Resto à la ferme : mode d’emploi

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Les marchés agricoles sont fluctuants et les revenus d’une exploitation peuvent subir des variations importantes. Face à cette instabilité économique, des agriculteurs Vaudois ont trouvé des solutions innovantes et originales pour commercialiser différemment. C’est le cas de Yannick Passas, qui gère une exploitation viticole de 15 Ha en biodynamie. Depuis 2009, il a ouvert sa ferme au public et y organise de nombreux événements.

Après avoir créé la marque MM la maison du moulin, il organise des événements ciblés pour attirer la clientèle. Malgré la localisation du domaine, Yannick et ses collaborateurs ont su attirer et créer une communauté d’habitués. Il offre à ses clients une variété d’évènements tels que les soirées tapas du vendredi afin d’accompagner la dégustation de ses vins ou les brunchs et marché aux légumes du samedi matin.

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La démarche de Yannick offre à son public une vision et un partage de son domaine. En se rapprochant du consommateur il peut expliquer ses méthodes et ses convictions et répondre précisément à leur question, fidélisant ainsi les clients. Plus qu’un domaine viticole, la maison du moulin est un lieu d’échange. Une manière de consommer autrement.

Avec cette démarche, Yannick a dû acquérir de nouvelles compétences, tant au niveau marketing que communication. Il a également dû apprendre une nouvelle gestion des stocks et du temps.

Grâce à ces événements, Yannick a permis de diversifié ses canaux de vente et son chiffre d’affaire. Il a surtout diminué la dépendance de son exploitation face aux acheteurs et appris à valoriser son vin au mieux. Mais il ne compte pas s’arrêter là : de nombreux partenariats ont vu le jour comme l’installation d’une borne de recharge pour voiture électrique Tesla, un atout marketing qui fait connaître le domaine..

La mise en place d’accueil et d’activités en lien avec l’agriculture se sont de plus en plus développées ces dernières années. C’est le choix qu’a fait la famille Cretegny. Depuis une trentaine d’années, elle accueille petits et grands dans sa ferme. Les activités offertes vont de l’organisation d’anniversaire aux brunchs en passant par l’école à la ferme.

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Les raisons qui ont poussé à développer l’agritourisme sont au départ purement économique. Il a fallu trouver une nouvelle source de revenu, sans avoir besoin de quitter de domaine familial. L’agritourisme est une évidence, la famille aime la cuisine, et le contact avec le consommateur

En 2000, la famille Cretegny prend un nouveau tournant avec la transformation de l’ancienne étable en lieu d’accueil, après l’abondant du bétail. A l’offre déjà existante vient s’ajouter au fils des ans l’organisation d’anniversaires et des camps à la ferme, des brunchs le dimanche et repas,  la transformation du marché en self-service et répondre ainsi à une demande de plus en plus importante. Il a donc fallu acquérir de nouvelles compétences.

Il a fallu se former acquérir des licences dans la restauration et œnotourisme, ce qui implique une certaine rigueur de travail. Malgré les coûts, cette démarche a permis à la famille Cretegny d’avoir une autre source de revenu et de maintenir le domaine agricole. De rapprocher consommateur et producteur, ainsi donc de reconnecter les citadins au monde agricole. De créer une économie locale et de valoriser l’entier de l’exploitation agricole

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Agritourisme à la ferme :

quelles options ?

L’accueil à la ferme bénéficie d’un statut moins contraignant que l’hotellerie, justement parce qu’il vient compléter une activité agricole. Il y a bien sûr des seuils à respecter pour ne pas basculer dans le régime de l’hotellerie. La réglementation est aussi différente selon le type d’accueil qui est pratiqué : gîte (meublé de tourisme ou gîte d’étape), chambre d’hôte, table d’hôte, ferme auberge et camping.

Gîte rural

Les gîtes sont des appartements/maisons loués entièrement meublés et indépendants (salle de bain, cuisine…). Ils sont généralement loués à la semaine ou sur des courts séjours en hors saison. Cette forme d’accueil est celle qui nécessite le moins de temps de travail, ce temps se concentrant le samedi, jour d’arrivée et des départs.

  • Gîte d’Accueil Paysan : Le gîte doit se situer à proximité de l’habitation principale. La recherche de temps de rencontre et la convivialité sont au cœur de cette formule d’hébergement qui laisse toutefois une grande autonomie.

Chambres d’hôte

Elles doivent être chez l’habitant (directement dans la maison ou dans le corps de ferme). Une salle de bains peut être utilisée par les hébergés de deux ou trois chambres.

Une même ferme doit posséder moins de 5 chambres et  moins de 15 personnes pour rester dans la classification « chambre d’hôtes ». L’hébergeur est tenu d’assurer le petit déjeuner et de fournir du linge de lit. Ce type d’accueil se caractérise par des courts séjours (les personnes restent en moyenne 3 nuits sur un même lieu), et un temps de travail important. Les personnes venant en chambres d’hôtes ont une attente très forte d’échange et d’accueil. L’organisation des réservations doit être précise.

  • Chambres d’Accueil Paysan : elle doit posséder un niveau de confort conforme à l’habitat local et doit être le reflet des activités, des manières de vivre de l’accueillant. Si celui-ci est un producteur, ce système d’accueil doit permettre la valorisation de son métier qu’il fait découvrir et le conforte dans les valeurs qu’il représente, ainsi que la valorisation du fruit de son travail par la vente de ses produits. Si l’accueillant est acteur rural, il fera la promotion des produits paysans de la région.
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Tables d’hôte

La dénomination « tables d’hôtes », par opposition à l’auberge, est réservée aux repas pour les personnes qui dorment  sur place. Ce doit être un repas unique (pas de menu, service unique), à la table familiale, le nombre de personnes ne doit pas dépasser 15 personnes, la cuisine doit être fonctionnelle sans répondre aux normes de la restauration « classique ». Pour les fermes isolées proposant des chambres d’hôtes, il est souhaitable de proposer cette formule aux hôtes qui souhaitent souvent rester sur place le soir.

  • Table d’Accueil Paysan avec hébergement : les aliments doivent majoritairement provenir de la ferme ou des fermes alentours
  • Table d’Accueil Paysan  sans hébergement : Cette formule est propre au label Accueil Paysan et a été acceptée par la Répression des Fraudes nationales lors des modifications des cahiers de charges. Elle est réservée aux agriculteurs inscrits à la MSA. Le paysan n’accueillera à sa table pas plus de 15 personnes en servant majoritairement les produits de sa ferme.

Fermes Auberges

Elles sont soumises aux mêmes normes sanitaires que la restauration (à voir avec la DSV). 75 à 80 % des produits servis doivent être issus de la ferme et des fermes voisines.

  • Auberge paysanne d’Accueil Paysan : L’accueillant doit être disponible pour les dialogues et les échanges, sans pour cela partager le repas avec les accueillis. Le paysan valorise ses propres produits à la table de l’auberge. Le reste des ingrédients proposés seront issus de produits locaux et qui correspondent au cahier des charges des « produits paysans ».
  • Auberge du pays d’Accueil Paysan : sont concernés les adhérents non inscrits à la MSA. L’aubergiste s’approvisionne chez les producteurs locaux pour les ingrédients de base de ses repas. Il valorise ainsi les produits issus des fermes de proximité dont il garantit la qualité sanitaire et gustative. Par là même il fait la promotion des produits paysans de sa région et en indique la provenance sous forme d’affiches ou dépliants. Avec cette synergie solidaire nécessaire entre le monde rural et paysan, l’aubergiste correspond à la Charte.

Gîtes d’étape

Hébergement fonctionnel mais simple (souvent des petits dortoirs, une salle d’eau à partager…) aux tarifs modérés. Les personnes restent 2 à 3 nuits et viennent en gîte d’étape dans un objectif d’activité à pratiquer (randonnées…). En ce qui concerne les normes de sécurité, la notion de gîte de groupe peut poser des problèmes face à la réglementation incendie. Les dortoirs doivent, dans certains cas, être équipés comme des établissements recevant du public (alarme incendie, évacuation…).

  • Relais d’Accueil Paysan : le lieu d’accueil doit être situé au plus près de l’habitation principal,  il est obligatoire de mettre une cuisine en gestion libre en complément à la table d’accueil paysan, dans un souci de diminuer les coûts pour l’accueilli.
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Campings

En-deça de 7 emplacements, le camping doit faire l’objet d’une déclaration en mairie. Il est dit « camping déclaratif » car ouverture sur déclaration préalable en Mairie : interdiction d’implanter des habitats légers de loisir (HLL), obligation d’avoir un point d’eau avec douche, toilettes, lavabos, eau potable et assainissement. Ce bloc sanitaire peut être dans l’habitation principale.

A partir de 7 emplacements, une demande de permis de construire et une déclaration en Préfecture sont obligatoires. Il existe deux types de camping (de 7 à 25 emplacements) :
l’aire naturelle de camping : ouverte 6 à 7 mois par an. Par exemple : une pâture servant aux bêtes 4 mois/ an et le reste du temps en aire de camping. Le terrain doit pouvoir garder son caractère agricole.
le camping permanent.

Dans ces deux cas de camping déclaré en Préfecture, 30% des emplacements peuvent être des habitations légères de loisirs : caravane, mobil-home, yourte, chalet amovible.

  • Camping et aire naturelle d’Accueil Paysan : ils se situent tout naturellement à proximité de l’habitation principale de l’accueillant. Ce dernier propose les produits de sa ferme ou de son potager ainsi que d’autres produits paysans du terroir local. Dans ce cas, il doit en faire connaître la provenance à ses hôtes. L’accueillant doit faire preuve d’un réel désir de faire connaître son métier ses activités, de partager son savoir et son savoir faire.

Vidéos financées par la DGAV du Canton de Vaud et réalisées par miamedia. Textes « accueil à la ferme » proposé par l’ADEAR et l’association Accueil Paysan. 

 

Résilience paysanne : comment développer le self-service ?

Vente directe et self service en agriculture : l’exemple suisse. from Miamedia TV on Vimeo.
En reportage dans le Canton de Vaud, en Suisse, il n’est pas rare d’y croiser des self service chez les agriculteurs. Frigidaire à lait, self directement sur l’exploitation, petit magasin de village, le self est à la mode et permet aux agriculteurs de la région de réaliser des ventes en local et avec un temps de travail et de disponibilité limité.

Dans cette vidéo réalisée pour la Direction Générale Agricole du canton de Vaud, nous vous présentons le self du village de Puidoux monté par un collectif d’agriculteurs innovants.

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Si la pratique, peu couteuse et efficace n’est pas encore souvent mise en place, c’est souvent par peur des vols et par manque de compétences en communication. Mais le numérique pourrait bien changer les mentalités, notamment avec la facilité à prendre en charge les paiements numériques. Le paiement par téléphone notamment, permet aux clients de payer sans avoir de monnaie ni même de carte bancaire. Des systèmes de caméra surveillance peuvent également être utilisé pour prévenir les vols.

Si de plus en plus d’agriculteurs passent sur les réseaux sociaux, c’est aussi parce qu’ils comprennent la possibilité de faire de meilleur marge grâce à la vente directe et donc via la communication. Le self service devrait se développer à mesure que la vente directe augmente.

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Si certains estiment que le « libre service » diminue la rencontre directe entre vendeurs et acheteurs, d’autres arguent du fait que les selfs service étant souvent placés sur l’exploitation, ils permettent au contraire de la remettre symboliquement au centre du circuit.

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Agriculture : Créer son espace de vente directe

Un espace de vente directe innovant a vu le jour en plein centre du village de Puidoux , à une quinzaine de kilomètre de Lausanne. Sur l’initiative de Laurent Chaubert, plusieurs producteurs de la région se sont regroupés pour offrir une diversité de produit locaux à la population.

Le magasin fonctionne en libre-service et est ouvert entre 8 et 20 h tous les jours de la semaine. Les clients ont la possibilité de payer par TWINT ou en cash et le local est maintenant équipé d’une caisse spécifique avec tous les articles enregistrés. 

Afin d’assurer un minimum de surveillance et la bonne conduite du magasin, un système de surveillance caméra a été installé, permettant à Laurent de garder un œil sur son magasin en tout temps via son smartphone.

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Grâce à la collaboration de plusieurs producteurs, l’offre est généreuse et fait le succès de ce self-service. Pain, fromage, œufs, sirop, charcuterie, viande, huile et divers produits de saison sont disponibles.

Le magasin n’est pas à but lucratif et ne prend qu’une marge minimal pour assurer son fonctionnement, ceci afin de rémunérer au mieux les producteurs et d’offrir des prix intéressants pour les consommateurs.

Cette initiative permet ainsi de rapprocher consommateurs et producteurs et de favoriser l’économie circulaire et la consommation locale.

L’ouverture d’un espace directe permet donc de diminuer la dépendance d’un agriculteur face aux acheteurs en diversifiant ses canaux de distribution. Ce faisant, il augmente sa capacité de résilience face aux aléas des marchés. Mais plus encore, ce projet montre que la vente directe peut être un vecteur d’innovation : il a d’ors et déjà permit d’augmenter la diversification de plusieurs exploitations agricoles et de réunir producteurs et consommateurs.  

Vidéo réalisée par Miamedia

Merci à la DGAV pour son éclairage sur le sujet.

Agribashing : mythe ou réalité ?

« Ici, on cultive votre futur cancer. «  écrit sur un panneau à l’entrée d’un champ : vous trouvez ça normal ? Si oui, c’est que vous avez êtes probablement atteint d’une maladie devenue courante aujourd’hui : l’agribashing. Si le mot est sur toutes les bouches, c’est bien parce que le phénomène a pris ces dernières années une ampleur controversée, mais très relayée par les médias.  En effet, si les agriculteurs sont bel et bien touchés par le phénomène, ce dernier ne serait-il pas également amplifié par les réseaux sociaux et les questions politiques ? Et si au final, l’agribashing ne serait pas le signe d’un besoin exacerbé de nos sociétés d’avoir accès à l’information, notamment en agriculture ?

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Un panneau d’une rare violence, heureusement plus rare qu’on pourrait le penser…

Agribashing : utilisateurs de phyto autant ciblés que les producteurs ?

 

Oui, les phytosanitaires polluent et sont cancérigènes, en premier lieu pour les agriculteurs eux-mêmes. Des plans pour réduire les phytosanitaires (plan Ecophyto) sont d’ailleurs mis en oeuvre pour diminuer leur utilisation avec un succès très relatif : les ventes de produits phytosanitaires augmentent chaque année. S’il ne s’agit pas ici de remettre en question la potentielle dangerosité de certaines exploitations intensives, il convient de se poser un certain nombre de questions :

Pourquoi dans le secteur agricole, les utilisateurs de produits potentiellement dangereux sont autant, voir plus montrés du doigt que ceux qui les fabriquent ? Pourquoi la révolte contre les produits cancérigènes est-elle plus forte dans le secteur agricole que dans les autres secteurs ? En effet, les sociétés de nettoyage par exemple utilisent des produits chimiques et cancérigènes, mais on trouverait peu approprié d’aller accuser d’empoisonnement une simple femme de chambre. Dans le secteur de l’aéronautique, est-il vraisemblable de s’en prendre au personnel des aéroports ? Autre exemple, est-il juste de s’attaquer aux imprimeurs pour faire cesser la déforestation ? En agriculture , l’agriculteur est tenu comme responsable de l’utilisation mais aussi de l’existence même des produits phytosanitaires qu’il utilise. Un peu comme si le fait d’utiliser des phytos faisait de l’agriculteur un lobbyiste confirmé des produits qu’il utilise. Scoop : la grande majorité des agriculteurs est conscient des dangers de ces produits, à fortiori puisqu’il est le premier à être en contact avec eux, et souvent accompagné de sa famille qui vit en général près des exploitations. S’il les utilise, c’est donc parfois par choix assumé, mais aussi souvent par obligation pour protéger sa subsistance et son emploi. Un militant me dit un jour avec un air avisé : « savez-vous qu’il y a même écrit sur les boites de phytos que c’est bon pour les plantes ? » Signe de l’ignorance du grand public sur ces produits qui, oui, sont bien des médicaments pour les plantes (avec des effets secondaires préjudiciables s’ils sont mal utilisés). Si la révolte contre l’utilisation massive de phytos est juste, c’est donc la cible qu’elle choisit en général qui pose question.

 

Un agriculteur : des agriculteurs

Tous les oeufs dans le même panier ! Si l’agribashing semble battre son plein, c’est peut-être aussi  par méconnaissance du métier d’agriculteur qui a une spécificité : sa variabilité. En fonction du climat, du terroir et avec la nécessité des rotations, chaque année est différence, et chaque exploitation également. En passant à côté d’une parcelle, le néophyte ne pourra pas forcément connaître l’itinéraire technique de l’exploitant. En réalité, il y a des chances qu’il n’y ait pas une goutte de phyto ! En effet, fin 2019, 9,5% de la surface agricole utile des exploitations sont conduits selon le mode de production biologique, soit une parcelle sur dix. Il ne s’agit pas de nier l’utilisation massive sur certaines exploitations, mais de rappeler une évidence : la quantité utilisée est variable et de nombreux agriculteurs conventionnels utilisent très peu de phytos. Enfin, il est à noter que tout produit phytosanitaire acheté doit être utilisé. Cette mesure dont le but est de limiter les réserves et les stocks sauvages qui peuvent être désastreux a comme effet pervers de pousser l’agriculteur à finir son stock alors qu’il n’en a finalement pas eu besoin. Malheureusement, le don de divination n’est pas toujours suffisamment développé chez l’agriculteur qui fait sa commande.

Bien sûr, les actions choc comme ces panneaux posés en bout de champ ont pour objectif de sensibiliser, et il faut le faire. Néanmoins, le faire de cette façon brutale fait-il avancer le débat ? Peut-être, mais cette communication a un effet pervers : faire croire au public que l’agriculteur en général est un pollueur, voire un empoisonneur, un comble pour un métier qui consiste à accompagner dans leur développement des organismes naturels et à nourrir les populations.

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L’agribashing existe-t-il ?

Certains s’interrogent sur la réalité de l’agribashing qui serait juste un phénomène médiatique. En effet, les médias qui aiment attiser les conflits et font leur choux gras des polémiques se sont largement emparés du sujet et ont donné à des actes d’agression envers des agriculteurs une importance supplémentaire, donnant parfois l’impression que le phénomène est global. Quelques chiffres nuancent en effet le phénomène à commencer par celui-ci :

82% des Français aiment leurs agriculteurs

Mais en revanche, lorsque l’on regarde ces mêmes sondages, 52% les jugent «pollueurs», 64% estiment que la profession n’est pas suffisamment attentive à l’environnement et 51% pensent qu’ils n’accordent pas assez d’attention à la sécurité sanitaire. Il semble alors que pour la population, il y a un décalage entre une image très positive « idéalisée » de l’agriculture, mais qui date d’un autre siècle (l’agriculteur dans la nature avec les petits oiseaux) et la réalité moderne. Un agriculteur-entrepreneur en costume avec un smartphone est alors hautement suspect. Un peu comme si l’agriculture n’avait pas le droit d’évoluer et devait rester dans un passé idéalisé. Oui l’agribashing existe donc, mais il concerne les agriculteurs d’aujourd’hui, et non pas l’agriculture en soi, qui reste très largement méconnue et positivement idéalisée. Chez Miamedia, il nous a semblé au cours de nos rencontres avec des gens très éloignés du secteur que l’agribashing est une réalité et on ne compte plus le nombre de petites phrases assassines dirigés sans distinction contre l’ensemble de la profession. Ceux qui connaissent un tant soit peu l’agriculture sont rarement concernés !

L’agribashing : le terme est-il mal choisi ?

Voici d’abord la définition commune du « bashing ». Le terme définit un « dénigrement systématique et répété » qui concerne un individu, une entreprise, un groupe social, un secteur d’activité ou une collectivité, et, par extension, une « forme violente de défoulement », selon Wikipédia. Il évoque également une sorte de jeu, ou une forme de lynchage médiatique, relayé dans les réseaux sociaux. Peut-être que l’agribashing est alors, comme tout phénomène lié aux réseaux sociaux largement exagéré. Les agribasheurs, pour résumer seraient peu nombreux, mais très virulents. Vaut-il mieux alors être critiqué par beaucoup ou haï par peu ? Vaste question. Ce qui est certain, c’est que la violence de certaines agressions, même rares, touche émotionnellement une bonne partie de la profession, qui souffre malgré tout d’un déficit d’image.

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Sortir de l’agribashing :

Depuis l’apparition récente du terme « Agribashing » (2 ans !), des voies se font entendre pour remettre en question l’utilisation du terme. En parlant d’agribashing, on ferait la publicité de l’agribashing, bref, on devient un peu un basheur. Le média-bashing peut alors prendre le relais. Dans cette hypothèse connue, toute communication sur un sujet le valorise et le transmet, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’y a aucune campagne contre le suicide : elles se soldent toutes par une augmentation des suicides ! Ainsi la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, qui lors de la conférence de presse d’ouverture du Salon demandera de bannir le mot agribashing.  Il s’agit pour elle de ne pas s’enfermer dans une posture négative, voire de victime, qui n’incite guère à l’action, pour adopter des formes de communication proactive ou positive.
Pour Jacques Jaouen, encore président de la Chambre régionale de Bretagne « Nous observons en effet un paradoxe : la production agricole est reconnue comme la plus qualitative et sûre du monde, mais les Français en doutent ou l’ignorent.

L’agribashing serait donc un mélange entre un phénomène réel souvent très violent mais relativement rare et qui concerne des cercles finalement très éloignés de l’agriculture et un phénomène purement médiatique amplifié par la présence récente des agriculteurs et du microcosme « online » sur les réseaux sociaux. Quoi qu’il en soit, ces attaques injustifiées doivent être considérées, par la loi quand c’est nécessaire (intrusion, diffamation) mais ne doivent pas être généralisées à l’ensemble de la population. Par ailleurs, les méthodes de sorties relèveraient plus d’un besoin d’information dans une société où l’on veut tout connaître de ce que l’on mange (provenance, itinéraires techniques, etc..). Traitons donc l’agribashing comme il se doit, en informant sur les bonnes pratiques, c’est à dire les alternatives aux produits phytosanitaires et en répondant au besoin de transparence des consommateurs.

L’agribashing serait alors un terme à proscrire et pourquoi pas à remplacer par un autre qui témoignerait mieux de la situation : l’Agri-gnorance ?

 

Merci à Rémi Mer pour son éclairage sur le sujet.

 

Les grandes familles d’agricultures urbaines

Qu’est-ce que l’agriculture urbaine ?

L’agricultures urbaines peut être classée en 5 grandes familles : les espaces productifs interstitiels, les jardins collectifs, les micro-fermes urbaines, les fermes urbaines spécialisées et les fermes maraîchères périurbaines.

L’agriculture urbaine : un pari économique intelligent ?

L’agriculture urbaine : un pari intelligent pour le développement from Miamedia TV on Vimeo.

 

L’agriculture urbaine, un vrai potentiel de développement

L’agriculture recèle un potentiel de croissance, et pas seulement à la campagne. Une agriculture urbaine à grande échelle pourrait faire éclore les germes d’une nouvelle croissance, et améliorer la vie des individus.

L’aquaponie domestique s’invite dans vos maisons

Présentation de l’aquaponie avec Urbanleaf from Miamedia TV on Vimeo.

 

 

Découvrez l’aquaponie en 2 minutes chrono grâce à Marie Fiers, la fondatrice d’urbanleaf, société française fabriquant des mobiliers urbains en aquaponie.