle à leur territoire. Pour rejoindre le réseau Dephy, rendez-vous vite sur le site de la chambre !

Le réseau DEPHY, réseau de Démonstration, Expérimentation et Production de références sur les systèmes économes en phytosanitaires constitue une action majeure du plan Écophyto.

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Ce réseau a vocation à développer, mutualiser et diffuser les expériences réussies de systèmes de culture réduisant fortement l’usage des produits phytosanitaires. Il permet entre autres d’acquérir des références sur des systèmes de culture déjà économes en produits phytosanitaires et sur des systèmes évoluant vers une diminution de l’usage de pesticides.

Le dispositif FERME est composé de groupes d’exploitations (1 900 fermes) qui couvrent les cinq types de productions que sont la polyculture-élevage, les grandes cultures, l’arboriculture fruitière, les productions légumières, la viticulture, l’horticulture et les cultures tropicales.

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Le dispositif EXPE encourage les expérimentations de pratiques et systèmes de cultures économes en pesticides, en stations expérimentales ou sites ateliers. Toutes les filières de production végétale sont éligibles, qu’il s’agisse de cultures annuelles ou pérennes.

La région Nouvelle-Aquitaine est celle qui compte le plus grand nombre de réseaux de fermes.
Elle compte en effet 45 réseaux animés chacun par un ingénieur et coordonnés par 9 ingénieurs territoriaux. Ces 45 réseaux de fermes réunissent 506 agriculteurs et se répartissent sur le territoire de la façon suivante :

Filière Aquitaine Limousin Poitou-Charentes Total
Polyculture-élevage 2 4 8 14
Viticulture 8 5 13
Grandes cultures 1 4 5
Arboriculture 2 1 2 5
Maraichage/légumes 1 2 3
Maraichage/fruits rouges 1 1 1 3
Horticulture/pépinières 2 2
Total 17 8 20 45

Pour en savoir plus :

Le réseau DEPHY Objectifs et organisation – Extrait de la Synthèse 2014

Accompagner l’évolution des compétences de l’Ingenieur Réseau – Extrait de la Synthèse 2014

Méthodes & Concepts – Extrait de la Synthèse 2014

Un réseau qui partage son expérience – Extrait de la Synthèse 2014

 

Livrer le lait sur le pas de la porte : un charme moderne

Livraison du lait sur le pas de la porte : une pratique innovante !

La situation économique des exploitations laitières devenant de plus en plus précaire, certains agriculteurs ont élaborés des solutions innovantes pour pouvoir continuer la pratique de leur métier. C’est le cas d’Alain Chabloz, qui gère une exploitation de 90ha. Depuis 2011, afin d’obtenir une meilleure rémunération d’une partie de sa production, il a développé la vente de lait directe. Découvrez son histoire dans la vidéo ci-dessus.

Après la grève de 2009, afin de ne pas gâcher le lait non commercialisé, Alain et sa famille transforme le lait en crème et en beurre afin de l’écouler localement, au bouche à oreille. Constatant l’intérêt général, ils cherchent à développer le créneau mais les normes d’hygiènes les poussent à trouver une alternative moins contraignante. La vente directe du lait cru apparait alors comme une bonne solution.
Après la demande de certains consommateurs, ils se décident à tenter la vente directe. Les clients répondent rapidement présent et ce jusqu’à Renens-Prilly.

Agriculteurs laitiers en vente directe : mode d’emploi

Le lait est livré deux fois par semaine, après la traite du soir le lundi et jeudi. Il est également possible de venir chercher le lait directement à la ferme le matin ou le soir, chaque jour de la semaine. De plus un frigo en self-service est mis à disposition 24h/24h dans le village. En plus des clients privés, Alain a développé une collaboration avec un boulanger à qui il livre chaque semaine du lait frais.

La vente directe permet d’avoir un revenu supplémentaire. En multipliant les canaux de distribution, les Chabloz ne sont plus tributaires d’un seul acheteur et diminue ainsi les risques en devenant plus résilient. Pour se lancer dans un tel projet il faut avoir envie d’avoir le contact avec les clients, et être conscient que cela prend du temps. Entre le remplissage des bouteilles, les livraisons et la gestion du frigo. Mais la vente directe lui a permis de continuer la production de lait.

Avec un avenir incertain en raison des difficultés de la filière du lait, cette démarche a permis d’assurer la pérennité de la ferme de la famille Chabloz. En recréant le lien entre producteurs et consommateurs, le travail fourni et les produits sont ainsi rémunérés et valorisés à leur juste valeur. De plus le dialogue retrouvé permet une meilleure compréhension du métier et des difficultés qui en découlent.

indexDu lait frais déposé chaque matin devant sa porte avant l’heure du petit déjeuner c’est désormais possible en Loire Atlantique et peut-être bientôt dans toute la France. La fraicheur, la traçabilité, sans pasteurisation et sans écrémage sont des attouts non négligeables mais aussi pour l’agriculteur un moyen  de mieux rémunérer son travail quotidien.

La vente de lait frais à domicile permet à un jeune couple d’assurer 5 % de son chiffres d’affaires, avec aussi le reconnaissance des clients pour les heures passées à s’occuper de son cheptel

Pour recevoir son lait frais le matin, le client laisse un message sur le répondeur de la ferme en précisant la quantité de lait à livrer. C’est aussi une solution écologique ! Plus de bouteille à jeter !

 

La méthode sandwich : régalez votre terre

Arbo : la méthode sandwich en vidéo

 

Le GRAB et l’atelier paysan se sont associés pour expérimenter du matériel adapté à la gestion d’un verger biologique et accessible à tous les agriculteurs en auto-construction.

Un outil sandwich

Cet outil dit sandwich maintient un enherbement central (favorable à la biodiversité) tout en réduisant significativement la concurrence. Il permet ainsi de relever le défi de la gestion de l’enherbement sur le rang.

 Définition du système sandwich selon le FiBL (Institut de recherche bio suisse) :
Il s’agit d’une bande enherbée, ensemencée ou plantée, non travaillée de 25 à 40 cm de largeur sur la ligne des arbres, entourée de chaque côté d’une bande travaillée de 40 à 50 cm de largeur.
La surface ouverte sur les deux côtés, est équivalente à celle obtenue avec le système d’entretien traditionnel.
Pour compenser la concurrence de la bande enherbée du milieu, les racines de l’arbre se concentrent dans les bandes latérales travaillées (pas de concurrence).

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Avantages et inconvénients du système sandwich avec la piloselle

Avantages Inconvénients :

  • Maintien d’une bonne structure du sol
  • Augmentation de la biomasse microbienne, enrichissement en humus et amélioration de l’activité biologique du sol
  • Augmentation de la biodiversité floristique favorable aux auxiliaires
  • La piloselle freine fortement le liseron, le chiendent et les autres adventices (effet allélopathique)
  • Même croissance des arbres qu’avec sarclage traditionnel
  • Pas de rejet près du tronc provoqué par le travail du sol
  • Evite le travail entre les arbres (suppression de blessures des troncs par les outils ou les machines)
  • Diminution des coûts et rationalisation du travail Caractéristiques de la piloselle
  • Semences très petites, taux de germination de 80% pour des graines de l’année précédente
  • Plante vivace se propageant par ses stolons
  • Feuilles basales en rosette formant un tapis dense
  • Atteint env. 3-5 cm de hauteur et les hampes florales env.15-20 cm
  • Aime la pleine lumière, les sols maigres, peu acides et plutôt séchards, mais supporte les arrosages au goutte à goutte si le sol est bien drainé
  • Peut cohabiter favorablement avec d’autres plantes comme les trèfles, les géraniums, les potentilles
  • Effet allélopathique inhibant la germination et le développement d’autres plantes, cet effet peut varier selon les espèces végétales en présence et les conditions pédo-climatiques
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o Plantation en avril jusqu’à fin août si arrosage ou jusqu’à mi- octobre

o Densité : 3 plants mottés par mètre linéaire. La plantation en ligne simple suffit.

o On peut aussi replanter des mottes prélevées sur les plantations plus anciennes.

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Entretien en période d’installation :

o Faucher 1 à 2 fois en fonction du développement des mauvaises herbes, au-dessus des feuilles de la piloselle (en évitant de préférence les 2 périodes de floraison de la piloselle)

o Supprimer les graminées à fort développement

 

Merci au GRAB pour la diffusion de cette vidéo :logo-GRAB