Zone Tampon Humide : une solution pour préserver la qualité de l’eau ?

ZTH : Faire cheminer l’eau dans un bassin pendant  7 à 20 jours pour la dépolluer

Réduire efficacement les transferts par ruissellement ou par drainage des engrais et des pesticides est un enjeu fondamental pour la protection de la ressource en eau. Nous vous proposons de découvrir trois expériences d’installation de zones tampons humides artificielles par trois lycées agricoles, en partenariat avec les professionnels de leur territoire respectif, des acteurs de la recherche et du développement et avec le soutien notamment des Agences de l’eau et/ou des collectivités.

Rendez-vous à Yvetot, où a été mise en place la première zone tampon humide artificielle de Normandie sur une parcelle de l’exploitation du lycée, en partenariat avec  l’AREA  (association de recherche sur le ruissellement l’érosion et l’aménagement du sol et le syndicat d’eau du territoire). Ici, les problèmes liés aux normes d’eau potable nécessitent une réponse adaptée.

L’eau utilisée en agriculture passe dans la nappe phréatique via des cavités dans les structures calcaires. L’eau qui arrive au captage est polluée au delà des normes, il faut trouver des solutions.

Parmi les différentes pratiques testées, la zone tampon humide artificielle semble prometteuse. Son principe ? Faire cheminer l’eau dans un bassin creusé, pendant une durée de 7 à 20 jours. Après un passage dans une fosse de sédimentation, les eaux polluées sont exposées aux UV, qui dégradent les molécules nocives et également aux bactéries, dont l’implantation est favorisée par une végétalisation spécifique. La zone tampon est donc adaptée pour dépolluer les eaux superficielles et abaisser la contamination des milieux aquatiques.

ZTH : 50% d’efficacité selon les propriétés des molécules polluantes.

A Bourg-en-Bresse, la zone tampon humide artificielle a aussi une visée expérimentale et pédagogique. Accessible aux étudiants mais aussi aux agriculteurs de la région, elle permet de réaliser un suivi et des mesures sur plusieurs années.

D’après la bibliographie, l’efficacité moyenne des zones tampons humides artificielles pour l’abattement de la charge en pesticides et des résidus est d’environ 50% selon les propriétés des molécules polluantes. L’eau en sortie de zone peut donc toujours dépasser les normes en vigueur. Autre contrainte, la saisonnalité de la zone et les questions liées au foncier. De nombreux agriculteurs ont choisi d’adapter la méthode à leur territoire.

La zone tampon humide artificielle n’est pas «un système « magique » et doit être couplé à une évolution des pratiques agronomiques. Elle a aussi d’autres avantages notamment pour la biodiversité. En effet, les zones de grandes cultures sur plateaux forment souvent un obstacle à la circulation des espèces. Or, les zones humides participent à la restauration des continuités écologiques. Dans certaines régions, 80% des milieux humides ont disparu en un siècle. Qualité de l’eau, biodiversité et adaptation au climat, la zone tampon humide artificielle a donc de nombreux atouts. 

 

 

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